L’analyse de la politique fédérale du Nigéria à travers les publications de la State House révèle une approche systématique liant sécurité physique et célérité judiciaire. Le 15 juin 2026, le Président Bola Ahmed Tinubu a inauguré le complexe ultra-moderne de la Cour d’Appel (Division d’Abuja). Son discours a martelé une doctrine sans ambiguïté : “Que la justice soit rapide. Qu’elle soit juste. Qu’elle soit aveugle au statut, à la tribu ou au portefeuille”. Lors du sommet conjoint EFCC / Institut national de la magistrature (NJI), l’administration a révélé avoir sécurisé plus de 7 000 condamnations pour corruption et recouvré 500 milliards de nairas en deux ans.
Sur le plan sécuritaire, en réponse aux enlèvements d’écoliers dans les États d’Oyo et de Borno (assauts attribués à l’ISWAP et Boko Haram), le gouvernement a autorisé le recrutement immédiat de 1 000 gardes forestiers et finalisé le cadre constitutionnel pour la mise en place de la police d’État (State Policing).
L’engorgement des tribunaux n’est plus perçu comme un simple problème administratif, mais comme une vulnérabilité économique entravant les flux d’investissements directs étrangers. La décentralisation sécuritaire vers les polices d’État et les gardes forestiers témoigne d’une adaptation aux réalités géographiques du terrorisme : le monopole de la violence fédérale cède la place à un maillage local de proximité.

