En Bolivie, le projet d’État Plurinational, conçu pour déconstruire des siècles de suprématie de la caste blanche et métisse (historiquement concentrée dans la région de la « Media Luna » autour de Santa Cruz), est soumis à des assauts de déstabilisation continus.
Au cours du premier week-end de juin 2026, sept mois après la prise de fonction du gouvernement, la nation est secouée par une crise ouverte marquée par des affrontements violents entre des manifestants qui réclament la démission du gouvernement et des groupes de blocage. La Defensoría del Pueblo (le Bureau du Défenseur du Peuple) a dû formuler une demande urgente d’enquête impartiale pour clarifier l’utilisation d’armes à feu lors de ces heurts. L’élément le plus inquiétant de ce rapport est la dénonciation de la présence de « groupes para-étatiques et de choc » opérant en marge des forces de sécurité de l’État.
D’un point de vue analytique, ces groupes de choc, souvent affiliés aux comités civiques conservateurs, opèrent comme les milices privées des élites économiques. Ils perpétuent une forme de terrorisme racial contre les populations indigènes (Aymara, Quechua) et paysannes qui soutiennent structurellement le gouvernement. En l’absence de consensus politique pour résoudre la crise, ces milices maintiennent une pression coercitive qui entrave la consolidation de la souveraineté populaire, illustrant la difficulté de démanteler le racisme institutionnel lorsque l’oligarchie conserve le monopole de la violence économique et milicienne.

