Le Ghana, sous la présidence de John Dramani Mahama, propose en ce mois de juin 2026 la vision économique décoloniale la plus structurée de l’espace anglophone. Lors d’une visite de travail de haut niveau à Londres — ancienne puissance coloniale du Ghana —, le président Mahama s’adresse aux investisseurs britanniques non pas en demandeur, mais en partenaire stratégique souverain. Son message est clair : « Le Ghana fonctionne à nouveau ».

L’analyse de sa politique révèle une rupture épistémologique majeure avec le dogme du libre-échange asymétrique. Mahama a présenté un plan de « reset industriel » centré sur l’économie de 24 heures et l’abandon du modèle de « l’extraction perpétuelle ». Historiquement, la Gold Coast a été saignée de son or et de son cacao, exportés bruts pour enrichir l’Occident. Aujourd’hui, avec la création du Ghana Gold Board et une focalisation sur la transformation numérique et la valorisation des minéraux critiques, le Ghana exige la rétention de la valeur ajoutée sur son sol. L’accord « UK-Ghana Growth Partnership » signé avec le vice-premier ministre britannique David Lammy est conditionné à cette nouvelle donne.

Mais la véritable révolution réside dans la définition même de la nation ghanéenne. Lors d’un Town Hall avec la diaspora, Mahama a institutionnalisé cette dernière comme la « 17e région du Ghana », rappelant que leurs transferts de fonds ont atteint le montant considérable de 7,8 milliards de dollars en 2025. Cette masse monétaire est un flux de capitaux pur, dépourvu des conditionnalités contraignantes de l’aide internationale.

Pour cimenter cette alliance, le gouvernement finalise la « loi Gyakye Quayson », qui abrogera les restrictions constitutionnelles empêchant les binationaux d’occuper des postes ministériels ou parlementaires. En accueillant le siège de la ZLECAf (Zone de libre-échange continentale africaine) et en promouvant l’exemption de visa pour tous les Africains, le Ghana, au fil des décisions, reprend confiance et se dirige d’un pas franc et affirmé vers l’horizon ontologique du panafricanisme.

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