La CNUDM comme Outil de Décolonisation des Frontières
Dans l’analyse des relations internationales, la gestion des frontières maritimes et terrestres héritées de la période coloniale demeure l’un des défis majeurs pour la stabilité. L’approche adoptée en juin 2026 par le Cambodge et la Thaïlande offre un précédent juridique de premier ordre. Au lieu de recourir à l’escalade militaire ou à l’ingérence de puissances néocoloniales, les deux royaumes ont strictement appliqué les mécanismes de l’architecture judiciaire internationale.
Le 2 juin 2026, le Cambodge a organisé un briefing diplomatique à l’intention de 47 chefs de mission pour annoncer l’initiation d’une procédure de conciliation obligatoire sous l’égide de la Convention des Nations Unies sur le droit de la mer (CNUDM / UNCLOS) afin de résoudre les revendications maritimes chevauchantes avec la Thaïlande.
La réponse de la Thaïlande, formalisée dans les communications de son ministère des Affaires étrangères le 19 juin 2026, confirme cet attachement au processus légal. Bangkok a désigné son vice-Premier ministre, Sihasak Phuangketkeow, comme Agent de l’État, et a nommé deux conciliateurs de renommée mondiale : le juge sud-africain Albert J. Hoffmann et le juge allemand Rüdiger Wolfrum. L’objectif exclusif de cette démarche est la délimitation technique et pacifique de la frontière maritime. L’utilisation souveraine du droit de la mer démontre la maturité de ces États du Sud, qui instrumentalisent les traités multilatéraux pour garantir leur souveraineté sur leurs hydrocarbures et ressources halieutiques.
Les Stratégies Internes de Résilience
Sur le plan du soft power, le Cambodge a lancé un programme intensif de formation à la “Diplomatie Publique” et à la “Diplomatie Culinaire” via l’Institut national de la diplomatie et des relations internationales (NIDIR), comprenant l’importance vitale de la narration nationale pour projeter ses intérêts sur la scène internationale. De son côté, la Thaïlande utilise la diplomatie culturelle, comme en témoigne le 11e Festival thaïlandais Sawasdee à Séoul, attirant plus de 100 000 visiteurs et promouvant son économie créative au cœur de l’Asie de l’Est.

