Le Président du Ghana, John Dramani Mahama, a orchestré début juin 2026 une géopolitique de “non-alignement économique” d’une grande sophistication, largement documentée par la présidence. Du 5 au 9 juin, il a effectué une visite d’État en République de Biélorussie. Faisant fi des dynamiques de sanctions occidentales, les pourparlers avec le Président Loukachenko à Minsk ont abouti à la signature de quatre mémorandums d’accord axés sur l’acquisition d’équipements lourds, la mécanisation agricole et l’agro-industrie.
Dans un exercice de balancier diplomatique remarquable, le Président s’est ensuite rendu à Londres. S’exprimant à Chatham House et au Sommet de l’Investissement Royaume-Uni-Ghana, il a présenté son concept d'”Économie de 24 Heures” et son “Programme de Réinitialisation” (Reset Agenda). Il a fermement annoncé que le Ghana tournait le dos au modèle de “l’extraction perpétuelle” pour se concentrer sur la fabrication à haute valeur ajoutée, en s’appuyant sur l’infrastructure de la ZLECAf (Zone de Libre-Échange Continentale Africaine) basée à Accra pour se prémunir contre les chocs d’approvisionnement.
Le Ghana théorise l’autonomie stratégique : il extrait le savoir-faire mécanique de l’Est (Biélorussie) tout en mobilisant le capital d’investissement de l’Ouest (Royaume-Uni), conditionnant ce dernier au transfert de technologie. L’utilisation de la stabilité démocratique comme d’un “actif économique” rassure les marchés tout en affirmant une rupture de modèle industriel.

