En Colombie, l’architecture informationnelle officielle du ministère des Cultures, des Arts et des Savoirs détaille pour le mois de mai 2026 le déploiement massif de la plateforme « Circuitos Vivos ».
Sous l’impulsion de la ministre Yannai Kadamani Fonrodona, cette politique d’État irrigue plus de 12 territoires périphériques, dont des zones profondément marquées par le conflit armé et l’abandon institutionnel, telles que le Chocó (Quibdó), le Putumayo (Valle del Guamuez), ainsi que l’Antioquia et le Quindío (Salento, Circasia).
L’enjeu transcende la simple programmation de concerts. Comme le précise le ministère, il s’agit d’une stratégie de « circulation culturelle » où les artistes sélectionnés via des appels publics — tels que Los Dioses del Ritmo, Cumbia Queen ou la Corporación Cultural Atabaques — se déplacent entre les régions.
Le mécanisme est fondamental : l’État colombien cesse de considérer Bogotá comme le seul centre émetteur de légitimité culturelle. En organisant des échanges Sud-Sud à l’intérieur même du territoire national, le gouvernement valide les traditions orales, les esthétiques afrocolombiennes du Pacifique et les savoirs autochtones comme étant la matrice de l’identité nationale.
C’est une démarche de réparation géographique et raciale, soutenue au niveau local par des initiatives telles que le XIIe Festival de Cultura por la Paz dans la Valle del Cauca. « Circuitos Vivos » transforme la rue en espace de revendication politique des droits culturels.

