Forums d’affaires, commission bilatérale et mémorandum agricole : la séquence d’août et septembre 2026 confirme une activité diplomatique et commerciale brésilienne avec plusieurs partenaires africains. [2, 3, 5] Elle ne démontre pas encore des investissements supplémentaires exécutés. Les documents africains posent une exigence centrale : transformer localement, maîtriser les technologies et rendre compte aux populations. [4, 10]
La recherche de débouchés s’appuie sur plusieurs instruments
ApexBrasil présente un webinaire tenu le 27 août 2026 pour accompagner les entreprises brésiliennes touchées par les nouveaux droits de douane américains. L’agence propose information commerciale, appui spécialisé et diversification des marchés. Ce programme donne un contexte à la recherche de débouchés ; sa présentation ne désigne pas exclusivement l’Afrique et ne permet pas d’attribuer toutes les missions africaines à cette seule cause. [1]
Le reportage de Solon Neto pour Alma Preta, publié le 30 août, décrit les rencontres d’affaires accompagnant la mission organisée par ApexBrasil et le ministère des Affaires étrangères. Le journaliste suit la délégation à partir de l’Afrique du Sud, où intervient Mauro Vieira, puis en Zambie. Il montre des interlocuteurs économiques africains et des échanges dans l’agriculture, l’alimentation, la santé, les cosmétiques et les équipements. Le média précise avoir été invité par ApexBrasil : cette condition éclaire son accès sans transformer le reportage en bilan indépendant des retombées. [2]
Promotion, accord de coopération et projet exécuté sont trois étapes distinctes. La diplomatie peut faciliter leur enchaînement ; chaque réalisation demande ses propres preuves.
Pretoria demande un commerce plus équilibré et davantage de transformation
La huitième commission mixte se réunit le 26 août 2026 à Pretoria, sous la conduite de Ronald Lamola et Mauro Vieira. Son procès-verbal rappelle un partenariat stratégique établi en 2010. Il chiffre les échanges de 2025 à 1,83 milliard de dollars, contre 1,77 milliard en 2024, avec un déficit sud-africain de 1,24 milliard. Le document précise que ces données suivent la méthodologie sud-africaine. Les deux pays cherchent à conclure l’accord d’investissement et à explorer l’élargissement de l’accord préférentiel entre l’Union douanière d’Afrique australe et le Mercosur. [3]
Dans son discours d’ouverture, Lamola demande des échanges plus équilibrés et diversifiés. Il défend une coopération permettant aux minerais critiques de soutenir l’industrie, les compétences et les technologies dans les pays producteurs. Il refuse une répartition où les matières premières partent du Sud tandis que la richesse se forme ailleurs. Cette position fixe un critère sud-africain pour juger le partenariat ; elle ne prouve pas que des transferts industriels ont déjà eu lieu. [4]
Le déficit commercial n’établit pas, à lui seul, une relation d’exploitation. Il invite à regarder les produits, les entreprises, la transformation et la distribution des gains. Inversement, une hausse du commerce ne garantit pas une amélioration de la capacité productive africaine. Les chiffres de 2025 décrivent d’ailleurs une situation antérieure à la réunion d’août 2026 : ils ne peuvent en mesurer les effets.
L’accord agricole angolais reste une déclaration d’intention
Le mémorandum Brésil–Angola est signé à Luanda le 15 septembre et publié au Diário Oficial da União le 25. Il vise l’identification et la disponibilité de terres avec un objectif de 500 000 hectares, ainsi que des droits de superficie pouvant aller jusqu’à soixante ans, renouvelables. Il envisage une mobilisation d’institutions financières angolaises et l’examen de mécanismes brésiliens de crédit et d’assurance. Son paragraphe 9 exclut expressément toute obligation légale, financière ou contraignante. Ces objectifs ne sont donc ni des transferts fonciers achevés, ni des crédits approuvés. [5]
Le texte envisage également des entreprises sans associé local obligatoire, un dialogue avec les communautés et l’affectation d’une partie de la production au marché angolais, sans proportion fixée. Il n’atteste ni consultation accomplie ni récolte réalisée. Droits de superficie, propriété du sol et exploitation effective doivent rester distingués. [5]
L’évaluation devra porter sur les conventions concrètes : localisation des terres, droits existants, conditions d’accès, usages de l’eau et mécanismes de recours. Une intention de dialogue ne démontre pas le consentement des habitants. Le corpus ne contient pas de témoignage vérifié des communautés concernées ; il serait tout aussi infondé d’inventer leur adhésion que de leur attribuer un conflit déjà constaté.
Banques et agences africaines cherchent à orienter les projets
Le Banco de Desenvolvimento de Angola indique avoir reçu le ministre brésilien André de Paula et sa délégation le 16 septembre. Les échanges concernent le financement de la production nationale, les chaînes agricoles et d’élevage ainsi que la diversification économique. La banque présente ses instruments financiers, mais son communiqué n’annonce ni montant de prêt, ni emprunteur, ni décaissement. La rencontre est établie ; un nouveau financement opérationnel ne l’est pas. [6]
En Zambie, la ZDA rend compte d’un forum organisé à Lusaka le 28 août avec ApexBrasil et les institutions brésiliennes. Les représentants zambiens mettent en avant la transformation locale, l’agriculture, le tourisme et les coentreprises. L’ambition nationale d’atteindre un milliard de dollars d’exportations annuelles de viande bovine et de bétail ne doit pas être lue comme un financement apporté par Brasilia. [7]
Alma Preta rapporte également la signature, ce jour-là, d’un mémorandum entre ApexBrasil et la ZDA. Son texte intégral n’a pas été obtenu. La signature rapportée ne suffit donc pas à détailler des engagements commerciaux ou des obligations juridiques. [2]
Ces agences africaines expriment des objectifs propres. Leur rôle de promotion ne remplace toutefois pas une évaluation des projets retenus. Les contrats permettraient de savoir quelles entreprises peuvent participer, quelle formation est financée et qui conserve les revenus et les compétences.
Au Ghana et au Mali, les discussions portent sur des besoins identifiés
Le 7 août, l’ambassadrice brésilienne sortante Mariana Gonçalves Madeira rencontre la vice-présidente ghanéenne Naana Jane Opoku-Agyemang. Selon le compte rendu de la GBC, l’ambassadrice évoque la chaîne du cacao, les petits producteurs et la transformation. La vice-présidente cite notamment l’agriculture, les entreprises, l’énergie et la sécurité maritime. Cette visite documente des orientations et un dialogue ; elle ne constitue pas la signature d’un nouveau contrat. [8]
Au Mali, une réunion du 9 septembre à Bamako rassemble la représentation du Brésil et le bureau pays de la Banque africaine de développement. Le communiqué publié le 21 porte sur l’application d’un mémorandum conclu le 12 juin entre la BAD et l’Agence brésilienne de coopération. Agriculture, secteur privé, compétences et transition énergétique figurent parmi les priorités. La BAD rattache ces échanges aux orientations maliennes et à sa stratégie pour 2026–2031, sans annoncer de nouveau financement approuvé. [9]
Il ne s’agit donc pas d’un traité bilatéral Brésil–Mali signé en septembre. Le cadre est multilatéral et sa mise en œuvre reste à préciser. Pour les producteurs et les entreprises, le passage décisif serait l’accès à des instruments adaptés : assistance technique, crédit, débouchés et capacité de négocier les conditions. Une liste de secteurs prioritaires ne permet pas de mesurer cet accès.
La souveraineté productive se juge aussi au contrôle des décisions
Le 22 septembre, lors d’un événement Accra Reset à New York, le président ghanéen John Mahama invite explicitement la Fiocruz brésilienne, aux côtés d’autres institutions, à contribuer à des réseaux reliant recherche, contrôle réglementaire, fabrication locale et distribution sanitaire. Il souligne que déplacer le pouvoir vers une administration du Sud ne suffit pas sans responsabilité envers les citoyens. Il s’agit d’une invitation et d’un programme politique, non d’une usine financée ou d’un accord exclusivement ghanéo-brésilien. [10]
Cette exigence permet d’évaluer les partenariats au-delà de leur origine géographique. Une technologie peut être accessible à l’achat tout en laissant la maintenance, les licences ou les données sous contrôle extérieur. La formation, les droits d’usage et l’autonomie des équipes locales doivent donc être examinés dans les contrats.
La solidarité afro-brésilienne ne dispense pas de cet examen. Dans son discours de Pretoria, Lamola rappelle les liens avec le mouvement noir brésilien et les solidarités autour de la lutte sud-africaine. Cette mémoire est une ressource politique ; elle ne constitue pas une garantie automatique d’équité dans une relation commerciale contemporaine. [4]
Les intérêts des gouvernements, des entreprises, des travailleurs et des communautés ne se confondent pas. Une coopération peut renforcer certaines capacités nationales tout en répartissant inégalement ses bénéfices. Pour qualifier ses effets, il faut des éléments sur les emplois, les qualifications, la fiscalité, l’accès aux services et les recours.
Le bilan doit suivre l’argent, les compétences et les bénéficiaires
Au 23 octobre 2026, la séquence la mieux documentée concerne août et septembre. Elle établit des rencontres, des orientations et un instrument agricole signé. Les pièces réunies ne démontrent pas une hausse supplémentaire du commerce causée par cette mobilisation, des surfaces déjà mises en culture au titre du mémorandum angolais ou des transferts technologiques achevés.
Trois trajectoires sont possibles. Les échanges pourraient déboucher sur des projets assortis de financements, de formation et de contrôle local. Ils pourraient rester au stade de la promotion. Ils pourraient aussi produire des investissements dont les bénéfices se concentreraient sur quelques opérateurs. Ces hypothèses appellent un suivi et ne décrivent pas des résultats acquis.
Les prochains documents déterminants seront les contrats, les décisions de crédit, les décaissements, les dispositifs fonciers et les évaluations des bénéficiaires. Ils permettront d’apprécier ce que la diplomatie change pour les capacités africaines et brésiliennes. L’expansion d’un partenariat prend un sens plus précis lorsque les populations peuvent en connaître les conditions, en discuter les choix et en contrôler les effets.
Les sources qui distinguent promotion, engagements et réalisations
[4] DIRCO, discours officiel de Ronald Lamola à l’ouverture de la commission mixte, 26 août 2026.
[7] Zambia Development Agency, forum commercial et d’investissement Zambie–Brésil, 28 août 2026.

