La diplomatie française ne se limite plus à sa sphère d’influence francophone traditionnelle. L’offensive économique vers l’Afrique de l’Est s’est matérialisée par le sommet “Africa Forward”, coprésidé par Emmanuel Macron et le président kényan William Ruto les 11 et 12 mai 2026 à Nairobi. Ce sommet a posé les jalons idéologiques des décisions économiques du G7 de juin.
Les Minerais Critiques et la “Croissance Verte”
Le communiqué conjoint officiel stipule que les conclusions de Nairobi avaient pour but explicite de nourrir les délibérations du G7 d’Évian sur la réforme de l’architecture financière internationale. Les piliers de ce partenariat incluent l’industrialisation verte, l’économie bleue et l’agriculture durable.
Cependant, le véritable enjeu s’est dévoilé à Évian le 17 juin 2026. Parmi les neuf déclarations majeures adoptées par les chefs d’État du G7 figure la “Sécurisation des chaînes d’approvisionnement en minerais critiques”.
| Objectifs du G7 (Évian 2026) | Implication Réelle pour le Continent Africain |
|---|---|
| Diversification des approvisionnements | Volonté de briser le quasi-monopole de la Chine sur le raffinage et l’extraction des minerais africains (cobalt, lithium, terres rares). |
| Partenariats “mutuellement bénéfiques” | Rhétorique visant à convaincre les États africains de s’aligner sur les normes industrielles et commerciales occidentales. |
| Soutien à la transition énergétique du Nord | L’extraction massive en Afrique reste la condition sine qua non de la décarbonation des économies du G7. |
L’invitation du Kenya, de l’Égypte et d’autres nations du Sud au G7 illustre une stratégie de cooptation des élites dirigeantes africaines. La France, via ces sommets, cherche à sécuriser les intrants vitaux pour son industrie technologique et de défense, tout en promouvant une “solidarité internationale” qui masque mal la perpétuation des flux extractivistes asymétriques.

