La Bolivie illustre de manière dramatique l’épuisement des modèles économiques fondés sur l’extraction étatique, en l’absence de réserves de change adéquates. Durant la troisième semaine de mai 2026, le pays s’est embrasé. Des manifestations civiles de grande ampleur, présentées par leurs organisateurs comme une défense de la démocratie mais motivées en réalité par des pénuries chroniques de carburant, l’effondrement du pouvoir d’achat et la rareté du dollar, ont paralysé les villes de La Paz, Tarija et Chuquisaca.

Acculé par une contestation menaçant la stabilité de son mandat, le président Luis Arce a été contraint, le 20 mai 2026, de procéder à un remaniement de son cabinet ministériel (reordenamiento de su gabinete), dans l’espoir de trouver des fusibles politiques pour absorber la crise. La gravité de la situation institutionnelle se mesure à la réponse sécuritaire : la police nationale bolivienne a dû déployer des contingents massifs pour verrouiller la Plaza Murillo à La Paz. Cette place, qui abrite le palais présidentiel et l’Assemblée législative, a été transformée en forteresse face à la crainte de débordements violents.

L’économie bolivienne, autrefois perçue comme un modèle de stabilité régionale grâce à ses exportations gazières, fait désormais face à l’épuisement de ses gisements et à une crise structurelle de liquidités, alimentant une instabilité politique chronique.

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