MOGADISHU, SOMALIA - APRIL 25: Central Mogadishu is seen from the top of a high-rise building, on April 25, 2025 in Mogadishu, Somalia. There are concerns of a jihadist resurgence in Somalia amid growing attacks by the militant group Al-Shabaab, which has been fighting the government for nearly 20 years and controls swathes of the southern and central parts of the country. (Photo by Ed Ram/Getty Images)

Le portail de l’Agence de Presse Nationale Somalienne (SONNA) du 3 juin 2026 projette l’image d’un pays paradoxal, pris dans un étau entre d’importants succès contre-insurrectionnels et une violente fragmentation de ses élites politiques au cœur même de sa capitale, tout en se positionnant comme un futur géant énergétique.

Offensive NISA : l’éradication tactique d’Al-Shabaab

L’information sécuritaire met en lumière une opération majeure menée par l’Agence Nationale de Renseignement et de Sécurité (NISA), en coordination avec des « partenaires internationaux », dans le centre de la Somalie. Vingt-neuf militants du groupe terroriste Al-Shabaab ont été éliminés dans les régions de Middle Shabelle et Hiiraan. Près de Masaajid Cali Gaduud, 23 militants qui préparaient des attaques déstabilisatrices ont été neutralisés. À Buq-aqable (Hiiraan), une frappe de précision a tué six insurgés, dont Abdirahman « Abdi Mudallib », l’architecte des explosifs du groupe et planificateur des carnages de Bulo-burde et Jalalaksi. Ces succès valident la stratégie gouvernementale de reconquête territoriale, financée et appuyée technologiquement par l’Occident.

Chaos urbain : la milice de l’opposition dénudée

Cependant, le récit d’une sécurité retrouvée est anéanti par les conflits politiques internes destructeurs. L’administration de Banadir et la municipalité de Mogadiscio avaient accordé, le 3 juin, l’autorisation à l’opposition de manifester dans les stades le 4 juin, sous de strictes conditions de sécurité. L’engagement pacifique s’est pourtant mué en affrontement armé. Le gouvernement fédéral a publié une condamnation véhémente suite à l’attaque d’un poste de police dans le district de Howlwadaag par des milices d’opposition lourdement armées, infiltrées la veille et agissant masquées sous la houlette présumée de l’ancien Premier ministre Hassan Ali Khaire. Ces milices ont utilisé des armes lourdes en pleine zone résidentielle. Simultanément, la Force de police somalienne a dénoncé une autre attaque à l’arme lourde contre un poste de contrôle et l’Unité centrale de protection fiscale (une zone démilitarisée) dans le district de Heliwaa. Le CID a ouvert des enquêtes formelles. Cette violence intra-élite démontre que la politique somalienne demeure structurellement militarisée, où les anciens chefs de gouvernement disposent de capacités paramilitaires pour terroriser la population civile lorsqu’ils contestent les décisions de l’État fédéral.

Projection économique et diplomatie musulmane

En dépit du chaos de Mogadiscio, la Somalie s’efforce de sculpter une stature internationale respectée. Le même jour, le gouvernement a publié une déclaration solennelle condamnant les attaques contre le Koweït et Bahreïn, appelant au respect du droit international dans la région du Golfe. Cette solidarité islamique vise à sécuriser le parrainage financier des États du Golfe.

L’espoir d’une indépendance économique pointe cependant à l’horizon. La barre latérale d’actualité de la SONNA révèle une information transformatrice : « Comment la première découverte de pétrole en Somalie redessine l’énergie mondiale et le pouvoir en Afrique de l’Est ». Cette perspective pétrolière explique en grande partie l’intensification de la lutte de pouvoir actuelle (les milices de Khaire), chaque faction cherchant à contrôler les leviers de l’État avant l’afflux des pétrodollars. En parallèle, des voix s’élèvent pour une inclusion sociale élargie, à l’image de la journaliste éminente Nasra Bashir Ali qui exhorte à l’autonomisation : « Les femmes peuvent faire comme les hommes, essayez simplement comme je le fais. », rappelant que la reconstruction du tissu national ne se fera pas uniquement par les armes, mais par le capital humain.

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