L’Équateur anticipe déjà les prochaines échéances électorales de 2027 (Élections Sectionnelles et présidentielles). L’ingénierie institutionnelle est en marche pour formater l’espace politique. Le 7 juin 2026, l’assemblée plénière du Conseil National Électoral (CNE) a approuvé la convocation pour l’accréditation des auditeurs des organisations politiques qui participeront au futur scrutin. Le délai d’accréditation est fixé à un horizon très court, jusqu’au 12 juin.
Sous des apparences de stricte neutralité administrative, le calendrier resserré du CNE agit comme un filtre d’exclusion. En Équateur, les populations afro-descendantes (particulièrement concentrées dans la province historiquement abandonnée d’Esmeraldas et la vallée du Chota) et les nationalités indigènes d’Amazonie et des Andes font face à de sévères barrières infrastructurelles et économiques. Les partis institutionnels et dominés par le capital oligarchique (notamment à Guayaquil et Quito) disposent de l’appareil juridique et financier nécessaire pour accréditer rapidement des armées d’auditeurs. À l’inverse, les mouvements sociaux afro-équatoriens et indigènes voient leur capacité de contrôle et de représentation électorale entravée par cette bureaucratie procédurière qui valide in fine la domination des élites urbaines sur le processus démocratique.

