L’information officielle émanant de la Primature de Bangui met en lumière un tournant institutionnel historique entre le 5 et le 15 juin 2026. L’État centrafricain systématise sa reprise en main stratégique, s’éloignant de la tutelle internationale pour affirmer sa souveraineté d’action.
Le Premier Séminaire Gouvernemental : de la réflexion à la matérialisation
Du 5 au 8 juin 2026 s’est tenu à la Cité des Chefs d’État de Bangui le premier Séminaire Gouvernemental de la 7ème République, sous la direction impérieuse du Premier ministre Félix Moloua. Conçu pour aligner l’appareil d’État sur la vision de “stabilisation et de transformation” du Président Faustin Archange Touadera, ce conclave s’est achevé sur l’adoption de 94 recommandations contraignantes.
L’analyse de la sémantique officielle démontre un changement de paradigme : le Premier ministre a exigé l’élaboration immédiate de plans d’action sectoriels, fustigeant la “culture de la réflexion” pour imposer une “culture du résultat”. L’intervention de l’expert financier Donald Kaberuka a structuré cette exigence, appelant le gouvernement à fonctionner avec la précision d’un “orchestre symphonique”.
Le 9 juin, les débats ont abordé la refonte idéologique du fonctionnariat : le changement des mentalités, l’éthique et la bonne gouvernance ont été actés comme prérequis absolus pour restaurer la légitimité étatique. Sur le plan économique, les travaux du Groupe 5 ont défini des leviers inédits pour contrer l’extraversion financière :
| Axe Stratégique (Groupe 5) | Mécanisme d’Émancipation Économique |
|---|---|
| Vente de Crédits Carbone | Monétisation souveraine du potentiel forestier du Bassin du Congo sur les marchés internationaux, contournant l’aide conditionnée. |
| Promotion Culturelle | Utilisation du patrimoine national comme levier de cohésion sociale et rempart contre les narratifs diviseurs. |
| Industrialisation du Tourisme | Transformation de l’écosystème naturel en moteur de croissance endogène et de création de devises. |
Le réalignement asymétrique des partenariats internationaux
La réappropriation de la souveraineté s’illustre par la nouvelle grammaire des relations avec les Partenaires Techniques et Financiers (PTF), détaillée le deuxième jour du séminaire. L’architecture du discours officiel de la Primature indique que ce sont désormais les bailleurs qui doivent s’encastrer dans le chronogramme de la 7ème République.
- Union Européenne : Redirigée vers la formation des Forces de Sécurité Intérieure (FSI) et les infrastructures de désenclavement rural.
- MINUSCA : Contrainte à une reconfiguration opérationnelle, détaillée par son coordinateur M. Ag Ayoya, pour s’adapter aux strictes priorités de stabilisation dictées par Bangui.
- FIDA (Fonds International de Développement Agricole) : Engagé sur des portefeuilles vitaux (PREPAS, PEAJ, PARCA) pour garantir l’indépendance agro-pastorale.
- South Bridge : Le cabinet de conseil a été mandaté pour restaurer la crédibilité budgétaire et coordonner les PTF, agissant comme un bouclier technique souverain.
Cette reprise de territoire s’est matérialisée physiquement le 10 juin, avec la cérémonie officielle de rétrocession d’une base de la MINUSCA à l’État centrafricain. Ce transfert incarne la substitution inéluctable des forces onusiennes par les Forces Armées Centrafricaines (FACA).
Le maillage territorial s’est accompagné d’une diplomatie spirituelle. Le 13 juin, l’État a organisé un moment de louange institutionnel et, le 14 juin, a marqué sa présence lors de l’ordination de Monseigneur Joseph Samedi à Bangui. Cette imbrication assumée entre l’Exécutif et les structures confessionnelles démontre l’utilisation de la religion comme amortisseur social et ciment patriotique.

