Montage éditorial illustratif d’Ernest Mbaimba Ndomahina et de deux jeunes adultes dans un atelier de couture évoquant Makeni.POLINT-023 — Évaluer le soutien aux parcours des jeunes — Illustration éditoriale générée.

À Freetown, la mission de suivi reçue le 19 octobre 2026 examine un programme qui associe transferts sociaux et soutien aux activités des jeunes. Une enveloppe supplémentaire de 15 millions de dollars est envisagée, selon NaCSA. Pour les ménages concernés, l’enjeu dépasse ce montant : il tient à la régularité des paiements, à l’accès aux recours et à la durée des revenus obtenus. [1]

À Freetown, une enveloppe encore à instruire

La Commission nationale pour l’action sociale, NaCSA, a accueilli une mission de la Banque mondiale consacrée au Productive Social Safety Nets and Youth Employment Project, ou PSSNYE. Son commissaire, Ernest Mbaimba Ndomahina, et sa commissaire adjointe, Susan Robert, ont reçu l’équipe conduite par Robert Chase et Asha Williams. Le communiqué du 19 octobre annonce l’examen des progrès et des difficultés du projet ; il présente les 15 millions de dollars supplémentaires comme une possibilité. [1]

Aucune décision d’approbation ni preuve de décaissement de cette nouvelle enveloppe n’a été obtenue pour cet article, arrêté au 5 novembre 2026. Cette limite de vérification ne démontre pas qu’aucune autre pièce existe. Elle interdit de décrire la somme comme disponible ou déjà distribuée. Les engagements de transparence exprimés par les responsables constituent, eux aussi, des déclarations à confronter aux comptes et aux expériences des bénéficiaires.

Un programme construit autour de plusieurs formes de soutien

Le 8 mars 2022, la Banque mondiale a approuvé un don de 40 millions de dollars de l’Association internationale de développement. Le projet devait améliorer l’accès aux filets sociaux et aux possibilités de revenus, avec une portée prévue de plus de 176 000 bénéficiaires. Il prolongeait un dispositif antérieur de transferts sociaux tout en combinant aide aux ménages, inclusion économique, travaux publics et soutien aux entreprises des jeunes. Ce chiffre de lancement était un objectif, pas un bilan. [2]

Ces instruments répondent à des besoins différents. Un transfert peut soutenir la consommation d’un ménage ; un chantier procure un revenu pendant une période déterminée ; une formation ou une subvention peut faciliter une activité. Leur réunion dans un même projet ne transforme pas automatiquement chaque personne aidée en titulaire d’un emploi durable. Le communiqué de 2022 prévoit notamment un appui entrepreneurial dans les villes de Bo, Kenema, Makeni, Port Loko et Freetown. [2]

Un don additionnel de 2 millions de dollars a ensuite complété le financement. Le rapport de suivi de décembre 2024 indique qu’il est devenu effectif le 11 décembre 2023. La présentation pays de la Banque mondiale consultée pour cette enquête décrit aujourd’hui le PSSNYE comme un projet de 42 millions de dollars. Il serait donc prématuré de présenter un total de 57 millions comme une enveloppe acquise. [3, 4]

Les bénéficiaires ne sont pas un compteur d’emplois

La présentation pays de la Banque mondiale fait état de 326 544 bénéficiaires pauvres soutenus par les filets sociaux et de 4 197 jeunes accompagnés en entrepreneuriat. Elle ne précise pas, à proximité de ces données, la date exacte d’arrêté des compteurs. Ces résultats doivent rester attribués à l’institution et à leur objet : ils renseignent sur des appuis reçus, sans établir à eux seuls le nombre d’emplois pérennes, les revenus nets dégagés ou les sorties de pauvreté. [4]

La comparaison historique demande une précaution supplémentaire. Le rapport de suivi de décembre 2024 signale que certaines estimations incluaient des bénéficiaires de l’ancien programme SSN et devaient être révisées pour ne compter que ceux du PSSNYE. Juxtaposer les anciennes valeurs à celles de la page actuelle ne permet donc pas de calculer une hausse ou une baisse fiable. [3]

Une évaluation utile aux Sierra-Léonais devrait publier le périmètre de chaque indicateur : personnes ou ménages, entrants de l’année ou cumul, soutien ponctuel ou répété. Elle devrait aussi expliquer comment sont évités les doubles comptes entre volets. Sans ces précisions, un chiffre peut être exact dans son tableau tout en devenant trompeur une fois utilisé pour décrire l’ensemble de la politique sociale.

À Makeni, la cérémonie et le devenir des activités

Le 30 juin 2026, Julius Maada Bio a remis symboliquement des chèques à trois bénéficiaires à Makeni. Dans son compte rendu publié le 1er juillet, NaCSA présente une opération destinée à 1 500 jeunes, à raison de l’équivalent en leones de 300 dollars chacun, soit 450 000 dollars. La communication institutionnelle décrit une injection dans l’économie locale, mais la cérémonie ne constitue pas, à elle seule, un rapprochement bancaire de tous les versements. [5]

Le même compte rendu rapporte le projet d’une couturière d’agrandir son atelier, d’employer une autre jeune femme et de soutenir la scolarité de ses enfants. Cette parole renseigne sur les usages espérés de l’aide et sur des choix économiques formulés localement. Elle ne permet pas encore d’affirmer que l’agrandissement ou l’embauche ont eu lieu. [5]

L’étape suivante est donc observable : vérifier la réception des fonds, puis suivre les achats, les commandes, les charges et la continuité de l’activité. Une entreprise encore ouverte peut procurer un revenu insuffisant ; une activité saisonnière peut être utile sans fonctionner toute l’année. Le suivi gagne à restituer ces différences et les décisions des jeunes, au lieu de réduire leurs trajectoires à une photographie de remise de chèques.

L’accès aux recours fait partie de la protection

Le contrôle ne concerne pas uniquement l’utilisation de l’argent. Il commence avec l’inscription. L’Anti-Corruption Commission, ou ACC, rapporte avoir supervisé du 16 au 19 mars 2023 des vérifications de listes conduites avec NaCSA. Son compte rendu mentionne des personnes qui signalaient des différences entre les noms préenregistrés et ceux annoncés lors du contrôle. L’institution décrit aussi son rôle dans la réception des réclamations et le retour d’information aux plaignants. [6]

Ces observations documentent une difficulté concrète et un dispositif de réponse à cette date. Elles ne prouvent ni une fraude généralisée ni la résolution de chaque dossier. Pour une personne admissible, une erreur de nom peut néanmoins devenir décisive si elle bloque l’identification ou le paiement. La qualité du programme dépend alors autant de la correction accessible des données que de l’existence du registre.

Le plan de mobilisation des parties prenantes d’avril 2023 consigne également des préoccupations sur la connaissance des voies de réclamation et leur accessibilité aux personnes handicapées. Il associe à la démarche des représentants locaux, des jeunes et des organisations telles que la Sierra Leone Union for Disability Issues. Ces consultations témoignent d’une expertise sociale produite dans le pays ; elles ne constituent pas une enquête représentative sur la situation de 2026. [7]

L’information en formats accessibles, la possibilité de contester une exclusion et la réponse reçue sont des critères d’évaluation à part entière. Les autorités et les partenaires peuvent les documenter sans rendre publiques les données personnelles des ménages. Une réclamation enregistrée ne vaut pas encore réparation : le résultat se mesure aussi à la solution apportée et à son délai.

Des ambitions pour 2027, des pièces encore nécessaires

Le 23 septembre 2026, NaCSA a présenté au ministère des Finances ses propositions budgétaires pour l’exercice 2027. Elles comprennent notamment des transferts d’urgence pour 30 000 bénéficiaires et des emplois temporaires pour 22 000 jeunes dans des interventions réparties entre plusieurs programmes. Il s’agit de priorités proposées pour l’année suivante : elles ne doivent être additionnées ni aux réalisations du PSSNYE ni aux bénéficiaires des 15 millions de dollars envisagés. [8]

Un autre chantier concerne le cadre national. L’UNICEF a publié le 3 septembre 2026 un appel à propositions pour réviser la politique et la stratégie de protection sociale, avec une cartographie des dispositifs, des ressources et des lacunes. Cet avis atteste une démarche de commande ; il ne démontre pas qu’une nouvelle stratégie était déjà achevée ou adoptée. Il ne fixe pas davantage, à lui seul, les conditions du financement étudié par la Banque mondiale. [9]

Pour apprécier la situation présente, il manque à cette vérification une lecture intégrale de l’ensemble des rapports récents, un tableau financier rapprochant engagements et paiements, ainsi que des résultats datés sur la continuité des activités. Des notices de rapports plus récents ont été repérées, sans que leur contenu intégral ait pu être exploité. Il serait donc aussi incorrect d’affirmer l’absence de tout audit que d’en supposer une opinion favorable.

Le prochain financement devra se lire dans les résultats

Si une nouvelle enveloppe est approuvée, les pièces décisives seront sa destination précise, son calendrier et les modifications du cadre de résultats. Étendre le nombre de personnes couvertes, augmenter l’intensité du soutien et consolider les systèmes administratifs sont trois choix différents. Leur intérêt dépend des besoins documentés et de la capacité à délivrer l’aide prévue.

Un suivi à six ou douze mois pourrait éclairer le devenir des entreprises, le revenu disponible et les difficultés d’accès au marché. Pour les transferts sociaux, la régularité et les dépenses effectivement soutenues seraient tout aussi importantes. Ce sont ici des axes d’analyse proposés, pas des conditions d’approbation attribuées au bailleur.

Si le financement tarde ou change de montant, la question sera celle de la continuité des interventions déjà engagées et des arbitrages rendus publics. Dans les deux cas, les ménages, les jeunes entrepreneurs et leurs organisations doivent pouvoir confronter les engagements à une information compréhensible. La valeur du programme se jugera dans cette capacité à soutenir des parcours réels et à corriger ses difficultés.

Neuf documents pour distinguer annonce, exécution et effets

Vérification arrêtée au 5 novembre 2026. Les communications des opérateurs établissent leurs annonces et leurs bilans déclarés ; elles ne remplacent pas une évaluation indépendante. Le rapport de suivi de 2024 est utilisé pour l’historique financier et la comparabilité des indicateurs, sans lui attribuer une portée actuelle.

[1] NaCSA, « NaCSA Receives World Bank Implementation Support Mission, as $15 Million Additional Financing Is Considered », 19 octobre 2026.

[2] Banque mondiale, communiqué d’approbation du don IDA au programme de filets sociaux et d’emploi des jeunes en Sierra Leone, 8 mars 2022.

[3] Banque mondiale, Productive Social Safety Nets and Youth Employment, P176789, Implementation Status & Results Report, séquence 6, ISR01711, décembre 2024, notamment pages 3 et 10–11.

[4] Banque mondiale, présentation pays « Sierra Leone », rubrique Development, consultée le 5 novembre 2026 ; date d’arrêté des compteurs non précisée à proximité des données.

[5] NaCSA, « President Bio Symbolically Launches Youth-Led Household Enterprise Grants in Makeni », 1er juillet 2026, cérémonie du 30 juin.

[6] Anti-Corruption Commission de Sierra Leone, compte rendu de supervision des vérifications PSSNYE, opérations des 16–19 mars 2023.

[7] Gouvernement de Sierra Leone, PSSNYE — First Additional Financing, P180035, Stakeholder Engagement Plan, avril 2023, consultations et mécanisme de recours.

[8] NaCSA, « NaCSA Presents FY 2027 MTEF Budget to Ministry of Finance », 23 septembre 2026.

[9] UNICEF, avis LRPS-2026-9205944 relatif à la révision de la politique et de la stratégie nationales de protection sociale, publié sur UNGM le 3 septembre 2026.

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