Sous l’administration libertarienne du président Javier Milei, la République argentine assume pleinement un double réalignement : l’application d’une thérapie de choc monétaire en interne, et un alignement inconditionnel sur l’axe géopolitique de Washington. Le président Milei s’est imposé comme l’un des piliers sud-américains du sommet Shield of the Americas (« Bouclier des Amériques ») de Donald Trump, engageant fermement Buenos Aires dans la coalition de lutte contre les cartels et l’immigration irrégulière, rompant ainsi radicalement avec la diplomatie des gouvernements péronistes précédents.
Sur le plan intérieur, la bataille pour la stabilisation de l’économie se poursuit. Le 18 mai 2026, le président de la Banque centrale de la République argentine (BCRA), Santiago Bausili, a tenu une conférence de presse stratégique depuis la salle Dr Ernesto Bosch. Ses déclarations visaient à rassurer les marchés obligataires internationaux et les créanciers sur l’avancée de l’assainissement du bilan de la Banque centrale. La résorption des passifs rémunérés (les fameuses Leliqs) constitue la condition préalable absolue avant que le gouvernement puisse envisager la levée du contrôle des changes (cepo cambiario) et progresser vers sa promesse fondatrice de dollarisation de l’économie argentine. Le maintien de cette discipline budgétaire, au prix d’une récession sévère, demeure le plus grand défi politique du gouvernement Milei.

