La formulation de la politique économique nationale de la Dominique relève de la haute voltige dans un contexte international asymétrique. Le budget national 2025-2026, présenté par le ministre des Finances, le Dr Irving McIntyre (et en résonance forte durant cette période de mi-année), révèle l’ampleur de la manœuvre. Représentant le budget le plus colossal de l’histoire du pays avec 1,213 milliard EC$, ce plan fiscal dresse un bouclier contre l’inflation importée.

Avec une croissance économique projetée à 4,2 % et une inflation endiguée autour de 2 %, l’État génère un excédent primaire de 1 % de son PIB. Pour atténuer la crise du coût de la vie qui frappe de plein fouet les familles à faible revenu, le gouvernement a opéré des chirurgies fiscales drastiques : suppression des droits de douane et de la taxe sur la valeur ajoutée (TVA) sur une sélection de produits de base essentiels. De façon encore plus audacieuse pour l’auto-suffisance nationale, des abattements fiscaux massifs de 40 à 50 % ont été concédés aux agriculteurs évoluant dans les secteurs de la volaille, des agrumes et de la culture hydroponique, l’objectif manifeste étant « de stimuler la production alimentaire locale et de réduire la dépendance à l’égard des importations coûteuses ».

Le rapport soulève le rôle ambivalent du programme de citoyenneté par investissement (Citizenship by Investment – CBI). Comme l’a souligné le Fonds Monétaire International (FMI) dans son rapport de l’Article IV pour la Dominique, la Dominique, en tant que petit État sans politique monétaire indépendante, confronte des risques de surendettement dépassant le seuil critique régional de 60 % du PIB. La nation dépend fortement des flux du CBI pour financer ses projets de développement stratégiques. Le ministre McIntyre lui-même a reconnu que toute baisse inattendue des revenus du CBI, combinée aux tensions géopolitiques mondiales, pourrait paralyser la livraison des projets.

Cependant, au lieu de se soumettre aux diktats d’austérité du consensus de Washington, la Dominique utilise cet afflux de capitaux pour financer des biens d’équipement souverains impérissables. Les fonds du CBI propulsent une augmentation de 9,6 % des dépenses d’investissement, le capital fixe représentant désormais 32 % de la production économique totale de la nation. L’argent volatil des passeports est transmuté en résilience de béton et d’acier : financement ininterrompu du programme de logements résilients pour sortir les familles des zones à haut risque, et poursuite des chantiers d’énergie géothermique.

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