Quatre mois après la rencontre de Rome, Luigi Di Maio et Alessandro Di Battista transforment le franc CFA en acte d’accusation contre la France. Kémi Séba revendique son influence sur cette offensive. Les traces documentaires établissent sa contribution, mais pas qu’il aurait dicté à lui seul la ligne du gouvernement italien.

Le samedi 19 janvier 2019, à l’université d’Abomey-Calavi, Kémi Séba annonce une nouvelle étape : la future création du Parti panafricaniste béninois. Le lendemain, à plusieurs milliers de kilomètres de Cotonou, deux figures du Mouvement 5 étoiles portent le franc CFA au centre du débat politique italien.

Luigi Di Maio accuse la France d’entretenir une domination monétaire en Afrique. Alessandro Di Battista présente sur la Rai le fac-similé d’un billet de 10 000 francs CFA, puis le déchire devant les caméras.

L’enchaînement est spectaculaire. Il donne l’impression qu’une campagne partie des rues africaines en 2017 vient de pénétrer l’appareil gouvernemental d’un État européen. Mais il pose immédiatement deux questions : quelle fut réellement l’influence de Kémi Séba ? Et que devient une revendication africaine lorsqu’elle est reprise dans un conflit entre Rome et Paris ?

À Cotonou, le mouvement envisage de devenir parti

Le rassemblement du 19 janvier 2019 est présenté comme un « procès du peuple contre la Françafrique ». Devant ses sympathisants, Kémi Séba interroge la représentation institutionnelle du panafricanisme au Bénin. Ni l’Assemblée nationale ni la présidence de la République ne lui paraissent porter suffisamment cette orientation.

Il annonce donc une future branche politique : le Parti panafricaniste béninois, ou PPB. La vidéo diffusée par son compte officiel confirme cette entrée annoncée sur le terrain partisan. Elle ne démontre cependant ni l’enregistrement juridique immédiat du parti, ni la validation de statuts, ni la participation à une élection. En janvier 2019, il est plus exact de parler d’un projet politique proclamé que d’un parti déjà opérationnel. Publication audiovisuelle officielle de Kémi Séba

Cette nuance éclaire pourtant une évolution réelle. Urgences panafricanistes ne veut plus se limiter aux mobilisations, aux conférences et aux opérations symboliques. L’organisation cherche désormais deux prolongements : une représentation politique en Afrique et des relais diplomatiques à l’étranger.

Le week-end du 19 et 20 janvier rend visibles ces deux ambitions presque simultanément.

De la place de l’Obélisque au plateau de la Rai

Le 20 janvier, Alessandro Di Battista est invité dans l’émission Che tempo che fa. Devant Fabio Fazio, il présente le fac-similé d’un billet de 10 000 francs CFA. Il affirme que la souveraineté monétaire africaine constitue l’une des causes profondes qu’il faudrait traiter pour agir sur les migrations.

Il déchire ensuite le fac-similé.

Le geste rappelle inévitablement celui de Kémi Séba, qui avait brûlé un billet de 5 000 francs CFA à Dakar le 19 août 2017. Mais la scène italienne déplace le symbole. À Dakar, le billet était détruit par un militant africain qui dénonçait un système monétaire imposé dans l’histoire coloniale. Sur la Rai, il est déchiré par un responsable politique européen qui relie cette monnaie aux arrivées de migrants en Italie.

La contestation change donc d’espace, mais également de finalité. La souveraineté africaine demeure présente ; elle devient simultanément un argument de politique intérieure italienne. Archive officielle de la Rai, 20 janvier 2019

Le lendemain, le blog officiel du M5S publie l’intervention de Di Battista. Celui-ci affirme que les pays concernés déposent environ 50 % de leurs réserves auprès du Trésor français, que ces dépôts participent au financement d’une petite fraction de la dette française et que le dispositif restreint leur souveraineté monétaire. Texte d’Alessandro Di Battista, 21 janvier 2019

Di Maio transforme la critique en offensive diplomatique

Luigi Di Maio, vice-président du Conseil et chef politique du M5S, franchit un degré supplémentaire. Il demande que l’Union européenne examine la politique française en Afrique et envisage des sanctions contre les États qui, selon lui, contribuent à l’appauvrissement du continent.

Son raisonnement relie trois éléments : la persistance de rapports néocoloniaux, le franc CFA et les migrations vers l’Europe. La France, affirme-t-il en substance, empêcherait le développement de plusieurs pays africains, provoquant indirectement des départs vers la Méditerranée.

Le 22 janvier, Di Maio précise que son propos ne vise pas le peuple français mais la politique africaine des gouvernements français. Il révèle surtout que le M5S a eu, au cours des mois précédents, plusieurs contacts avec des mouvements africains réclamant la disparition du franc CFA. Il ne nomme pas Kémi Séba, mais cette déclaration confirme qu’un canal de transmission entre militants africains et responsables italiens existait effectivement. Déclaration de Luigi Di Maio, 22 janvier 2019

La réaction française est immédiate : l’ambassadrice d’Italie à Paris est convoquée. La question monétaire africaine devient ainsi l’un des fronts de la détérioration des relations franco-italiennes. Le rappel ultérieur de l’ambassadeur français à Rome, le 7 février, répondra toutefois à une accumulation de différends, notamment à la rencontre de responsables du M5S avec des figures des Gilets jaunes. Il serait donc inexact d’attribuer cette rupture diplomatique au seul franc CFA.

La trace laissée par la rencontre de septembre

Le 22 janvier, Kémi Séba rend publique la rencontre tenue quatre mois plus tôt avec plusieurs responsables du M5S, dont le secrétaire d’État italien aux Affaires étrangères Manlio Di Stefano.

Il affirme qu’Urgences panafricanistes est « à l’origine » de l’offensive de Di Maio. Son organisation aurait remis aux responsables italiens des dossiers sur le franc CFA et la Françafrique, en leur demandant de s’attaquer aux causes structurelles des migrations plutôt qu’aux seuls migrants. La formule résumant son argument est brutale mais efficace : les Africains ne viennent pas en Italie « par amour de la pizza ».

La photographie de la rencontre, la concordance des thèmes, les propos ultérieurs de Di Maio sur ses contacts avec des mouvements africains et la reprise du dossier par Manlio Di Stefano constituent un faisceau d’indices sérieux. Publication officielle de Kémi Séba du 22 janvier 2019

Manlio Di Stefano confirme de son côté que le M5S travaille sur le franc CFA depuis quelque temps. Le 22 janvier, il publie une longue défense de la thèse d’une dépendance monétaire et politique africaine. Il reconnaît que les dépôts représentent une fraction limitée du financement français, mais considère leur dimension géopolitique comme beaucoup plus importante que leur volume comptable. Texte de Manlio Di Stefano

Ces éléments permettent d’établir une influence probable et substantielle de Kémi Séba. Ils ne prouvent cependant pas qu’il aurait été l’inspirateur exclusif de Di Maio et Di Battista. La critique du franc CFA existait depuis des décennies, y compris dans le débat politique italien. Aucun procès-verbal interne, échange de courriels ou déclaration explicite de Di Maio ne permet d’attribuer toute la ligne du M5S à Urgences panafricanistes.

La formulation rigoureuse est donc la suivante : Kémi Séba a contribué à transmettre et à renforcer l’argumentaire anti-CFA au sein du M5S ; l’étendue exacte de son influence sur la décision de déclencher l’offensive publique reste non établie.

Ce que les dirigeants italiens disent juste

L’argumentaire italien mélange des faits établis, des raccourcis et des causalités non démontrées.

En janvier 2019, une partie des réserves de change de la BCEAO, de la BEAC et de la Banque centrale des Comores était bien déposée sur des comptes d’opérations ouverts dans les livres du Trésor français. L’obligation était alors de 50 % pour la BCEAO et la BEAC, et de 65 % pour la Banque centrale des Comores.

Ces dépôts contribuaient réellement au financement de l’État français. Ils constituaient une dette non négociable du Trésor envers les banques centrales africaines et permettaient de diminuer le recours aux émissions d’OAT ou de bons du Trésor. Le Sénat français le reconnaîtra explicitement en 2020 ; l’Agence France Trésor classe plus généralement les dépôts des correspondants parmi les moyens de financement de l’État.

L’ordre de grandeur avancé par Di Battista — environ 0,5 % de la dette — n’était donc pas entièrement fantaisiste. Un rapport de l’Assemblée nationale évaluera le dépôt moyen de la BCEAO en 2019 à 7,5 milliards d’euros, soit environ 0,4 % d’une dette négociable française de 2 015,5 milliards au 30 septembre 2020. Assemblée nationale

La contestation comportait ainsi un noyau matériel que les dénégations politiques ne pouvaient effacer.

Ce que la mise en scène italienne déforme

Les réserves ne devenaient pas la propriété de la France. Elles demeuraient des créances des banques centrales africaines, placées sur des comptes à vue, rémunérées et assorties de garanties. Paris ne pouvait pas simplement les saisir à volonté pour rembourser directement ses obligations.

La fabrication physique des billets en France ne signifiait pas non plus que le gouvernement français décidait seul de la quantité de monnaie émise. Les instituts juridiquement émetteurs étaient la BCEAO et la BEAC. La localisation de l’impression restait un symbole colonial puissant, mais ne résumait pas à elle seule l’architecture monétaire.

La relation entre le franc CFA et les migrations nécessite cependant une correction plus substantielle. Aucune étude ne mesure encore, dans un même modèle, l’ensemble de la chaîne allant du régime monétaire à la décision individuelle de quitter un pays. Cela ne signifie pas que ses différents mécanismes seraient dépourvus de fondement scientifique.

Du régime monétaire au développement : ce que montrent les études

Les travaux consacrés au franc CFA ne concluent pas tous dans le même sens et ne permettent pas d’attribuer toute insuffisance de développement à la monnaie. Ils montrent néanmoins que l’arrimage à l’euro peut agir sur le revenu par habitant, la compétitivité, les termes de l’échange, l’ajustement aux chocs et la répartition sociale des coûts.

En 2024, Alassane Diallo et Adama Ba ont comparé les trajectoires des pays de la zone CFA à celles de pays synthétiques construits à partir d’économies comparables. À l’exception de la Guinée équatoriale, ils ne trouvent pas de preuve statistique que l’arrimage à l’euro ait élevé le PIB réel par habitant au-dessus de la trajectoire qui aurait été observée en son absence. Ce résultat ne démontre pas que le franc CFA aurait, à lui seul, appauvri tous les pays concernés. Il contredit en revanche l’idée que l’ancrage à une monnaie forte aurait produit un gain général et mesurable de revenu par habitant. Étude de Diallo et Ba, Cogent Economics & Finance, 2024

Une seconde étude, publiée en 2025 par Bin Joachem Meh, Jean Cedric Kouam, Ntoubia Larissa Ngapmen et Denis A. Foretia, examine les quatorze pays sur la période 1980-2022. Les auteurs associent l’arrimage à l’euro à une réduction de la croissance économique et à une amélioration des termes de l’échange dans leur estimation générale. Leurs résultats varient toutefois selon la période, la sous-région et la spécification retenue : ils relèvent des avantages de stabilité à court terme, mais également des coûts de long terme liés à la flexibilité et à la compétitivité. Cette hétérogénéité interdit de fabriquer un effet unique valable pour tous les pays ; elle confirme que le régime de change agit sur des variables essentielles au développement. Étude publiée dans Discover Global Society, 2025

L’étude de Jean-Paul Azam sur la dévaluation de 1994 apporte une autre pièce. Dans l’UEMOA, la reprise de la croissance consécutive à la dévaluation s’est accompagnée d’une forte augmentation de la pauvreté, qui a particulièrement frappé les populations urbaines pauvres. Une modification monétaire ne se transmet donc ni automatiquement ni également à toute la société : elle redistribue les revenus, les prix, les patrimoines et les possibilités d’investissement entre les groupes sociaux. Jean-Paul Azam, UNU-WIDER et Journal of African Economies, 2004

Ces études n’établissent pas une causalité directe entre le franc CFA et chaque départ migratoire. Elles établissent le premier maillon du raisonnement : les choix monétaires ne sont pas extérieurs à la croissance, aux revenus, à la pauvreté, à l’emploi et aux capacités de financement du développement.

Du développement à la décision de partir

Le maillon suivant est beaucoup plus solidement documenté. Les écarts d’emploi, de revenu, de sécurité et d’accès aux services publics participent à la décision migratoire. La Banque mondiale rappelle que les migrations économiques sont notamment motivées par la recherche de salaires plus élevés et de meilleurs services. Lorsqu’une population peut trouver dans son pays un logement, un travail, des soins et une scolarisation pour ses enfants, la pression produite par l’absence de perspectives diminue. Cela ne supprime pas les départs choisis pour étudier, rejoindre une famille, exercer une profession ou découvrir un autre pays ; cela réduit les migrations contraintes par l’impossibilité de construire une vie viable sur place. Rapport sur le développement dans le monde 2023, Banque mondiale

La relation entre développement et migration n’est toutefois pas parfaitement linéaire. Dans les premières phases de progression des revenus et de l’éducation, davantage de personnes peuvent acquérir les moyens matériels et les informations nécessaires pour partir. La littérature parle de « transition de mobilité » ou de « bosse migratoire ». À un niveau de développement plus élevé, lorsque l’écart de perspectives avec les pays de destination se réduit, la pression au départ peut ensuite diminuer.

Cette nuance ne détruit pas le raisonnement porté par Kémi Séba. Elle oblige à distinguer la raison de partir de la capacité de financer le départ. Une personne très pauvre peut vouloir migrer sans pouvoir payer seule le voyage. Le coût est alors pris en charge collectivement par la famille, les proches ou la communauté.

L’étude régionale de l’Organisation internationale pour les migrations sur l’endettement de personnes revenues dans six pays d’Afrique de l’Ouest montre que 68 % des personnes interrogées avaient contracté une dette liée à leur projet migratoire. La famille constituait la première source des prêts, avec 53 %, devant les amis et autres proches, à hauteur de 41 %. Cette enquête concerne des migrants assistés au retour et ne peut être généralisée à l’ensemble des migrations africaines. Elle confirme néanmoins un mécanisme essentiel : le migrant ne finance pas nécessairement seul son départ. Plusieurs personnes disposant de revenus faibles peuvent réunir leurs ressources autour de celui ou celle dont le voyage est perçu comme un investissement collectif et dont la réussite future doit aider le groupe. Étude sous-régionale de l’OIM sur la dette migratoire

La sous-représentation des personnes les plus pauvres parmi les migrants internationaux ne signifie donc pas que la pauvreté ne crée aucune pression migratoire. Elle montre aussi que le passage de l’intention au départ dépend du soutien de réseaux capables de franchir les obstacles financiers et informationnels.

Une chaîne étayée, mais pas encore mesurée dans son ensemble

La formulation rigoureuse ne consiste donc plus à opposer l’absence d’une étude unique à l’existence de toute relation entre le franc CFA et les migrations. Plusieurs corpus documentent séparément les maillons successifs :

régime monétaire et financier → capacités d’ajustement, d’investissement et de paiement → croissance, emploi, revenus et services publics → perspectives familiales → décision migratoire → financement collectif du départ.

Ce qui manque est une étude capable de construire un contrefactuel migratoire complet : combien de personnes auraient quitté chacun des pays concernés sous un autre régime monétaire, toutes les autres variables étant maintenues constantes ? Les recherches sur le CFA examinent principalement la croissance, le commerce, la pauvreté ou les termes de l’échange. Les recherches migratoires examinent l’emploi, les revenus, la sécurité, les aspirations, les réseaux et le coût des voyages. Leur rapprochement permet d’établir un mécanisme plausible et documenté ; il ne permet pas encore d’attribuer au franc CFA un pourcentage précis des départs.

Di Maio transforme cette chaîne indirecte et multicausale en accusation immédiate contre la France. Sa formulation est trop absolue lorsqu’elle présente le franc CFA comme une cause générale des migrations africaines. Mais la proposition centrale transmise par Kémi Séba — une dépendance monétaire peut restreindre le développement et contribuer ainsi aux pressions migratoires — repose sur des mécanismes suffisamment établis pour ne pas être réduite à un simple slogan.

L’éclairage postérieur du paiement en or burkinabè

Un épisode survenu plusieurs années après l’offensive du M5S apporte un éclairage concret sur la différence entre posséder des francs CFA et disposer d’une pleine capacité de paiement international.

Dans un entretien accordé le 2 avril 2026 à la presse nationale et internationale, Ibrahim Traoré affirme qu’en 2023 des transactions destinées à l’achat de drones ne passaient plus. Selon son récit, le Burkina Faso avait quitté le canal officiel utilisé pour faire autoriser certains achats d’armes. Le chef de l’État dit avoir alors fait regrouper de l’or produit dans les mines et proposé au partenaire de prendre directement ce métal en échange des drones. Il affirme que les appareils furent livrés et que le fournisseur repartit avec l’or. Entretien intégral d’Ibrahim Traoré, 2 avril 2026

Ce témoignage établit qu’un président en exercice revendique publiquement l’usage ponctuel de l’or comme instrument de règlement hors du canal financier ordinaire. Il ne remplace pas les pièces de transaction : ni le contrat, ni le montant, ni l’identité du fournisseur, ni les traces bancaires n’ont été publiés. Il ne permet donc pas d’identifier juridiquement l’auteur du blocage ni d’étendre automatiquement cette pratique au Mali et au Niger.

Sa portée économique demeure importante. Le problème décrit n’était pas l’absence de francs CFA dans les comptes publics, mais l’impossibilité de les transformer en règlement extérieur accepté. L’or a fourni une capacité d’échange qui ne dépendait plus des mêmes banques, correspondants ou procédures d’autorisation.

Les trois États de l’Alliance des États du Sahel utilisent toujours le franc CFA. Cet épisode ne démontre pas que leurs infrastructures, leurs hôpitaux ou leurs écoles seraient généralement payés en matières premières. Il montre cependant que la maîtrise directe d’une ressource peut élargir la marge d’action d’un État lorsque son moyen de paiement ordinaire est bloqué. Il donne ainsi un contenu concret à la notion de souveraineté de paiement, distincte de la seule disponibilité de monnaie nationale ou régionale.

Une victoire d’influence sous condition

Pour Kémi Séba, la séquence représente néanmoins une victoire incontestable de visibilité. En moins de deux ans, son geste de Dakar a produit des images reproduites sur une télévision nationale européenne. Son argumentaire atteint un vice-président du Conseil et provoque une réaction diplomatique française.

Mais cette victoire possède son envers.

En faisant entrer le franc CFA dans le conflit entre Rome et Paris, le M5S ne restitue pas nécessairement la parole aux peuples africains. Il utilise leur souveraineté pour défendre une politique migratoire italienne et affaiblir un adversaire européen. L’Afrique devient une fois encore le terrain argumentatif d’une rivalité extérieure.

La stratégie de Kémi Séba apparaît alors dans toute son ambiguïté : exploiter les contradictions entre puissances peut ouvrir des portes fermées aux mouvements africains. Cela peut aussi placer leur cause sous la dépendance d’alliés dont les objectifs ne coïncident que momentanément avec les leurs.

En janvier 2019, il réussit à faire sortir le franc CFA du face-à-face entre militants africains et institutions françaises. Le débat devient européen. Mais dès cet instant, une question accompagne sa progression : la cause africaine gagne-t-elle un allié, ou seulement un nouvel utilisateur ?


Sources directes sur la séquence de janvier 2019

Documents institutionnels sur le financement français

Études sur le CFA et le développement

Études sur le développement et les migrations

Éclairage postérieur sur la souveraineté de paiement

Situation judiciaire actuelle

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