Formulaires, contrôle des listes, accréditations et candidatures : la Gambie précise les règles de sa présidentielle du 5 décembre 2026. Son ancien calendrier en ligne diverge des annonces de septembre.
Le scrutin se prépare désormais dans les bureaux et devant les juges
L’élection présidentielle gambienne est prévue le 5 décembre. En septembre, la Commission électorale indépendante (IEC) est passée aux notifications, à la révision des listes et aux instructions pour les candidatures.
Son président Joseph Colley et le directeur électoral Samboujang Njie ont exposé ces étapes aux partis, médias, associations et services de sécurité. Gambia Daily, journal gouvernemental, rapporte le 14 septembre que les formulaires seraient disponibles le 21 septembre et les dépôts formels ouverts du 3 au 14 novembre. Ces annonces ne constituent ni une liste de candidats agréés ni une évaluation du scrutin futur.
Un ancien calendrier subsiste à côté des nouvelles annonces
Le calendrier 2026-2027 publié par l’IEC en octobre 2025 fixait le scrutin au 5 décembre, la notification au Gazette au 2 septembre et les révisions du 22 juillet au 21 septembre 2026. Il plaçait les dépôts et corrections de candidatures du 26 octobre au 6 novembre, puis la campagne du 10 novembre au 3 décembre. La réunion de septembre 2026 annonce au contraire les candidatures du 3 au 14 novembre et la campagne du 16 novembre au 3 décembre. Le 4 décembre serait sans campagne.
Cette divergence est un fait documentaire vérifiable, pas la preuve d’une irrégularité. Le calendrier d’octobre 2025 est un document antérieur, tandis que le compte rendu officiel du 14 septembre rapporte une programmation plus récente sous le régime de l’Elections Act 2025. Le site de l’IEC expose aussi, dans une autre fiche d’événement, une troisième plage de « presidential nomination » allant du 30 octobre au 5 novembre. L’enjeu immédiat est donc de publier, à un endroit facilement accessible, la notification au Gazette et le calendrier consolidé faisant foi, avec indication de la date de leur adoption et de la base légale applicable.
Les candidatures seront jugées sur des pièces contrôlables
Selon le compte rendu institutionnel du 14 septembre, l’IEC annonce la mise à disposition des formulaires à Election House à compter du 21 septembre. Elle présente une période de dix jours de dépôt suivie de deux jours supplémentaires destinés aux corrections, soit le créneau global du 3 au 14 novembre. Joseph Colley indique que les personnes dont le dossier serait rejeté devraient recevoir les motifs de la décision. Il dit avoir revu les procédures après les contestations de précédentes élections : cette dernière indication décrit une démarche annoncée par la commission, sans démontrer que toutes les contestations futures seront résolues.
Selon Samboujang Njie, les aspirants doivent être citoyens gambiens de naissance, avoir au moins trente ans et avoir achevé le secondaire supérieur. L’IEC annonce cinq mille signatures d’électeurs inscrits, dont deux cents dans chaque zone administrative, une déclaration de patrimoine, un certificat fiscal et un programme ; le dépôt annoncé atteint un million de dalasis. Les indépendants seraient soumis aux mêmes exigences. Ces conditions sont rapportées par Gambia Daily d’après l’exposé de l’IEC : la version consolidée de la loi et les instructions officielles devront confirmer le statut des zones, les pièces requises et le contrôle des signatures.
Sur un autre versant de la compétition, l’IEC a directement publié trois communiqués datés du 17 septembre annonçant l’enregistrement du National Builders Party, du Gambia Labour Party et du National Democratic Party en application de l’article 106 de l’Elections Act 2025. Ce sont des enregistrements de partis, non des homologations de candidats à la présidentielle. Les confondre ferait passer une capacité à agir comme organisation politique pour une décision individuelle qui n’interviendra qu’après vérification des dossiers.
Les listes électorales et l’observation seront l’autre test
L’IEC indique que quatorze juridictions de révision examinaient des objections relatives aux inscriptions électorales au moment de la réunion rapportée le 14 septembre. Son président a insisté sur leur indépendance et sur l’absence d’ingérence de la commission dans leurs décisions. Les annonces sur la composition des listes définitives ne se déduisent cependant pas de cette déclaration : il faudra les décisions rendues, la méthode de correction du registre et les statistiques finales. Le calendrier ancien prévoyait une fin de la phase le 21 septembre ; aucune pièce consultée n’établit ici que tous les recours ont effectivement été purgés à cette date.
L’IEC a également ouvert un chantier d’accréditation des observateurs, organisations civiles et médias, avec une date de clôture annoncée au 20 novembre. Elle a publié le 8 septembre une page intitulée « Guidelines For Media and Observer Accreditation » ; l’extrait accessible sur cette page ne permet pas de vérifier à lui seul le texte intégral des critères. Le compte rendu officiel de la réunion mentionne aussi des échanges sur la vérification des observateurs étrangers, les visas, les dispositifs de sécurité, le service des pièces dans les contentieux et la détection de parrainages en double.
Pour l’Afrique de l’Ouest, la confiance doit être vérifiable
La présidentielle gambienne de 2016 fut suivie d’une crise de transmission du pouvoir et d’une intervention de la CEDEAO. Ce précédent explique l’attention régionale sans préjuger de décembre 2026. En juin, une mission préélectorale conjointe CEDEAO–Union africaine–UNOWAS a rencontré l’IEC et d’autres acteurs. Cette consultation ne certifie pas d’avance la régularité du futur scrutin : elle permet de suivre sa préparation.
La diaspora gambienne est concernée par la transparence et la circulation de l’information. Son vote depuis l’étranger reste une question distincte. Une page de l’IEC, « Resident Abroad », indique qu’un registre d’électeurs à l’étranger était étudié et décrit le retour en Gambie pour s’inscrire ; non datée clairement, elle cite un ancien article de loi. Cette page ne permet donc pas d’établir les modalités applicables en décembre 2026. Il faut rechercher des décisions plus récentes avant d’affirmer qu’un vote extérieur existe ou non.
Les pièces qui manquent encore avant de conclure
La notification au Gazette annoncée pour le 2 septembre, son texte authentifié et les éventuels actes rectificatifs doivent être confrontés aux calendriers mis en ligne. Il faut aussi obtenir la version consolidée de l’Elections Act 2025 et les instructions écrites remises aux candidats : elles seules permettraient de qualifier précisément les conditions de recevabilité, le contrôle des signatures, les corrections et les recours. Les comptes rendus d’une réunion renseignent sur les annonces ; ils ne remplacent pas ces textes.
Il manque le bilan des quatorze juridictions de révision, le nombre définitif d’électeurs, les réponses motivées aux accréditations et les mesures d’accès pour les personnes handicapées. Le journal gouvernemental indique vingt-quatre partis enregistrés en août et trois demandes en attente. Les trois communiqués du 17 septembre attestent des enregistrements, mais ne fixent ni le total exact des partis à la date de l’article ni leurs intentions de présenter un candidat.
De septembre à décembre, trois vérifications décisives
Premièrement, si l’IEC rend public un calendrier consolidé et les actes qui le fondent, les acteurs disposeront d’une base commune pour organiser la compétition. Si plusieurs versions continuent de circuler sans clarification, des désaccords évitables pourraient porter sur les délais eux-mêmes. La divergence observée aujourd’hui justifie une demande de clarification ; elle ne suffit pas à conclure que le vote sera entaché d’irrégularités.
La publication des dossiers admis et des rejets motivés, l’accès aux corrections, l’issue des recours, l’observation et les résultats permettront de comparer les engagements à la pratique. Le scrutin reste futur : aucune victoire ni irrégularité de dépouillement ne peut aujourd’hui être établie.
Les documents institutionnels examinés
- Commission électorale indépendante de Gambie (IEC), « Electoral Calendar 2026–2027 », publié le 9 octobre 2025 : date du scrutin, ancien calendrier des candidatures, de la campagne et des révisions.
- Gambia Daily, journal gouvernemental, Kumba Leigh, « IEC Outlines Roadmap for 2026 Presidential Election », 14 septembre 2026 : compte rendu des annonces de l’IEC sur les conditions des candidatures, les juridictions de révision et le calendrier actualisé.
- Gambia Daily, Kumba Leigh, « IEC Intensifies Preparations for 2026 Presidential Election », 14 septembre 2026 : réunion avec les parties prenantes, corrections, observation et sécurité.
- IEC, « Guidelines For Media and Observer Accreditation », avis public daté du 8 septembre 2026 ; et communiqués sur l’enregistrement du National Builders Party, du Gambia Labour Party et du National Democratic Party, 17 septembre 2026.
- CEDEAO, communications sur la mission préélectorale conjointe CEDEAO–Union africaine–UNOWAS déployée du 14 au 21 juin 2026, publiées le 18 juin 2026 ; ONU, déclaration conjointe sur la crise gambienne, 21 janvier 2017.
- IEC, page d’information « Resident Abroad », sans date claire de mise à jour : source consultée uniquement pour identifier une incertitude sur les modalités du vote depuis l’étranger.

