La politique intérieure et étrangère du Bénin est dominée par les premiers pas de son nouveau président, Romuald Wadagni. Son déplacement vers Niamey le 2 juin, puis vers Ouagadougou pour y rencontrer le Capitaine Ibrahim Traoré, constitue une démonstration magistrale de realpolitik africaine.

Le président Wadagni a pris acte de l’échec cuisant des sanctions de la CEDEAO. La diplomatie béninoise a compris que la sécurité nationale du pays ne se décide pas uniquement dans les salons feutrés de Cotonou ou d’Abuja, mais dans sa capacité à dialoguer d’égal à égal avec les gouvernements révolutionnaires sahéliens.

Les intérêts vitaux du Bénin étaient menacés : la fermeture de la frontière par le Niger privait le port autonome de Cotonou de sa principale source de revenus (le fret nigérien) et paralysait l’oléoduc géant. Par cette visite de dégel, le Bénin rompt avec la politique d’alignement aveugle sur les intérêts impérialistes français et les diktats d’une CEDEAO décrédibilisée, pour renouer avec la logique de bon voisinage.

Cependant, le Bénin doit également faire face à des défis internes en matière de droits humains, notamment l’interception récente d’un bus transportant 17 mineurs en direction de la Côte d’Ivoire. Cet événement relance le spectre douloureux du trafic d’enfants transfrontalier, conséquence persistante de l’appauvrissement des zones rurales.

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