Au cœur de l’Amérique centrale, le Guatemala vit une étape critique de sa reconstruction institutionnelle après des années de détérioration de l’État de droit. Le 18 mai 2026, Gabriel Estuardo García Luna a officiellement prêté serment en tant que nouveau procureur général de la République et chef du ministère public pour la période 2026–2030. Cette transition n’est pas un banal remaniement bureaucratique, mais le point central d’une bataille politique nationale et internationale.
La Mission spéciale de l’Organisation des États américains (OEA) pour le renforcement des institutions démocratiques au Guatemala a publié un communiqué saluant le caractère opportun de cette transition, la considérant comme une opportunité historique de restaurer la confiance publique. Durant le mandat précédent, le ministère public avait été largement accusé par la communauté internationale d’instrumentaliser la justice pénale pour criminaliser les opposants politiques, les journalistes et les défenseurs des droits humains, tout en garantissant une impunité structurelle aux réseaux de corruption.
L’injonction internationale pesant sur García Luna est claire : il doit procéder à une transition interne ordonnée, protéger la carrière des procureurs intègres et établir des critères stricts pour garantir que les enquêtes criminelles soient menées sans pression politique. L’avenir démocratique du pays et sa capacité à attirer les investissements étrangers dépendent entièrement de la dépolitisation de son appareil judiciaire au cours des prochains mois.

