Le Conseil du café-cacao ivoirien a lancé un vaste programme d’accompagnement de dizaines de coopératives (à San Pedro, Gboklè et Gagnoa) vers la certification de conformité ARS 1000. Parallèlement, l’État orchestre des événements nationaux massifs comme les examens du CEPE et la Foire nationale de l’emploi.
La Côte d’Ivoire déploie une stratégie d’adaptation forcée aux contraintes normatives mondiales. L’imposition de la norme ARS 1000 aux coopératives productrices de cacao n’est pas un choix purement agronomique, mais un impératif de survie commerciale. Face aux nouvelles directives environnementales et de traçabilité imposées par l’Union européenne et les marchés occidentaux (visant à interdire l’importation de produits issus de la déforestation ou du travail des enfants), Abidjan se doit de garantir l’éthique de sa chaîne d’approvisionnement sous peine de voir son principal levier d’exportation bloqué.
L’administration du président Alassane Ouattara s’efforce de maintenir une image de contrôle total et de fonctionnement ininterrompu des services publics. La tenue, le 18 mai, des examens du CEPE, mobilisant plus de 609 000 jeunes candidats, ainsi que l’inauguration de la 3ᵉ Foire nationale de l’emploi à Treichville, visent à rassurer la population sur la continuité de l’État et à offrir des perspectives à une jeunesse frappée par le sous-emploi. Néanmoins, l’architecture politique interne montre des signes de fracturation à l’approche du cycle électoral de 2025-2026. La presse institutionnelle fait état de l’inculpation et du placement sous contrôle judiciaire du leader d’opinion Assalé Tiémoko, ainsi que d’avertissements stricts émis par le garde des Sceaux à l’encontre des magistrats concernant les détentions abusives. Ces soubresauts judiciaires indiquent que l’espace d’expression civique est étroitement surveillé par l’exécutif pour prévenir toute déstabilisation préélectorale.

