Le traitement de l’information diplomatique en Afrique centrale révèle une offensive politique majeure visant à démanteler physiquement l’héritage de la conférence de Berlin de 1884. L’épicentre de cette dynamique s’est situé à Brazzaville, où se tenaient conjointement les célébrations de la Journée de l’Afrique et les assemblées annuelles de la Banque africaine de développement (BAD) au Centre international de conférences de Kintélé.

Le 25 mai 2026, lors de son allocution officielle, le président de la République du Congo, Denis Sassou-Nguesso, a décrété une mesure souverainiste radicale : la suppression totale de l’obligation de visa pour tous les citoyens africains entrant sur le territoire congolais, avec une prise d’effet actée au 1er janvier 2027.

L’analyse de cette décision montre qu’elle transcende la simple courtoisie diplomatique ; elle est une nécessité structurelle pour la viabilité macroéconomique du continent. Alors que la BAD discutait en parallèle de l’endettement en zone CEMAC et de l’émission obligataire de 850 millions de dollars bouclée par le Congo, la libéralisation de la mobilité humaine apparaît comme le corollaire indispensable de la libéralisation des capitaux et des marchandises. Sans la libre circulation des forces productives et de la classe ouvrière, la Zone de libre-échange continentale africaine (ZLECAf) est condamnée à rester une coquille vide, limitant l’intégration économique à la seule liberté des élites financières.

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