Depuis l’annonce du 15 octobre 2026, Osun demande deux heures de nettoyage collectif chaque jeudi, de 8 h à 10 h. L’exercice mobilise notamment administrations et activités commerciales. Son efficacité dépendra de la collecte, des conditions de travail et du suivi des déchets après le balayage.
Deux heures hebdomadaires pour une obligation collective
Le communiqué du 15 octobre annonce l’approbation immédiate, par le gouverneur Ademola Adeleke, d’un exercice d’assainissement dans l’ensemble de l’État d’Osun. Le rendez-vous est fixé chaque jeudi entre 8 h et 10 h. La directive est portée par Samuel Ayanleye Aina, chef de la fonction publique et président de la taskforce chargée de l’assainissement. [1] Elle organise une mobilisation récurrente, dont les résultats matériels restent à mesurer.
L’objectif affiché est de réduire les dépôts de déchets dans les lieux non autorisés et de maintenir un environnement propre. [1] Pour les habitants, le résultat ne se limite pourtant pas à une rue balayée pendant deux heures. Les déchets rassemblés doivent ensuite être pris en charge ; sinon, l’opération risque seulement de déplacer le problème vers un autre point du quartier.
La décision pose ainsi une question de service public autant que de participation. Qui enlève les sacs, à quel moment et vers quelle destination ? Comment un ménage ou une boutique peut-il accéder au circuit autorisé ? La discipline demandée aux résidents doit pouvoir s’appuyer sur une organisation compréhensible et disponible dans la durée.
Une relance inscrite dans des campagnes antérieures
Osun n’aborde pas l’assainissement collectif pour la première fois. En mars 2024, le commissaire à l’Environnement Mayowa Adejoorin annonçait déjà la réintroduction d’une opération mensuelle le dernier samedi du mois, à partir d’avril. Le même communiqué évoquait des agents affectés au nettoyage des rues. [2] Cette annonce ancienne documente une continuité de politique, sans établir à elle seule la régularité des opérations entre 2024 et 2026.
Fin septembre 2026, une nouvelle taskforce est mise en place sous la présidence d’Aina, avec Adejoorin comme adjoint. Son mandat vise notamment les dépôts dans les caniveaux et sur les accotements. Le communiqué daté du 28 septembre lui demande de respecter la loi et les procédures dans ses interventions. [3] L’annonce du jeudi intervient donc après une réorganisation du contrôle environnemental.
Le passage à un rendez-vous hebdomadaire ne suffit pas à démontrer une amélioration proportionnelle du service. Une fréquence plus élevée peut faciliter l’entretien si les moyens suivent ; elle peut aussi accroître les besoins d’enlèvement et de coordination. Les documents consultés ne précisent pas comment le nouveau calendrier s’articule avec l’opération mensuelle annoncée en 2024. Il serait prématuré d’affirmer que celle-ci est abolie ou maintenue à l’identique.
Le périmètre annoncé et les premières indications d’application
La directive vise notamment les bureaux, exploitants de marchés, boutiques, artisans, centres commerciaux et autres établissements professionnels, dont la présence physique est attendue. Elle prévoit l’appui d’agents chargés de faire respecter l’exercice, en précisant qu’ils ne doivent pas procéder à des arrestations dans ce cadre. [1] Cette consigne ne permet pas d’inventer une interdiction générale de circulation ou un barème d’amendes que le communiqué ne détaille pas.
Un communiqué daté du 21 octobre invite à la séance suivante et se félicite de la participation au premier jeudi. [4] Il s’agit d’une appréciation gouvernementale non chiffrée. Le texte ne fournit ni décompte des participants, ni tonnage enlevé, ni état comparatif des quartiers. Il atteste d’un suivi de la mobilisation, sans suffire à établir son effet sur l’ensemble de l’État.
Le 29 octobre, les autorités annoncent aussi un recrutement de balayeurs temporaires pour des axes désignés, avec dépôt des candidatures jusqu’au 12 novembre. Les candidats doivent notamment avoir au moins 30 ans, être aptes au travail et résider dans la zone souhaitée. [5] Ces critères concernent ce recrutement, pas l’obligation générale du jeudi. Au 5 novembre, l’annonce ne permet pas de compter les personnes finalement engagées ou déjà déployées.
La collecte reste le lien nécessaire entre nettoyage et traitement
Le plan de développement d’Osun pour 2023–2050 recensait déjà, dans son diagnostic environnemental, des insuffisances de personnel, de matériel, de véhicules et de sites de dépôt autorisés. [6] Ce diagnostic antérieur ne décrit pas automatiquement la situation exacte de novembre 2026. Il montre toutefois que les autorités ont identifié des contraintes d’organisation et d’équipement, au-delà des comportements individuels.
Pour évaluer les jeudis, il faudra donc suivre toute la chaîne : déchets rassemblés, enlèvement, transport, destination et traitement. Une accumulation évacuée d’une rue peut réapparaître ailleurs si le point de dépôt est inadéquat ou saturé. La responsabilité des ménages et celle des opérateurs doivent être articulées, avec un moyen simple de signaler un passage manqué ou un dépôt persistant.
Le financement compte également. Les moyens nécessaires ne sont pas les mêmes pour balayer, collecter ou traiter des déchets. Les documents d’annonce ne présentent pas un budget consolidé de l’exercice hebdomadaire ni une capacité d’enlèvement par territoire. Cette absence dans le dossier ne prouve pas qu’aucun financement existe ; elle limite la possibilité de vérifier si les moyens annoncés correspondent à la charge supplémentaire.
Les habitants ont besoin de connaître les services disponibles
Bosede Oyindamola Adeleke, Abel Omoniyi Afon et Deborah Bunmi Ojo, de l’Obafemi Awolowo University, apportent un éclairage local dans une étude publiée en mai 2025. Leur enquête porte sur 403 ménages d’Osogbo, d’Ile-Ife et d’Ede. Selon leur analyse, voir passer les véhicules de collecte ne suffit pas à expliquer aux habitants comment utiliser les services et quelles responsabilités leur reviennent. [7]
Ce travail précède la directive de 2026 et concerne trois villes desservies par l’agence de gestion des déchets. Il ne mesure ni l’adhésion actuelle au jeudi ni la situation de toutes les communautés d’Osun. Son apport est plus précis : l’information doit porter sur le fonctionnement concret du service, pas seulement sur l’injonction à maintenir les lieux propres. Aucun taux global de recours n’est repris ici, les totaux du tableau correspondant présentant une incohérence. [7]
Le gouvernement a engagé, le 6 octobre, des responsables de marchés, des chefs communautaires et des responsables religieux dans une réunion de sensibilisation. Son compte rendu rapporte leur soutien et leur engagement à relayer les consignes. [8] Cette médiation peut aider à diffuser l’information, mais le compte rendu officiel ne constitue pas une enquête indépendante sur l’opinion des commerçants et des habitants.
La santé des travailleurs fait partie de la qualité du service
Une étude de Lateef A. Adeniyi et de ses collègues, publiée en juin 2022, examinait les pratiques des collecteurs à Osogbo pendant la pandémie. Le résumé décrit du matériel rudimentaire pour transférer les déchets et une protection insuffisante des travailleurs étudiés. [9] Ce constat est daté et circonscrit ; il ne peut être attribué sans vérification aux agents ou aux futures recrues de 2026.
Il justifie néanmoins de suivre les conditions concrètes de l’activité : outils adaptés, équipements de protection, formation, organisation de la circulation autour des équipes et accès à l’encadrement. Le recrutement annoncé ne détaille ni la rémunération, ni les effectifs définitifs, ni les équipements distribués. [5] Ces éléments doivent être documentés lors de l’exécution, sans transformer leur absence dans le communiqué en manquements déjà constatés.
La participation générale doit aussi tenir compte des capacités des personnes et des activités qui ne peuvent être interrompues. Les annonces consultées ne détaillent pas les adaptations pour le handicap, la maladie ou les services essentiels. La clarté de ces modalités aiderait les résidents à comprendre ce qui leur est demandé et les agents à appliquer la consigne de façon cohérente.
Le suivi doit dépasser la présence visible du jeudi
Un bilan utile distinguerait la participation, la prestation de collecte et l’état de l’environnement. Les indicateurs pourraient inclure les passages réalisés, les points de dépôt récurrents, les quantités prises en charge et la persistance des déchets après l’opération. La comparaison devrait porter sur des lieux suivis dans le temps, afin de ne pas confondre une photographie de mobilisation avec une amélioration durable.
La prévention des maladies et des inondations constitue un objectif public, pas un résultat déjà démontré pour ce calendrier. Des observations sanitaires et environnementales seraient nécessaires pour examiner son effet, en tenant compte d’autres facteurs. Une baisse éventuelle ne pourrait être attribuée automatiquement aux deux heures du jeudi, tout comme un épisode de pollution ne suffirait pas à juger seul l’ensemble du dispositif.
Si la participation s’accompagne d’un enlèvement fiable, de conditions de travail convenables et d’un traitement adapté, le rendez-vous hebdomadaire pourra soutenir un entretien plus régulier. Sans cette continuité, la charge risque de revenir chaque semaine aux mêmes ménages et commerçants. Le critère décisif sera la capacité collective à maintenir les espaces propres entre deux séances, avec des responsabilités publiques et privées clairement identifiées.
Une consigne documentée et des résultats encore peu renseignés
Les communiqués d’Osun établissent le calendrier, les acteurs et les annonces de suivi. Le plan de développement renseigne sur un diagnostic antérieur des moyens. Les travaux universitaires apportent deux éclairages distincts sur l’information des habitants et la protection des collecteurs. Ils ne remplacent pas une enquête sur l’application de la directive de 2026 ni un bilan indépendant de ses effets.
[1] Gouvernement d’Osun, Samuel Ayanleye Aina, « Osun Declares Thursday Environmental Sanitation Day », communiqué du 15 octobre 2026.
[2] Gouvernement d’Osun, déclaration de Mayowa Adejoorin sur la réintroduction de l’assainissement mensuel et les agents de nettoyage, publication du 27 mars 2024.
[3] Gouvernement d’Osun, Kolapo Alimi, « Osun inaugurates Special Taskforce on Environmental Sanitation », communiqué daté du 28 septembre 2026, mis en ligne le 29 septembre.
[4] Gouvernement d’Osun, Samuel Ayanleye Aina, « Osun Holds Another Thursday Environmental Sanitation Tomorrow », communiqué daté du 21 octobre 2026, mis en ligne le 22 octobre.
[5] Gouvernement d’Osun, Kolapo Alimi pour la taskforce, « Sanitation: Osun Govt to Recruit Adhoc Road Sweepers », 29 octobre 2026.
[6] Gouvernement d’Osun, State Development Plan 2023–2050, version corrigée diffusée en 2023, section 9.2 « Key Challenges », p. 67.
[7] Bosede Oyindamola Adeleke, Abel Omoniyi Afon et Deborah Bunmi Ojo, « Awareness of Government-provided Solid Waste Management Services in Osun State », Ibadan Planning Journal, vol. 11, no 1, p. 22–29, 31 mai 2025.
[8] Gouvernement d’Osun, Kolapo Alimi, compte rendu de la réunion avec les responsables de marchés, chefs communautaires et responsables religieux sur les dépôts de déchets, 6 octobre 2026.
[9] Lateef A. Adeniyi et coll., « Evaluation of urban solid-waste generation and safety consciousness of waste collectors amidst COVID-19 pandemic », Journal of Material Cycles and Waste Management, 29 juin 2022, résumé de l’article consulté.

