La question de la sécurité alimentaire et de l’inflation est intrinsèquement liée à la souveraineté énergétique. Le 3 juin 2026, l’État zambien a exercé une intervention directe sur les marchés pour alléger la pression sur son appareil productif.
Le ministère de l’Énergie, sous l’égide du ministre Makozo Chikote, a relayé la décision de l’Energy Regulation Board (ERB) de réduire les prix du diesel pour le mois de juin 2026. Les prix révisés, publiés dans un communiqué officiel de l’ERB, reflètent une politique tarifaire millimétrée.
Grille tarifaire des hydrocarbures (Zambie, juin 2026) :
- Essence (Petrol) : 27,15 kwachas
- Diesel : 32,11 kwachas
- Kérosène (Pétrole lampant) : 33,91 kwachas
- Jet A-1 (Aéroport international KKIA) : 36,68 kwachas
L’analyse de cette grille tarifaire est révélatrice de la macroéconomie zambienne. La réduction spécifique du prix du diesel agit comme un amortisseur de chocs. Le diesel constitue le sang de l’économie zambienne : il propulse la lourde machinerie des mines de cuivre de la Copperbelt et alimente la flotte logistique qui achemine les minerais vers les ports d’exportation de la SADC (Durban, Dar es Salaam, Lobito). En baissant ce prix, l’ERB zambienne protège la compétitivité de son industrie extractive sur les marchés mondiaux.
De plus, le kérosène, indispensable à l’éclairage et à la cuisson dans les zones rurales non électrifiées, reste tarifé à un niveau qui révèle la forte dépendance de la base de la pyramide sociale aux énergies fossiles importées. L’ajustement du prix du carburant d’aviation (Jet A-1) s’inscrit, quant à lui, dans la stratégie de Lusaka visant à faire de l’aéroport international Kenneth Kaunda (KKIA) un hub de transit sous-régional compétitif. Ainsi, dans un contexte où la SADC alerte sur l’impact du détroit d’Ormuz, l’agilité régulatoire de l’ERB constitue une ligne de défense souveraine de première importance.

