Face à l’initiative éthiopienne sur le Nil Bleu, l’Égypte adopte une posture de survie nationale. L’appareil de défense du Caire “se prépare à la guerre” , tandis que le Président Abdel Fattah El-Sisi déploie une stratégie d’encerclement diplomatique, illustrée par sa visite officielle en Ouganda le 13 mai 2026 pour forger des alliances sécuritaires en amont.
Pour l’Égypte, la rétention des eaux du Nil par l’Éthiopie ne constitue pas un simple différend commercial, mais une menace existentielle immédiate. La démographie égyptienne et son secteur agricole dépendent à plus de 90 % des eaux du Nil. Les préparatifs militaires du Caire sont donc perçus comme une dissuasion de dernier recours. Ne pouvant se permettre une guerre ouverte immédiate aux conséquences imprévisibles, l’Égypte mène une diplomatie de coalition agressive. À l’invitation du Président ougandais Yoweri Museveni, le Président El-Sisi s’est rendu à Kampala accompagné du ministre des Affaires étrangères, Badr Abdelatty, et du ministre des Ressources en eau et de l’Irrigation, Hani Sewilam. Le communiqué conjoint issu de cette rencontre met en évidence une coordination militaire et politique étroite. Les deux chefs d’État ont convenu d’opérationnaliser les accords bilatéraux antérieurs et de s’unir sur la scène internationale, notamment en plaidant pour la réforme du Conseil de sécurité de l’ONU selon les termes du Consensus d’Ezulwini. En parallèle, l’Égypte consolide son poids diplomatique auprès des puissances occidentales : le 18 mai, le ministre Badr Abdelatty a eu un entretien téléphonique stratégique avec Massad Boulos, conseiller principal du Président américain, pour s’imposer comme le garant de la stabilité en Libye, au Soudan et au Moyen-Orient. L’Égypte monnaye ainsi son rôle de médiateur indispensable dans les conflits arabes pour s’assurer le soutien diplomatique tacite de Washington dans sa confrontation hydrique avec l’Éthiopie. Sur le plan de la gouvernance urbaine et du soft power, l’Égypte exporte également son expertise en dirigeant une délégation de haut niveau au 13e Forum urbain mondial (WUF13) à Bakou, promouvant ses nouvelles villes intelligentes comme modèles mondiaux de résilience.

