Scène fictive de professionnels étudiant une maquette de protection côtière, avec le littoral de Cabo Verde en arrière-plan.

Cabo Verde prépare un mandat en 2027-2028 ; l'annonce ne constitue pas une prise de fonction en octobre 2026.

La future présidence cabo-verdienne de l'AOSIS est documentée. Annoncée à l'ONU dès le 26 septembre 2026, elle doit commencer en janvier 2027. L'enjeu sera de convertir une capacité de représentation en ressources, en compétences et en protections pour les populations insulaires.

La Rédaction — 10 octobre 2026

Praia se prépare à porter une parole collective

Cabo Verde s'apprête à diriger l'Alliance des petits États insulaires, mais la chronologie mérite d'être précisée. Le 26 septembre, devant l'Assemblée générale des Nations unies, le Premier ministre Francisco Carvalho a annoncé que son pays prendrait la présidence de l'AOSIS en janvier 2027. La transcription publiée par l'ONU restitue également les orientations qu'il assigne à cette responsabilité : unité des États insulaires, financement plus équitable, adaptation et protection de l'océan. Il s'agit d'une annonce officielle relative à un mandat futur. [1]

La date du 5 octobre 2026 inscrite au référentiel correspond notamment à la publication d'une brève d'Africa24 sur la présidence attendue en 2027 et 2028. Cette date ne permet pas, à elle seule, de dater un scrutin. Au moment de la rédaction, la page institutionnelle de l'AOSIS présente toujours Ilana V. Seid, représentante permanente de Palau auprès des Nations unies, comme présidente pour 2025-2026. [2, 7]

Un État africain de petite dimension pourra-t-il contribuer à améliorer les conditions de financement des pays insulaires ? La présidence accroît sa responsabilité et sa visibilité. Elle ne garantit aucun financement supplémentaire.

Une candidature préparée avant l'annonce de septembre

La démarche ne commence pas avec la communication d'octobre. Le 15 mai 2025, le gouvernement cabo-verdien présentait déjà la réunion de Praia des petits États insulaires de l'Atlantique, de l'océan Indien et de la mer de Chine méridionale comme une étape vers la présidence de l'AOSIS en 2027. Le Premier ministre d'alors, Ulisses Correia e Silva, y défendait une coordination sur le climat, le financement et les espaces maritimes. Cette archive établit une préparation institutionnelle antérieure à la séquence actuelle. [3]

Le 3 octobre 2026, Manuel Amante da Rosa, ministre des Affaires étrangères, a précisé devant la presse le calendrier 2027-2028. Selon la dépêche de Lusa publiée par Expresso das Ilhas, les priorités incluent la connectivité, la sécurité hydrique et alimentaire et les financements adaptés aux contraintes des archipels. Il a aussi annoncé le renforcement de la mission permanente auprès des Nations unies. [6]

Cette continuité diplomatique ne permet pas de reconstituer les consultations internes ou la séance de désignation. L'annonce du titulaire futur, sa sélection et l'exercice effectif du mandat constituent trois faits distincts.

Ce que l'Alliance permet déjà de documenter

L'AOSIS indique avoir été créée en 1990 pour réunir les préoccupations de petits États insulaires et d'États côtiers de faible altitude. Elle compte aujourd'hui 39 membres. Son histoire institutionnelle fait apparaître une action continue sur l'ambition climatique, le seuil de 1,5 °C, les pertes et dommages et les besoins particuliers de développement de ses membres. Il s'agit d'une coalition de négociation, dont les positions doivent être lues comme celles d'acteurs engagés dans la défense de leurs intérêts. [2]

La composition du groupe évite deux raccourcis. Cabo Verde n'y représente pas tous les États africains, et les membres de l'AOSIS ne forment pas un ensemble africain homogène. La liste officielle réunit des États des Caraïbes, du Pacifique, d'Afrique et de l'océan Indien ; elle comprend notamment Cabo Verde, les Comores, la Guinée-Bissau, Maurice, São Tomé-et-Príncipe et les Seychelles. L'histoire des présidences mentionne déjà Maurice pour 2002-2005 : il serait donc inexact de présenter la prochaine présidence comme la première présence africaine à cette fonction. [2]

Un document contemporain précise le contenu de la négociation. Dans sa déclaration du 5 octobre à la Deuxième Commission de l'Assemblée générale, l'AOSIS demande que la vulnérabilité pèse davantage dans l'accès au financement et que le revenu national ne constitue pas l'unique mesure du besoin. Elle insiste aussi sur le service de la dette et sur les limites du remplacement de ressources publiques par des capitaux privés coûteux. Ce sont des revendications de l'Alliance ; leur adoption par les bailleurs reste une autre question. [4]

Le financement se joue dans les clauses et les capacités

La contribution climatique nationale cabo-verdienne de 2025 reconnaît la difficulté de mobiliser de grandes délégations et l'utilité des alliances dans les négociations. Elle identifie également des obstacles au montage des projets : ressources humaines publiques limitées, disponibilité insuffisante des données climatiques et procédures complexes d'accès aux fonds. Ce diagnostic émane du pays lui-même ; il décrit des capacités à renforcer, sans mesurer encore l'effet d'une future présidence. [5]

L'analyse conduit à distinguer plusieurs étapes. Une position commune peut améliorer la négociation. Un accord peut ensuite rendre un financement accessible. Il faut encore préparer les projets, satisfaire aux conditions, obtenir les décaissements, construire les équipements et assurer leur fonctionnement. Confondre ces étapes donnerait à une annonce diplomatique la valeur d'un résultat déjà livré.

Les instruments évoqués par Manuel Amante da Rosa appellent la même précision : échanges de dette contre investissements climatiques, obligations liées à l'économie bleue et financements associant dons et prêts. Lusa les présente comme des pistes que la présidence entend explorer. Le document ne fournit pas un portefeuille de contrats exécutés dans le cadre du mandat à venir. [6]

L'évaluation devra porter sur les ressources nettes, les remboursements, les frais, les garanties et la maîtrise des actifs. Elle devra aussi examiner les compétences conservées localement. Ces critères permettront d'apprécier les résultats lorsqu'ils seront documentés.

Des intérêts africains à construire avec les autres îles

La présidence annoncée ouvre un espace de représentation pour des priorités formulées depuis un territoire africain. Elle impose aussi de négocier avec des membres dont les structures économiques, les ressources et les urgences diffèrent. La capacité d'action se mesurera à la solidité de cette coopération et à la place effective des administrations, des chercheurs, des collectivités et des usagers dans la préparation des positions.

La réflexion juridique africaine apporte ici un contrepoint aux annonces financières. L'étude d'AfronomicsLAW intitulée Debt-for-Nature Swaps: Fit for Africa? replace ces instruments dans une histoire plus longue de traitement de la dette et examine les controverses qu'ils suscitent. Son intérêt tient à l'examen de leurs conditions et de leurs effets sur les choix publics. Cette approche invite à évaluer chaque montage ; elle ne démontre pas qu'un mécanisme envisagé par Cabo Verde serait nécessairement avantageux ou dommageable. [8]

Le raisonnement distributif doit rester précis. La protection d'un littoral peut bénéficier à des habitants, à des pêcheurs, à une entreprise touristique ou à plusieurs de ces groupes dans des proportions différentes. L'effet d'une infrastructure dépend de son emplacement, de son usage et de son accessibilité. Évaluer la souveraineté suppose donc de demander qui fixe les priorités, qui conserve les compétences et qui supporte les coûts.

Dans cette perspective, une présidence africaine peut contribuer à élargir les options de ses membres. Elle ne constitue pas, par son seul intitulé, une transformation des rapports de pouvoir. Les critères d'accès aux ressources, les décisions budgétaires et les capacités techniques détermineront sa portée matérielle.

Le budget du mandat et la procédure restent à établir

Les pièces réunies établissent l'annonce et le calendrier prévisionnel. Elles ne comprennent pas le procès-verbal de désignation, la décision formelle détaillée de l'AOSIS ou un budget complet du mandat. Leur absence du corpus consulté ne signifie pas que ces documents n'existent pas. Elle empêche de décrire un vote, une unanimité ou un engagement financier précis.

Inforpress rapporte que le ministre a déclaré que cette responsabilité ne devrait pas occasionner de dépenses significatives pour l'État, l'organisation disposant d'un fonds d'appui. Cette assurance doit rester attribuée. Sans budget, règles d'éligibilité et répartition des dépenses, il n'est pas possible d'en déduire un coût nul pour Cabo Verde. Le renforcement annoncé de la mission permanente constitue précisément un poste à documenter. [6]

Une autre limite porte sur la représentation sociale. Aucun dispositif détaillé de consultation des populations concernées n'a été obtenu dans les pièces relatives à cette présidence. On ne peut donc conclure ni à leur exclusion ni à leur participation effective. Le programme de travail, les modalités de consultation et les comptes rendus permettraient de vérifier leur place.

En 2027, des engagements à suivre jusqu'aux réalisations

Trois évolutions peuvent être envisagées, à titre conditionnel. Une présidence disposant d'une équipe stable et d'un mandat collectif précis pourrait mieux faire valoir les priorités de ses membres. Une forte activité de représentation sans moyens d'exécution pourrait produire une visibilité supérieure aux effets matériels. Enfin, des projets financés pourraient fournir des résultats mesurables, à condition que les procédures, les marchés et les coûts restent vérifiables.

Les indicateurs utiles découlent de ces différences : positions communes adoptées, accès obtenu à des ressources supplémentaires, conditions financières, délais de décaissement, personnels formés et équipements effectivement opérationnels. Il faudrait ensuite observer les bénéfices pour les usagers. Aucun de ces résultats ne peut être attribué aujourd'hui à un mandat qui n'a pas encore commencé.

Au 10 octobre 2026, la conclusion est donc précise : l'arrivée annoncée de Cabo Verde à la présidence de l'AOSIS en janvier 2027 est documentée ; un scrutin daté du 5 octobre ne l'est pas dans les pièces consultées. L'enjeu de 2027-2028 sera de donner une traduction matérielle aux positions défendues par cette coalition et de rendre cette traduction contrôlable par les sociétés concernées.

Les documents qui permettent de vérifier la chronologie

1. Nations unies, 26 septembre 2026, transcription du cinquième jour du débat général, passage de Francisco Carvalho : annonce de janvier 2027. La transcription peut contenir des imperfections ; aucune citation littérale n'est utilisée ici.

2. AOSIS, présidence, historique et membres : structure, composition et titulaire 2025-2026.

3. Gouvernement cabo-verdien, 15 mai 2025, réunion de haut niveau des États insulaires : préparation de la candidature.

4. AOSIS, 5 octobre 2026, déclaration à la Deuxième Commission : demandes relatives au financement ; source de position institutionnelle.

5. Cabo Verde, 2025, contribution climatique nationale 3.0, notamment pages imprimées 63 et 70 : capacités de négociation et obstacles administratifs.

6. Lusa/Expresso das Ilhas, 3 octobre 2026, annonce et orientations du mandat ; Inforpress, même date, bilan diplomatique : comptes rendus de déclarations, sans accès aux pièces budgétaires.

7. Africa24, 5 octobre 2026, brève sur 2027-2028 : date de publication à distinguer de celle d'une décision.

8. AfronomicsLAW, Debt-for-Nature Swaps: Fit for Africa? : perspective juridique comparative ; document repéré par indexation, téléchargement intégral non obtenu dans cette consultation.

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