Illustration de synthèse — scène fictive d’une adulte examinant un budget locatif dans un logement réunionnais.Illustration de synthèse — scène fictive et conceptuelle créée pour accompagner l’analyse. Les personnages et le décor ne représentent pas une photographie documentaire de l’événement.

POLINT-015 — Illustration de synthèse — scène fictive d’une adulte examinant son budget de logement à La Réunion. Cette image ne représente aucun allocataire réel et ne promet aucun montant d’aide individuel.

Article actualisé le 2 novembre 2026. La date de première publication est conservée.

Une hausse du barème qui ne préjuge pas du versement individuel

Les paramètres de dépense de logement servant au calcul des aides personnelles ont été revalorisés pour les prestations dues à compter du 1er octobre 2026. L’arrêté du 28 septembre, publié au Journal officiel du 30 septembre, retient une évolution de 1,15 % de l’indice de référence des loyers. Il modifie également des paramètres spécifiques à l’outre-mer. La Réunion entre dans le champ des adaptations prévues par la réglementation. [1]

Pour un ménage réunionnais, cette évolution ne signifie pas que le montant crédité sur son compte augmentera nécessairement de 1,15 %. Le calcul dépend de plusieurs paramètres et de la situation du foyer. L’enjeu est donc de comprendre ce qui a changé dans la règle, puis d’examiner le droit effectivement calculé. Une hausse de barème et une hausse de prestation individuelle sont deux informations différentes.

La date d’effet ne se confond pas avec l’échéance de paiement. Pour les ALF et ALS, le calendrier des prestations d’octobre 2026 prévoit le jeudi 5 novembre, avec un délai bancaire possible. L’APL suit un calendrier distinct. Au 1er novembre, cette échéance des ALF et ALS reste donc à venir ; elle ne constitue pas une preuve de paiement individuel. [10]

Un soutien qui concerne une part importante des ménages

L’étude de la Caf de La Réunion publiée en juillet 2025 recense 112 373 foyers bénéficiaires d’une aide au logement en 2024. En incluant les conjoints et les personnes à charge, elle compte 261 993 personnes couvertes et environ 416 millions d’euros versés sur l’année. Le document indique également un montant mensuel moyen d’environ 308 euros, mais sa dernière page le rattache à 2023. Les données d’effectifs et de dépenses mesurent l’importance du dispositif en 2024 ; elles ne décrivent ni le nombre de bénéficiaires ni le montant moyen après la revalorisation d’octobre 2026. [2]

Un bilan plus récent de la Caf, publié en mai 2026 et consacré à 2025, recense 111 951 allocataires d’une aide au logement et 258 497 personnes couvertes. Il complète le contexte de 2024, sans mesurer les bénéficiaires effectifs de la revalorisation d’octobre 2026. [11]

Le contexte locatif doit lui aussi être daté. La série publique sur le loyer moyen du parc social réunionnais donne 6,71 euros par mètre carré en 2025, contre 6,48 euros en 2024. [3] Une moyenne du parc social n’est pas un indice de révision de chaque bail. Elle ne doit pas être confondue avec les loyers du secteur privé ou avec le loyer plafond utilisé dans le calcul des prestations.

Ces distinctions permettent d’éviter une lecture trompeuse du pouvoir d’achat. Une aide peut évoluer alors que le loyer, les charges et les revenus du ménage changent à des rythmes différents. Pour apprécier l’effet de la mesure, il faut suivre le budget du logement dans son ensemble, en conservant des périodes et des catégories comparables.

Des montants de calcul spécifiques à l’outre-mer

L’arrêté actualise notamment le forfait de charges applicable dans le cadre ultramarin : 41,15 euros pour une personne seule ou un couple sans personne à charge, avec 10,59 euros par personne supplémentaire à charge. Pour certaines situations de colocation, un autre montant est prévu. Ces valeurs sont des composantes réglementaires du calcul ; elles ne correspondent pas à un remboursement individuel des factures d’eau, d’électricité ou des charges réelles. [1]

Avant cette revalorisation, les valeurs correspondantes étaient de 40,68 euros et de 10,47 euros. L’écart de 47 centimes sur le premier forfait décrit la variation d’un paramètre, sans déterminer à lui seul le gain final du ménage. [8]

La Caf publie par ailleurs des tableaux de loyers plafonds différenciés selon la zone, la composition familiale et la situation de location ou de colocation. [4] Le montant du loyer retenu pour une aide peut ainsi être inférieur à celui réellement demandé au locataire. Une revalorisation du plafond ne modifie pas le contrat de bail et ne garantit pas la prise en charge de toute augmentation de loyer.

La désignation de l’aide doit également être précise. La page réunionnaise consacrée aux étudiants distingue, selon la situation, l’allocation de logement sociale et l’allocation de logement familiale. [5] Employer indistinctement le sigle APL pour tous les versements peut masquer des différences de régime. Pour une situation individuelle, la notification et les informations de la Caf permettent d’identifier la prestation concernée.

L’APL dispose par ailleurs d’un cadre juridique pour certains logements-foyers et résidences sociales à La Réunion. Le décret du 3 avril 2023 organise leur conventionnement, notamment pour les structures accueillant des personnes âgées ou handicapées. Ce texte ne permet pas de compter les logements effectivement conventionnés dans l’île. [9]

Le recalcul des ressources peut modifier l’effet de la hausse

La Caf explique que la base de ressources des aides personnelles au logement est actualisée chaque trimestre, avec une période glissante de douze mois pour une partie importante des revenus. Des catégories de ressources suivent des règles particulières. Le loyer, la composition du foyer et la situation du logement participent également au calcul. [6] Une modification de ces données peut donc accompagner la revalorisation d’octobre et changer son effet visible.

Il faut raisonner sur le reste à charge : le loyer et les charges effectivement payés, diminués de l’aide reçue ou directement versée au bailleur. Un exemple purement arithmétique l’illustre. Si la dépense mensuelle de logement augmente de 15 euros et que l’aide progresse de 4 euros, le reste à payer augmente de 11 euros. Cet exemple n’est ni un cas observé ni une simulation réglementaire ; il montre pourquoi le seul pourcentage annoncé ne suffit pas.

De même, appliquer 1,15 % à la moyenne de 308 euros mentionnée dans l’étude de juillet 2025 ne fournirait pas le gain moyen réel de 2026. Cette opération mélangerait deux populations, deux dates et un taux qui porte sur des paramètres. Pour mesurer l’effet propre de la réforme, il faudrait comparer des calculs à situation identique avant et après la modification, puis distinguer les changements de composition des foyers et de revenus.

Le pouvoir d’habiter dépend aussi de l’offre locale

À La Réunion, le soutien au paiement du loyer participe à la capacité des ménages à rester dans leur logement ou à accéder à une location. Il ne crée pas directement de logements supplémentaires. Son effet doit être rapproché de la disponibilité de biens décents, des conditions demandées par les bailleurs et de la localisation des emplois et des services. Cette analyse des mécanismes ne permet pas d’attribuer à la mesure une évolution du marché encore non mesurée.

Les locataires, les bailleurs et les organismes sociaux sont concernés de façons différentes. Une aide peut alléger la dépense d’un ménage et sécuriser le paiement du loyer. Pour déterminer dans quelle proportion elle bénéficie durablement au locataire, il faudrait suivre les loyers, les impayés et les revenus. Les documents consultés ne permettent pas d’affirmer que la revalorisation d’octobre a été absorbée par les bailleurs ni qu’elle a amélioré uniformément le niveau de vie.

Les données de revenus publiées par l’Insee le 6 octobre 2026 décrivent une pauvreté touchant 36,4 % de la population réunionnaise en 2023. Elle concerne 47,4 % des ménages locataires et 26,2 % des propriétaires. Ces résultats précèdent la revalorisation et ne sont pas directement comparables aux millésimes antérieurs, en raison de la refonte de Filosofi en 2023. [12]

Le point de départ doit rester l’expérience des habitants. Pour une famille, un droit théorique n’apporte de marge financière que s’il est connu, demandé lorsque nécessaire et correctement calculé. La Caf de La Réunion invite les personnes non bénéficiaires à simuler leurs droits et oriente les ménages en difficulté de paiement vers ses dispositifs, avec une documentation élaborée avec l’ADIL. [7] L’accès à l’information fait ainsi partie de l’efficacité pratique de la prestation.

Les données d’octobre ne permettent pas encore un bilan social

Le texte réglementaire établit la date et les paramètres de la modification. Il ne fournit pas une évaluation de son effet sur les ménages réunionnais. Le dossier documentaire ne contient pas de bilan local consolidé des prestations dues au titre d’octobre 2026, ventilé par type de foyer et par régime d’aide. Il serait donc prématuré de chiffrer un gain total pour l’île à partir des seules statistiques antérieures.

Une évaluation devrait distinguer le droit calculé, le paiement réalisé et les éventuelles régularisations. Elle devrait aussi isoler les variations liées aux ressources ou à un changement de logement. Un montant reçu différent de celui du mois précédent ne prouve pas, à lui seul, une erreur de la Caf ou l’absence d’application de la revalorisation.

Il manque également une mesure des personnes éligibles qui ne demandent pas l’aide. Le nombre de bénéficiaires ne permet pas de calculer ce non-recours sans connaître la population éligible. Des données agrégées, complétées par l’expérience des associations et des services d’accompagnement, seraient nécessaires pour apprécier les difficultés d’accès. Aucun dossier personnel d’allocataire n’a été examiné pour cet article.

Un bilan utile devra suivre le reste à charge

Si les autres éléments restent stables, la revalorisation des paramètres peut améliorer le résultat du calcul pour certains foyers. Si les ressources augmentent ou si la composition familiale change, le versement peut évoluer autrement. Si le loyer et les charges progressent davantage que l’aide, le ménage peut conserver une pression accrue sur son budget. Ces situations sont compatibles avec une même règle de revalorisation.

La qualité de l’information publique se mesurera à sa capacité à expliquer ces écarts. Un bilan local pourrait comparer le montant d’aide et le reste à charge selon le parc locatif, la taille du foyer et le niveau de revenus, sans exposer les personnes. Il permettrait de déterminer quels ménages disposent d’une marge supplémentaire et quels besoins demeurent.

La mesure du 1er octobre est donc établie et son mécanisme identifiable. Son effet distributif à La Réunion reste à observer. Pour les habitants, l’indicateur décisif sera la dépense de logement qui subsiste une fois les droits calculés et les paiements effectués.

Les textes et statistiques à distinguer pour vérifier la mesure

[1] Arrêté du 28 septembre 2026 relatif au calcul des aides personnelles au logement et de l’aide à l’accession sociale et à la sortie de l’insalubrité spécifique à l’outre-mer, NOR VLOL2620735A, Journal officiel du 30 septembre 2026, articles 1 à 3 ; dispositions ultramarines de l’arrêté du 27 septembre 2019 modifié.

[2] Caf de La Réunion, Analyses & Études, n° 42, juillet 2025, Les foyers bénéficiaires d’une aide personnelle au logement en 2024. [3] Insee, série 001779751, Loyer moyen dans le parc locatif social — La Réunion, publication du 5 février 2026, source ministérielle.

[4] Caisse nationale des allocations familiales, Barème aides au logement au 1er octobre 2026. [5] Caf de La Réunion, Aide au logement étudiant. [6] Caf, Les aides personnelles au logement, présentation du calcul et des ressources.

[7] Caf de La Réunion, Simulez votre droit à l’allocation logement et en cas d’impayés consultez notre dépliant, 10 mars 2026. Les sources juridiques établissent la règle ; les statistiques de 2024 et 2025 servent uniquement de contexte. Consultation arrêtée au 1er novembre 2026.

[8] Légifrance, article 46 de l’arrêté du 27 septembre 2019, version en vigueur au 23 mars 2026 : forfaits ultramarins antérieurs à octobre 2026.

[9] Légifrance, décret n° 2023-248 du 3 avril 2023, Journal officiel du 4 avril 2023 : conventionnement APL des logements-foyers et résidences sociales dans les départements ultramarins.

[10] Service Public / DILA, calendrier 2026 des versements de prestations Caf, 9 décembre 2025 ; Caf, FAQ logement, paiement des ALF/ALS à terme échu et calendrier distinct de l’APL.

[11] Caf de La Réunion, Analyses & Études, n° 45, mai 2026, Les prestations versées par la Caisse d’allocations familiales de La Réunion en 2025, page 3.

[12] Magali Bonnefont, Insee Flash Réunion, n° 317, 6 octobre 2026, À La Réunion, la pauvreté est toujours élevée : revenus et pauvreté en 2023.

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