Rabat a parfaitement assimilé que la puissance au XXIe siècle ne réside pas uniquement dans l’appareil militaire, mais dans le contrôle de la narration géopolitique. Le rôle central joué par la FAAPA, basée à Rabat, en est l’illustration parfaite. En fédérant les agences de presse officielles du continent, le Maroc forge une « souveraineté informationnelle » africaine. Cette alliance médiatique permet de contrer le monopole historique des grandes agences occidentales, garantissant que les événements africains (comme le Forum Africa Forward) soient couverts, interprétés et diffusés selon une grille de lecture endogène.
Sur le plan économique, le Maroc s’impose comme la courroie de transmission technologique du continent. Chakib Alj, président de la Confédération générale des entreprises du Maroc (CGEM), a profité du sommet Africa Forward au Kenya pour définir les nouvelles orientations du développement urbain africain, plaçant la numérisation et l’innovation au cœur de la création de villes durables. Cette vision s’incarne concrètement sur le territoire national, notamment avec l’organisation à Rabat du premier Forum international sur l’IA, la transition numérique et l’énergie en Afrique, porté par le CAFRAD. Le soft power marocain s’étend également au domaine culturel. Le SIEL a accueilli plus de 500 000 visiteurs et a servi de plateforme de légitimation pour des pays comme la Guinée équatoriale, qui y a promu la littérature africaine d’expression « hispanophone ». La convergence de ces initiatives consacre le Maroc comme une « puissance afro-méditerranéenne » incontournable. Son engagement diplomatique constant en faveur de causes historiques, telle que la question palestinienne (réaffirmé lors de récents échanges avec le ministre palestinien du Travail), renforce par ailleurs le leadership moral et politique du roi Mohammed VI dans le monde arabo-africain.

