Face aux défis d’une géographie exposée aux aléas climatiques et d’une démographie en pleine expansion, le Mozambique restructure en profondeur ses bases de données nationales et son approche de la gestion des ressources naturelles, tout en cherchant à capter des investissements technologiques internationaux.

L’INMACOM et la Gestion Pacifique des Bassins Transfrontaliers

Le Mozambique s’affirme comme un acteur central de l’hydropolitique australe. Le 5 juin 2026, à Boksburg (Afrique du Sud), la délégation mozambicaine, dirigée par Fernando Rafael, ministre des Travaux publics, de l’Habitation et des Ressources hydriques, a participé à la réunion inaugurale du Conseil des ministres de la Commission du bassin hydrographique de l’Incomati et du Maputo (INMACOM). Aux côtés de ses homologues sud-africaine (Pemmy Majodina) et eswatinien (Prince Lonkhokhela Dlamini), le Mozambique a franchi une étape historique dans la consolidation d’une architecture institutionnelle partagée.

Cette structure, émanant d’un Comité Technique Permanent Triparti historique, vise à gérer collégialement les ressources des fleuves Incomati et Maputo, vitaux pour l’agriculture, l’énergie et la durabilité environnementale des trois nations. L’INMACOM instaure un cadre légal de partage de l’eau, limitant les extractions prédatrices et garantissant une résilience coordonnée face aux sécheresses et inondations. C’est une affirmation puissante de la capacité des États africains à résoudre pacifiquement et techniquement les enjeux de souveraineté sur les ressources partagées.

Révolution Biométrique et Développement Durable (ODD)

En politique intérieure, l’État mozambicain a procédé à une réforme radicale de son système d’identité civile. Le 4 juin 2026, le Conseil des ministres a promulgué un nouveau décret réglementant l’émission du Bilhete de Identidade (Carte d’Identité). Ce texte unifie les procédures à l’échelle nationale, imposant des normes rigoureuses pour la collecte et la sécurisation des données biométriques des citoyens. Cette démarche vise à éradiquer la fraude documentaire et à intégrer numériquement les populations marginalisées dans l’économie formelle. Conjointement, le Conseil a approuvé une proposition de loi sur le financement collaboratif (crowdfunding) visant à diversifier les accès au capital pour les PME, ainsi qu’un règlement sur l’utilisation de l’espace maritime national pour accroître les recettes de l’État.

Le gouvernement a également validé le deuxième Examen National Volontaire sur les ODD de l’ONU. Le porte-parole Ussene Isse a souligné des avancées spectaculaires, l’accès à l’eau potable atteignant 62,3 % au niveau national en 2025 (87,9 % en zone urbaine). Ces progrès infrastructurels constituent une victoire directe contre les épidémies endémiques comme le choléra.

Pour soutenir cette dynamique de transformation structurelle, le Mozambique a intensifié son dialogue avec la Corée du Sud. Hermenegildo Maquina a déclaré que l’alliance stratégique Corée-Afrique, basée sur le transfert de technologies et l’innovation industrielle, est vitale pour monétiser les vulnérabilités du Mozambique (logistique, économie bleue, intégration énergétique) et instaurer un développement durable à visage humain.

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