La Côte d’Ivoire, géant agricole et premier producteur mondial de cacao, est confrontée à un paradoxe structurel caractéristique des économies tournées vers l’exportation de l’ère postcoloniale : elle ne produit pas suffisamment ce qu’elle consomme. Le 3 juin 2026, la délégation ivoirienne est présente à Accra pour une table ronde cruciale de la CEDEAO sur le financement du riz dans l’espace communautaire.
La problématique du riz est d’une profondeur stratégique inouïe. Comment des nations dotées de terres arables abondantes et d’une hydrologie généreuse en sont-elles arrivées à dépendre des importations de brisures de riz d’Asie du Sud-Est ? Cette dépendance est le résultat direct des plans d’ajustement structurel des années 1980, qui ont contraint les États africains à démanteler leurs subventions agricoles vivrières au profit des cultures de rente (café, cacao) destinées à rembourser la « dette extérieure ».
La volonté ivoirienne d’inverser cette tendance, avec la préparation d’une cérémonie-bilan du secteur agricole 2025 à Yamoussoukro, indique une réorientation vers la sécurité alimentaire domestique. En parallèle, le pays s’implique dans les infrastructures durables, participant au Forum arabo-africain sur le financement de l’énergie à Dakar et promouvant la Semaine nationale de la sécurité routière.

