Le nord-est du Nigeria demeure le point focal mondial de l’activité terroriste. Les rapports confirment que l’Afrique concentre 86 % de l’activité de l’État islamique à l’échelle planétaire, l’ISWAP (Province de l’État islamique en Afrique de l’Ouest) opérant de manière persistante sur le territoire nigérian. Face à cette menace, Abuja, quatrième puissance économique du continent, fait désormais appel au commandement américain pour l’Afrique (AFRICOM) afin de mener des opérations conjointes directes avec ses forces armées.
L’incapacité structurelle de l’armée fédérale nigériane à éradiquer l’ISWAP illustre l’échec des doctrines militaires conventionnelles face à une insurrection asymétrique profondément enracinée. L’ISWAP ne se contente plus de mener des raids sporadiques ; il administre des pans entiers de territoire, lève des impôts et contrôle l’économie parallèle du bassin du lac Tchad. La nouveauté stratégique réside dans la mutation de l’interventionnisme américain. Longtemps limité à un rôle de conseil, de renseignement et de formation, l’appui de l’AFRICOM évolue désormais vers un engagement cinétique direct sur le terrain. Cette intervention opérationnelle de Washington, dont les porte-parole ont précisé qu’aucun soldat américain n’avait été blessé lors des récentes opérations, démontre que les États-Unis considèrent la défaillance sécuritaire nigériane comme une menace critique pour la stabilité de l’Afrique de l’Ouest, justifiant une posture de combat active plutôt qu’un simple accompagnement.

