Sous l’égide de la présidence de Brice Clotaire Oligui Nguema, le Gabon s’est engagé dans une refonte complète de son architecture d’investissement, cherchant à purger les pratiques d’opacité financière du passé et à instaurer un partenariat pragmatique et équilibré avec le secteur privé.
La Relance Stratégique du Haut Conseil à l’Investissement (HCI)
Le jeudi 4 juin 2026, au Palais des congrès de Libreville, le vice-président du gouvernement, Hermann Immongault, a officiellement présidé la cérémonie de relance des travaux du Haut Conseil à l’investissement (HCI). Cette relance concrétise une instruction formelle donnée lors du Conseil des ministres du 30 avril, visant à briser le mur de défiance historique entre l’administration publique et les opérateurs économiques.
Le calendrier des travaux, s’étalant du 4 au 11 juin avec une restitution générale prévue le 15 juin, est structuré autour de huit groupes thématiques. Ces groupes ont pour mandat d’identifier et de démanteler les obstacles systémiques : la pression de la parafiscalité, la lenteur des autorisations administratives, l’insécurité juridique, les coûts exorbitants des passages portuaires et les entraves à l’emploi local. Le ministre de l’Économie, Thierry Minko, a réaffirmé l’engagement de rationaliser les charges parafiscales pour restaurer la compétitivité. De son côté, Alain-Claude Kouakoua, président de la Fédération des entreprises du Gabon (FEG), a salué l’initiative, rappelant que l’investissement privé est le seul véritable moteur de la souveraineté économique.
Le Financement Titanesque du Plan National de Croissance (PNCD)
L’enjeu de cette relance du HCI est colossal et se chiffre en milliers de milliards. Le Plan national de croissance et de développement (PNCD) pour la période 2026-2030 dicte l’agenda financier du pays.
L’exigence gouvernementale de lever 18 000 milliards de francs CFA auprès du secteur privé impose à l’État gabonais une obligation de résultat immédiate en matière de sécurité juridique. Pour les entrepreneurs, il ne s’agit plus de discours incantatoires, mais de démanteler l’architecture de la corruption bureaucratique. Parallèlement à cette quête de capitaux privés, l’État consolide sa souveraineté financière. Un projet de décret adopté le 30 avril prévoit la création d’un fonds souverain national dédié à la recherche et à l’exploitation endogène. De plus, la Direction générale de la Comptabilité publique a procédé à l’émission de deux nouveaux titres souverains sur le marché des valeurs de la Banque des États de l’Afrique centrale (BEAC), illustrant la volonté de Libreville de financer son déficit par l’épargne sous-régionale plutôt que par l’endettement auprès d’institutions de Bretton Woods.

