Illustration de synthèse : scène fictive et conceptuelle.
À Aggeneys, le concentrateur ouvre une nouvelle étape
Le 16 octobre 2026, Cyril Ramaphosa a inauguré la deuxième phase de Gamsberg, dans la municipalité de Khâi-Ma, au Cap-du-Nord. L’extension ajoute une capacité de concentration du minerai et porte la capacité annuelle annoncée à environ 500 000 tonnes de zinc contenu dans le concentré. [1] Elle ne constitue pas l’ouverture d’une fonderie produisant du zinc raffiné.
Cette distinction donne sa portée industrielle à l’événement. La mine peut traiter davantage de minerai et préparer un produit intermédiaire. Conserver ensuite en Afrique du Sud les activités métallurgiques et les fabrications associées exige d’autres installations, des compétences, des débouchés et une électricité économiquement viable.
De la première phase à l’extension achevée en juillet
La première phase avait été inaugurée en 2019. Le rapport annuel 2025–2026 de Vedanta indique que son conseil d’administration a approuvé la deuxième phase au dernier trimestre de l’exercice 2021–2022. Le programme prévoit un nouveau concentrateur et le passage d’une capacité de traitement de quatre à huit millions de tonnes de minerai par an. [1][2]
Dans son communiqué du 16 octobre, Vedanta Zinc International chiffre l’extension à 10 milliards de rands et indique qu’elle a été achevée en juillet 2026. L’inauguration d’octobre n’est donc pas présentée comme le premier jour du chantier. La société rattache cette dépense à l’engagement plus large pris lors de la conférence sud-africaine sur l’investissement de 2018. [3]
Ces périmètres doivent rester séparés. Un engagement couvrant plusieurs projets, un investissement cumulé depuis l’implantation d’un groupe et le coût annoncé d’une seule extension ne se remplacent pas. Le montant de 10 milliards de rands est ici celui communiqué pour la phase II ; le corpus ne fournit pas un audit indépendant détaillé de son coût final.
Huit millions de tonnes de minerai ne sont pas du zinc raffiné
Le minerai est la matière extraite qui contient le métal recherché avec d’autres constituants. La concentration augmente la proportion utile de zinc dans un produit intermédiaire. L’expression « zinc contenu dans le concentré » mesure le métal présent dans ce produit ; elle ne désigne ni le poids total du minerai ni une livraison équivalente de zinc raffiné.
Le chiffre d’environ 500 000 tonnes est une capacité annuelle annoncée après expansion. À titre de repère antérieur, Vedanta déclare une production de 185 000 tonnes de métal contenu pour Gamsberg au cours de son exercice 2025–2026. [2] Les deux nombres portent sur des périodes et des notions différentes : une production passée et une capacité élargie. Leur rapprochement ne permet pas de calculer le taux d’utilisation actuel de la nouvelle installation.
Le passage au métal raffiné réclame une étape métallurgique supplémentaire. Dans son discours, Ramaphosa soutient l’ambition de Vedanta de développer cette capacité au Cap-du-Nord. [1] La société situe son projet de fonderie dans la zone économique spéciale de Namakwa, dont elle se présente comme investisseur principal. [3]
Le 26 février, le Premier provincial Zamani Saul situait la construction des infrastructures principales de cette zone dans l’exercice 2027–2028. [8] Ce calendrier annoncé rappelle que la désignation d’une zone ne prouve pas que ses équipements sont déjà tous réalisés.
L’électricité doit être disponible, prévisible et compétitive
Le président identifie explicitement une électricité commercialement viable et des infrastructures fiables parmi les conditions de la transformation supplémentaire. [1] Le sujet porte à la fois sur la disponibilité de l’énergie, sa continuité, son prix et les équipements nécessaires pour l’acheminer jusqu’aux installations.
Le rapport annuel de Vedanta décrit pour la phase II un besoin électrique additionnel de 26,2 MVA et une nouvelle ligne de 19,5 kilomètres. Il mentionne aussi la négociation d’un contrat permettant d’acheter 40 MW d’électricité renouvelable produite hors site et acheminée par le réseau. [2] Ces informations sont celles du rapport : elles ne démontrent pas, à elles seules, la conclusion ou l’exécution intégrale du contrat à la date de l’inauguration.
Les MVA mesurent une puissance apparente de raccordement, les MW une puissance active. Aucun ne mesure directement une énergie annuelle livrée. Le coût dépend aussi du fonctionnement, du réseau et de la continuité du service.
Un approvisionnement renouvelable peut contribuer à réduire certaines émissions et à diversifier les sources d’énergie. Son effet dépend cependant du contrat, de la production effectivement disponible et de son articulation avec les besoins de l’usine. Il ne suffit pas d’associer une puissance solaire ou éolienne à un projet pour établir qu’il sera alimenté en permanence à un coût donné.
Si des conditions tarifaires particulières étaient négociées, leur appréciation devrait suivre la répartition des coûts et des risques. Un prix favorable peut soutenir l’activité ; il faut aussi savoir qui finance les ouvrages, supporte les variations et répond aux interruptions. Le corpus consulté ne permet pas de présenter un tarif spécial pour la future fonderie comme déjà accordé.
Les habitants de Namakwa attendent une place dans la chaîne industrielle
Avant l’inauguration, la présidence annonçait que l’exploitation pourrait soutenir entre 800 et 1 000 emplois, avec un recrutement principalement issu du Cap-du-Nord. [4] Vedanta fait état de plus de 1 500 personnes mobilisées au pic de la construction. [3] Ces ordres de grandeur ne doivent pas être additionnés comme s’ils décrivaient autant d’emplois permanents nouveaux au même moment.
Les emplois de chantier et les postes d’exploitation correspondent à des besoins différents. Le passage de l’un à l’autre demande des qualifications, des formations et parfois une mobilité. Pour apprécier la retombée locale, il faudrait connaître les effectifs effectivement présents, les types de contrats, les métiers, les rémunérations et l’origine géographique du recrutement.
Les commandes constituent un autre partage décisif. La maintenance, les équipements, les transports et les services spécialisés peuvent soutenir un tissu d’entreprises. Pour qu’un fournisseur local accède durablement à ces marchés, il doit pouvoir respecter les normes techniques, financer ses dépenses et recevoir ses paiements dans des délais soutenables. Un volume global d’achats ne prouve pas que les petites structures en bénéficient.
Le pouvoir public sud-africain dispose ici de leviers : planification des infrastructures, cadre d’autorisation, formation et suivi des obligations. Vedanta décide de ses investissements et de ses fournisseurs ; les salariés, les municipalités et les communautés doivent pouvoir faire valoir leurs besoins. La coopération avec un groupe international peut servir une stratégie locale, à condition que ses objectifs et ses résultats soient vérifiables.
L’eau et les écosystèmes ne sont pas des variables secondaires
La hausse des capacités appelle aussi des équipements d’eau et de gestion des résidus. Le programme décrit dans le rapport annuel comprend un nouveau dispositif de stockage des résidus ainsi que des services supplémentaires d’approvisionnement. [2] Leur existence dans un programme technique ne suffit pas à établir tous les résultats de consommation, de recyclage ou de conformité après la mise en service.
Gamsberg se situe dans un milieu semi-désertique riche en plantes succulentes. Une étude présentée en 2015 par des spécialistes impliqués dans son évaluation environnementale décrit des habitats sensibles, des risques associés aux poussières et à l’abaissement des nappes, ainsi qu’une démarche donnant priorité à l’évitement puis à la réduction des impacts. [5] Cette étude explique les enjeux initiaux ; elle n’est pas un relevé de dommages mesurés en octobre 2026.
Un audit indépendant de l’accord de compensation de biodiversité, dans sa version finale remise en décembre 2023, relève des progrès de conservation et des points à améliorer, notamment dans la protection et la gestion des espaces concernés. Réalisé par Amaryllis Biodiversity Consulting pour le comité de suivi, il indique un financement principal de Black Mountain Mining via l’UICN. [6] Son indépendance déclarée et son montage financier doivent être connus du lecteur.
Cet audit ancien ne permet ni de certifier l’état actuel de chaque obligation, ni d’affirmer que ses lacunes persistent toutes aujourd’hui. Il fournit en revanche des points de contrôle : application des plans de gestion, suivi écologique, protection des habitats et responsabilités des différents organismes. Des données actualisées permettraient de vérifier les corrections entreprises.
La transformation locale dépendra des décisions qui suivent
Dans un entretien publié par Miningmx le 12 octobre, le directeur général Vijay Kumar précise que la décision finale d’investissement dans la fonderie n’a pas encore été prise et que les études sont en cours. [7] Au 27 octobre, le corpus ne permet pas d’établir une décision ultérieure ni une production raffinée effective à Gamsberg.
Deux trajectoires restent possibles. L’extension pourrait principalement accroître les volumes de concentré disponibles pour les marchés existants. Elle pourrait aussi servir de base à des étapes industrielles supplémentaires si les investissements deviennent viables. Dans les deux cas, les emplois, les fournisseurs et les obligations environnementales constituent des résultats à suivre, pas des bénéfices à présumer.
Le Cap-du-Nord ne part pas d’une simple intention : un concentrateur supplémentaire a été inauguré. La question ouverte est celle de l’usage de cette capacité dans une stratégie plus large. La réussite se mesurera dans la valeur produite et conservée localement, les compétences acquises et les conditions de vie, autant que dans le volume de minerai traité.
Les documents pour suivre capacités, conditions et résultats
[1] Présidence sud-africaine, Address by President Cyril Ramaphosa at the official inauguration of the Vedanta Gamsberg Phase II Concentrator Plant, Aggeneys, Northern Cape, 16 octobre 2026. Capacités annoncées et position publique sur la transformation locale. Consulter la source
[2] Vedanta Limited, rapport annuel 2025–2026, section Zinc International : production, Gamsberg Phase 2, énergie et environnement. Données de l’entreprise relatives à l’exercice ; les projets décrits ne sont pas tous des réalisations constatées en octobre. Consulter la source
[3] Vedanta Zinc International, President Ramaphosa opens R10 billion Vedanta Zinc International Gamsberg Phase II expansion, 16 octobre 2026. Coût déclaré, achèvement en juillet, emploi de chantier et ambition de fonderie. Consulter la source
[4] Présidence sud-africaine, President Ramaphosa to inaugurate Vedanta Gamsberg Phase II Expansion Project, 12 octobre 2026. Localisation et prévisions d’emploi d’exploitation. Consulter la source
[5] J. Hughes, L. Ahuja, S. Brownlie, M. Botha, P. Desmet et S. Heather-Clark, Using Biodiversity Plans to Guide Mitigation and Offsets for a Zinc Mine in Northern Cape, South Africa, actes de la conférence IAIA, 20–23 avril 2015. Étude historique de la démarche d’évaluation. Consulter la source
[6] Rowena Smuts, Amaryllis Biodiversity Consulting, Final Second Independent Audit of the Implementation of the Gamsberg Biodiversity Offset Agreement, version finale remise le 12 décembre 2023, publiée par Vedanta Zinc International. Constats à replacer dans la période auditée. Consulter la source
[7] Vijay Kumar, entretien avec Liesl Peyper, Power holds key to Vedanta’s $1.5bn Gamsberg smelter, Miningmx, 12 octobre 2026. Déclaration directe du dirigeant sur la décision d’investissement. Consulter la source
[8] Zamani Saul, Northern Cape State of the Province Address 2026, 26 février 2026, portail gouvernemental. Calendrier annoncé pour les infrastructures de la Namakwa SEZ. Consulter la source

