Si l’AES a choisi la voie de la rupture militaire radicale, le Sénégal, sous la gouvernance du président Bassirou Diomaye Faye, procède à un démantèlement méthodique et légal des architectures néocoloniales, visant une souveraineté économique et administrative absolue.

L’Agenda Sénégal 2050 et la logique de résultat

Le compte rendu du Conseil des ministres exceptionnel réuni le vendredi 5 juin 2026 constitue la feuille de route de cette mutation. Face à un contexte économique, social et sécuritaire complexe, le chef de l’État a exigé du Premier ministre Ahmadou Alhaminou Mohamed Lo (prenant la suite de l’impulsion politique initiale de la nouvelle administration) la conception d’un Plan d’actions du Gouvernement articulé autour de l’Agenda national de Transformation, « Sénégal 2050 ».

L’architecture de gouvernance opère une mue documentée : le Premier ministre a exigé le passage d’une administration centrée sur les procédures à une logique stricte de résolution des problèmes, et l’abandon du travail en silos au profit d’une approche systémique. Les urgences de l’État ont été redéfinies pour cibler directement la souveraineté alimentaire (mise à disposition des intrants agricoles pour la campagne de production, gestion de la période de soudure), l’évaluation du Programme de résilience économique et sociale (PRES), ainsi que le déploiement du « Plan Diomaye » spécifiquement conçu pour le développement de la Casamance et du Sénégal oriental, régions historiquement marginalisées.

Assainissement de l’économie formelle et inclusions sociales

La volonté de restauration de l’autorité de l’État sénégalais s’est également traduite par une purge de l’économie souterraine, véritable cancer sapant les fondements de la souveraineté économique. Le mercredi 17 juin 2026, l’architecture sécuritaire territoriale (la Section de recherches de la gendarmerie de Saint-Louis, épaulée par les brigades de Podor) a procédé à l’incinération à la décharge de Gandon de deux tonnes de produits prohibés (chanvre indien, décodeurs audiovisuels piratés, faux médicaments) saisis entre fin 2025 et début 2026, pour une valeur estimée à 70 millions de francs CFA. Le lieutenant-colonel Abdoulaye Mbodj Ndiaye a qualifié ce trafic d’« énorme manque à gagner pour l’État du Sénégal », appelant à une synergie entre les forces de sécurité et les populations pour anéantir ces réseaux.

Parallèlement, l’architecture sociétale se consolide. Un Conseil interministériel tenu le jeudi 18 juin a accouché de 17 mesures phares pour sécuriser le processus des examens nationaux. Fait notable témoignant d’une approche étatique plus inclusive, des mesures dérogatoires ont été prises par les ministères de l’Éducation nationale et de la Justice pour permettre aux candidats victimes de problèmes d’état civil non imputables à eux de se présenter à la session de remplacement du baccalaurééat 2026, réparant ainsi une anomalie administrative qui pénalisait des milliers de jeunes Sénégalais.

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