Face aux hésitations et aux blocages du Nord, le Sud global redéfinit activement l’architecture de la coopération internationale, remplaçant la dynamique de dépendance postcoloniale par une stratégie d’autonomisation technologique et d’égalité systémique. Le Brésil s’affirme comme l’avant-garde de ce mouvement. Le mercredi 27 mai 2026, une alliance institutionnelle inédite a été officialisée entre l’Institut fédéral d’éducation, de science et de technologie de Goiás (IFG) et le ministère brésilien de l’Égalité raciale (MIR), par la signature d’un Termo de Execução Descentralizada (TED, « terme d’exécution décentralisée »).
Ce projet stratégique, adossé à un financement de 4,92 millions de reais (R$), constitue la clé de voûte du programme « Caminhos do Sul Global : Cooperação Internacional para a Justiça Racial », institué par la Portaria nº 404/2025. Paraphé par la ministre de l’Égalité raciale, Rachel Barros de Oliveira, et la rectrice Oneida Cristina Gomes Barcelos Irigon, ce programme va au-delà de la simple coopération académique pour s’inscrire dans une géopolitique des BRICS résolument axée sur la déconstruction des hiérarchies raciales dans le développement technologique. L’objectif principal est ambitieux : orchestrer des dialogues techniques horizontaux de haut niveau entre le Brésil et la Chine afin de partager des technologies sociales et de modéliser des stratégies d’action affirmative à l’échelle planétaire.
L’architecture de ce partenariat implique l’envoi immédiat d’une délégation institutionnelle pluridisciplinaire d’une cinquantaine de membres en République populaire de Chine, associant des acteurs majeurs tels que l’Université polytechnique de Ningbo, le Service brésilien d’appui aux micro et petites entreprises (SEBRAE) et le CLACSO (Conseil latino-américain des sciences sociales). Plus fondamentalement, la finalité de cette manœuvre diplomatique et financière est de garantir la formation technique, scientifique et civique de la population afro-brésilienne dans les secteurs névralgiques que sont la science, la technologie, l’innovation et l’intelligence artificielle (IA). Le projet prévoit la mise en place de programmes d’échanges internationaux ciblés, permettant à des étudiant·e·s afro-descendant·e·s de se rendre non seulement en Asie, mais également sur le continent africain.
En s’associant avec la puissance économique chinoise sur le terrain spécifique de la « justice raciale », le gouvernement brésilien remet en cause le monopole occidental sur l’architecture normative relative aux droits humains. Il démontre avec éclat que le Sud global est désormais apte à construire ses propres normes d’équité systémique et à assurer l’insertion de la diaspora africaine dans les rouages de la souveraineté technologique de demain.

