Les registres du Centre international pour le règlement des différends relatifs aux investissements (CIRDI) de la Banque mondiale indiquent qu’un nombre record de 15 affaires d’arbitrage ont été intentées contre des États d’Afrique subsaharienne au cours de l’année 2025, une tendance qui domine l’analyse juridique en ce mois de mai 2026.
Cette prolifération vertigineuse des procédures d’arbitrage investisseur-État (ISDS), qui représentent désormais près de 25 % du volume total mondial des dossiers du CIRDI, marque la fin de l’âge d’or des concessions favorables aux multinationales. Cette judiciarisation croissante découle directement d’une affirmation renouvelée de la souveraineté sur les ressources naturelles. Poussés par l’endettement public, l’inflation et les pressions sociales, les gouvernements subsahariens n’hésitent plus à nationaliser des secteurs stratégiques, à rompre des contrats miniers ou à réviser la fiscalité des conglomérats étrangers. Portés par des populations en quête d’un meilleur développement social, les dirigeants assument désormais cette souveraineté économique, qui exposait encore récemment les États à des condamnations financières dévastatrices devant les tribunaux internationaux. Cette dynamique bouleverse le paysage juridique continental en remettant en cause les contrats léonins. Si la prévisibilité contractuelle demeure indispensable à la conception de politiques économiques cohérentes, elle ne saurait reposer sur des clauses systématiquement défavorables aux États.

