POLINT-018 — Illustration de synthèse — photomontage éditorial : le portrait de Liibaan Ahmed Hassan est fondé sur une référence nominative SONNA. L’assemblée et le paysage urbain sont des décors fictifs distincts ; l’image n’est pas une photographie d’événement ni de la cérémonie du 22 octobre.
Article actualisé le 2 novembre 2026. La date de première publication est conservée.
Le vote des députés installe une nouvelle direction
Le Galmudug a choisi ses nouveaux dirigeants le 22 octobre 2026, à Dhusamareb. Liibaan Ahmed Hassan, également appelé Liibaan Shuluq, a obtenu 72 voix lors du vote des 89 membres du Parlement régional, contre 14 à Abdulkadir Abdullahi Diriye ; les trois autres bulletins ont été déclarés invalides, selon Somalia Today. [9] L’agence publique somalienne SONNA confirme le résultat et le caractère secret du vote. [1] La Chambre haute fédérale a félicité le même jour le nouveau dirigeant et son adjoint, Abdiweli Ibrahim Garyare. [2]
Cette désignation clôt une séquence institutionnelle, sans effacer les conflits qui l’ont précédée. Le scrutin régional du 30 juillet avait été annulé par la Cour suprême ; sa reprise du 30 septembre a produit l’assemblée qui vient de choisir l’exécutif. [3, 5] Pour apprécier ce changement de pouvoir, il faut distinguer le résultat parlementaire, la validation judiciaire et les conditions de participation des organisations concurrentes.
De l’annulation de juillet à la désignation d’octobre
Le 24 août, la Cour suprême a annulé les élections du 30 juillet concernant le Parlement du Galmudug et les conseils locaux. Selon le compte rendu de Hiiraan Online, la juridiction a retenu des manquements constitutionnels et électoraux affectant l’intégrité du processus, puis ordonné un nouveau vote. Elle a également prévu le maintien des institutions existantes pendant la transition afin d’éviter un vide administratif. [3]
La commission électorale a organisé la reprise le 30 septembre. Dawan rapporte, d’après les résultats annoncés par la commission, une consultation dans onze districts, avec douze organisations participantes, et l’attribution de 67 des 89 sièges régionaux au JSP. [5] Le nombre de districts concernés ne permet pas, à lui seul, d’établir la couverture de toute la population du Galmudug ou la participation rapportée aux électeurs inscrits.
La Cour suprême a validé les résultats le 13 octobre. Hiiraan Online précise que la décision constatait l’absence de recours déposé dans le délai prévu par la législation électorale. [6] Cette portée procédurale doit rester visible : une absence de contestation recevable dans les délais ne constitue pas une mesure de l’adhésion de l’ensemble des habitants. La validation a permis la mise en place de l’assemblée puis l’élection de ses dirigeants.
Les députés ont prêté serment le 16 octobre à Dhusamareb, selon l’article de Hiiraan Online publié le 17, avant le vote du bureau du 18 et celui de l’exécutif du 22. Cette installation de l’assemblée ne constitue pas une preuve de la composition ultérieure d’un cabinet. [13]
Une majorité régionale dominante et deux scrutins distincts
Le 18 octobre, Hussein Mohamed Nur a été élu à la présidence du Parlement. Abdirisaaq Ahmed Ali et Mursal Abdi Adan ont obtenu les deux vice-présidences. Ces trois responsables appartiennent au JSP, selon les listes de candidats citées par Hiiraan Online. [7] Le parti dispose donc à la fois d’une forte majorité de sièges et des principaux postes de direction de l’assemblée.
Le 22 octobre, le score de Liibaan Ahmed Hassan a dépassé de cinq voix les 67 sièges attribués au JSP. Ce calcul montre que son total ne peut s’expliquer par ces seuls sièges si la répartition demeure celle annoncée. Il ne permet pas d’identifier les députés ayant voté pour lui, ni les raisons de leur choix. Dans un scrutin secret, une différence arithmétique ne révèle pas un accord politique particulier.
Somalia Today rapporte que Garyare a remporté le vote séparé pour la vice-présidence, avec 64 voix contre 20 à Abdisatar Mohamed Geelle. Le même média précise que Liibaan succède à Ahmed Abdi Kariye, dit Qoor Qoor, à la tête du Galmudug depuis février 2020. [9] Le vote populaire de septembre portait sur les assemblées ; l’élection de l’exécutif d’octobre a été réalisée par les députés. Présenter le président régional comme directement élu par toute la population confondrait ces deux étapes.
L’exclusion de Towfiiq entretient la contestation du processus
Towfiiq avait participé à la contestation judiciaire du scrutin initial, mais n’a pas pris part à sa reprise. Dawan rapporte deux positions opposées : la commission invoque l’absence de dépôt de la liste des candidats avant la date limite du 12 septembre ; Towfiiq affirme avoir été prêt à concourir et dénonce son exclusion. Le 27 septembre, l’organisation demandait encore une révision de cette décision. [4]
Cette contradiction ne peut être tranchée par la seule victoire du parti majoritaire. Les pièces décisives seraient les règles de dépôt applicables, les notifications adressées aux organisations, les documents remis par Towfiiq et leurs accusés de réception. Elles permettraient d’examiner la chronologie administrative et l’égalité de traitement. Ces pièces n’ont pas été réunies dans le présent dossier.
Il faut également séparer deux questions : la régularité du scrutin de juillet et celle de l’accès au scrutin de septembre. Le succès d’un recours contre la première consultation ne dispensait pas nécessairement de toutes les formalités de la seconde. Inversement, l’invocation d’un délai par l’autorité organisatrice ne suffit pas à démontrer que toutes les conditions de participation ont été équitables. Chacune de ces propositions exige ses propres preuves.
Le pouvoir fédéral et les attentes locales se rencontrent au Galmudug
Le JSP est le parti du président fédéral Hassan Sheikh Mohamud, rappelle Hiiraan Online. [6] La victoire régionale renforce donc une organisation déjà présente au sommet de l’État fédéral. Cela constitue un lien politique documenté ; ce lien ne prouve pas, à lui seul, une subordination de chaque décision régionale ou une intervention illégale dans le décompte des voix.
Dans ses félicitations, le président fédéral a demandé aux nouveaux dirigeants de donner la priorité à la sécurité, au règlement des conflits internes, aux infrastructures et aux services publics, selon le communiqué présidentiel rapporté par Shabelle. Il présente la séquence comme un progrès démocratique. [8] Cette appréciation est celle d’un acteur engagé dans le processus et doit être distinguée de l’observation des résultats et de leur contestation.
Les habitants du Galmudug ne se résument ni au rapport entre le parti présidentiel et ses concurrents, ni à la validation d’un modèle électoral. L’enjeu est aussi leur capacité à demander des comptes sur les services, les ressources et les choix de sécurité. Un scrutin peut élargir la participation formelle tout en laissant ouvertes des questions de représentation territoriale, d’accès à l’information ou de contrôle du budget. Ces dimensions doivent être mesurées séparément.
La Cour suprême, les organisations politiques et les médias somaliens jouent des rôles différents dans cette séquence. La première a imposé une reprise, une organisation a utilisé la voie contentieuse et la presse a rendu visibles les désaccords. Ce sont des capacités institutionnelles et civiques exercées par des acteurs somaliens. Leur examen évite de réduire l’évolution politique du pays à l’approbation ou à l’intervention de partenaires extérieurs.
L’étude de Winluck Wahiu et Adem Kassie Abebe publiée par International IDEA en 2025 situe la formation de l’État fédéré du Galmudug en 2015 et décrit, à partir de recherches locales, les interactions entre administrations, autorités coutumières et arrangements communautaires. Ce contexte antérieur montre des institutions formelles inscrites dans des médiations déjà existantes ; il ne mesure pas les effets de l’élection d’octobre 2026. [12]
Les résultats disponibles ne constituent pas un audit du vote
L’annulation du scrutin initial reste connue à travers les comptes rendus de médias somaliens. La certification parlementaire du 13 octobre a pu être examinée dans une copie de sept pages reproduite par FTL Somalia, notamment son dispositif final ; l’original publié par la juridiction et les dossiers de procédure complets n’ont pas été obtenus. [10] Le détail des bureaux, les listes d’inscrits, les procès-verbaux de dépouillement et les éventuels rapports d’observation seraient nécessaires pour contrôler la participation et la concordance des résultats. Les chiffres agrégés ne permettent pas cette vérification.
Une observation civile indépendante est disponible pour le scrutin initial. Le rapport de SONSA sur le 30 juillet, fondé sur 52 observateurs dans six districts et 126 fiches, relève des opérations souvent ordonnées, mais aussi des restrictions d’accès, des atteintes au secret du vote et des pressions lors du dépouillement. Il ne certifie pas les résultats. Ces constats ne démontrent ni la répétition ni la disparition des difficultés lors de la reprise du 30 septembre. [11]
La formation complète du gouvernement régional et l’attribution des portefeuilles ne sont pas établies par les documents réunis. Le nouvel exécutif désigne donc, dans cet article, le dirigeant et son adjoint élus le 22 octobre. Aucune composition de cabinet n’est déduite du seul résultat présidentiel. Les annonces de nomination devront être documentées séparément.
Les programmes détaillés, les engagements financiers et un état des services publics au début du mandat manquent également. Leur absence empêche de chiffrer les marges d’action de la nouvelle direction ou d’évaluer une amélioration depuis son élection. Les félicitations d’autres responsables politiques ne remplacent ni ces données ni une mesure de la confiance des habitants.
Le mandat se jugera sur le contrôle et les services rendus
Une majorité importante peut faciliter l’adoption de décisions et la coordination entre l’exécutif et l’assemblée. Elle peut aussi réduire l’efficacité du contrôle si les commissions, les débats et les documents budgétaires ne permettent pas un examen contradictoire. Ce sont deux possibilités institutionnelles ; le nombre de sièges ne détermine pas à lui seul laquelle se réalisera.
Les prochaines pièces utiles seront les actes de nomination, le programme gouvernemental, le budget et les comptes rendus des premières séances. Pour suivre la dimension politique, il faudra aussi examiner les réponses aux griefs des organisations exclues et les conditions de leur activité future. Une reprise électorale résout une étape juridique ; la confiance se construit dans la durée, par des procédures accessibles et vérifiables.
Le Galmudug dispose désormais d’une nouvelle direction élue par son Parlement. Le fait est établi ; son effet sur la sécurité, les services et la participation reste à observer. L’évaluation ne peut être remplacée ni par le récit officiel d’une réussite achevée, ni par la conclusion que toute institution issue d’un processus contesté serait dépourvue de capacité d’action.
Les pièces publiques et les comptes rendus de la transition
[1] SONNA, Liibaan Axmed Xasan oo loo doortay xilka hoggaamineed ee Galmudug, 22 octobre 2026, résultat annoncé par la présidence de l’assemblée. [2] Chambre haute du Parlement fédéral somalien, communiqué de félicitations aux dirigeants élus du Galmudug, 22 octobre 2026.
[3] Hiiraan Online, Somali Supreme Court annuls Galmudug election results, orders fresh vote, 24 août 2026. [4] Dawan Africa, Towfiiq Party Urges Electoral Commission to Reverse Exclusion From Galmudug Rerun, 27 septembre 2026 ; positions attribuées à la commission et à Towfiiq.
[5] Dawan Africa, Justice and Solidarity Party Wins Big in Galmudug Re-Run Election, publié le 2 octobre 2026, compte rendu daté du 30 septembre. [6] Hiiraan Online, Galmudug State election winners announced after supreme court certifies rerun results, 14 octobre 2026.
[7] Hiiraan Online, JSP secures all three Galmudug parliamentary leadership positions, 19 octobre 2026. [8] Shabelle Media Network, Galmudug elects new leadership as Somali president offers congratulations, 22 octobre 2026. [9] Somalia Today, Somalia’s Galmudug elects new president and vice-president, 22 octobre 2026. Consultation arrêtée au 1er novembre 2026 ; absence d’audit direct des opérations électorales.
[10] Cour suprême de Somalie, décision du 13 octobre 2026 sur les résultats parlementaires du Galmudug du 30 septembre, copie de sept pages reproduite par FTL Somalia, notamment pages 6 et 7 ; original judiciaire non obtenu.
[11] Somalia Non-State Actors (SONSA), Civil Society Election Observation Report on the Galmudug Local Council and House of Representatives Elections, août 2026, observation du 30 juillet ; méthode, synthèse et limites, pages 1–6.
[12] Winluck Wahiu et Adem Kassie Abebe, International IDEA, From Substate Governance to Constitution-building at the Centre: A View from Somalia, 2025 ; recherche historique et institutionnelle antérieure au scrutin.
[13] Hiiraan Online, New Galmudug parliament sworn in ahead of leadership elections, 17 octobre 2026 ; prestation de serment des députés du 16 octobre.

