L’Uruguay s’est construit historiquement sur le mythe de la « Suisse de l’Amérique », une nation prétendument blanche, européenne, ayant effacé sa population indigène (Charruas) et relégué sa population afro-uruguayenne (dont l’héritage a survécu à travers le Candombe) dans les marges de la pauvreté structurelle.

Le 7 juin 2026, le gouvernement, par l’intermédiaire de son Ministère de l’Élevage, de l’Agriculture et de la Pêche, a commémoré la Journée Mondiale de l’Inocuité des Aliments. L’attention portée par l’État aux standards sanitaires et à l’inocuité reflète les exigences du marché d’exportation de la viande bovine et des matières premières agricoles, principales sources de devises du pays. Cependant, cette obsession pour les standards d’exportation occulte le véritable débat sur la souveraineté alimentaire interne. Les politiques agricoles favorisent les grands conglomérats (estancias) au détriment des petits producteurs. Les quartiers périphériques de Montevideo, où se concentre une forte proportion de la population afro-uruguayenne subissant un chômage endémique et une ségrégation spatiale invisible, bénéficient de façon marginale de cette excellence agricole orientée vers les marchés mondiaux du Nord Global.

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *