POLINT-008 — Image de synthèse — photomontage éditorial de Herinjatovo Aimé Ramiarison, ministre malgache de l’Économie et des Finances, d’après le portrait officiel de la Primature. Le bureau, les dossiers et la vue urbaine sont composés symboliquement ; aucune réunion ni infrastructure financée ou achevée n’est attestée par cette image.
Article actualisé le 1 novembre 2026. La date de première publication est conservée.
Le gouvernement malgache a consacré une séance, le 21 octobre, aux arbitrages du projet de loi de finances initiale pour 2027. Les demandes d’investissement dépassent largement l’enveloppe évoquée pour leur répartition. Le choix des priorités intervient alors que l’administration reconnaît des retards d’exécution du budget 2026. L’enjeu sera de financer des projets réalisables et d’en rendre les résultats visibles. [1, 4]
À Ambohijanaka, les priorités doivent entrer dans une enveloppe limitée
La séance organisée à l’Espace Fenitra Ambohijanaka, sous la direction du Premier ministre Mamitiana Rajaonarison, porte sur le cadrage et les priorités présentés par le ministère de l’Économie et des Finances. La Primature précise que ses conclusions doivent servir à finaliser le projet. Ce stade correspond à la sélection gouvernementale des choix budgétaires ; il ne vaut ni vote parlementaire ni autorisation définitive de dépenser. [1]
Les routes, l’eau et l’électricité figuraient déjà parmi les priorités évoquées par le Premier ministre Mamitiana Rajaonarison à l’ouverture de la session parlementaire, le 20 octobre, selon le compte rendu de 2424.mg. Cette déclaration indique une orientation gouvernementale, sans fournir une répartition définitive des crédits entre ces secteurs. [9]
Un arbitrage devient nécessaire lorsque plusieurs besoins légitimes se disputent les mêmes ressources. Financer une route, renforcer un réseau électrique ou pourvoir des postes publics engage des coûts différents, parfois sur plusieurs années. Le gouvernement doit alors expliciter les critères qui conduisent à retenir une dépense, à la redimensionner ou à la différer.
L’intérêt du budget 2027 se situe dans cette hiérarchie. Une liste de secteurs prioritaires peut rassembler l’adhésion sans révéler les choix effectifs. Les montants, les territoires bénéficiaires, la maturité des projets et les charges futures permettront de voir comment les orientations annoncées se traduisent dans l’action publique.
La préparation gouvernementale rejoint la session budgétaire
Le ministère des Finances indique avoir rencontré, le 4 septembre à Anosy, des représentants de la société civile, après des échanges avec le secteur privé. Les discussions portaient sur la relance économique, les enjeux sociaux et l’accès à l’eau et à l’électricité. Cette consultation fait partie de la préparation du budget ; elle ne constitue pas une validation populaire du futur texte. [3]
Le 20 octobre, l’Assemblée nationale ouvre sa deuxième session ordinaire. Son président, Siteny Randrianasoloniaiko, place l’examen du projet de loi de finances 2027 parmi les travaux centraux et évoque les moyens nécessaires à l’organisation des élections. Le communiqué parlementaire ne fournit ni une enveloppe électorale définitive ni un calendrier de scrutin. [2]
La loi organique sur les finances prévoit la préparation du projet sous l’autorité du Premier ministre, sa délibération en Conseil des ministres et son dépôt initial à l’Assemblée nationale. Elle distingue aussi les lois qui autorisent les ressources et les charges de celles qui constatent les résultats d’un exercice. Ces étapes servent à séparer l’intention gouvernementale, l’autorisation et le bilan. [5]
Le cadre a été mobilisé récemment : dans sa décision du 15 juillet 2026 sur la loi de finances rectificative, la Haute Cour constitutionnelle rappelle le rôle de la loi organique et contrôle les documents budgétaires associés. Cet épisode concerne le budget 2026 ; il ne permet pas de présumer la conformité d’un texte pour 2027 encore à examiner. [7]
Les demandes d’investissement donnent la mesure de la sélection
Selon la présentation de la Primature, 724 projets représentent 28 680 milliards d’ariary de demandes, face à une enveloppe à répartir de 1 000 milliards. Ce rapprochement montre l’ampleur de la sélection attendue. Il ne faut cependant pas qualifier ces 1 000 milliards de totalité de l’investissement public : le communiqué ne détaille pas suffisamment leur périmètre pour cette conclusion. [1]
Le cadrage présenté par la Primature retient une croissance de 5,1 % pour 2027 et une estimation de 4,1 % pour 2026. Le FMI, dans sa communication du 30 septembre, projetait encore 3,8 % pour 2026. Les dates et les auteurs diffèrent. Cet écart ne permet pas, à lui seul, de conclure à une erreur ou à une manipulation ; les hypothèses sous-jacentes doivent être comparées. [1][8]
Les demandes ne sont pas des crédits antérieurement acquis. On ne peut donc transformer l’écart entre souhaits de financement et enveloppe en annonce de coupes équivalentes dans des dépenses déjà autorisées. Il faudrait connaître l’origine des projets, leurs financements existants et la part nouvelle sollicitée pour mesurer précisément l’effort demandé.
Le ministère de l’Économie et des Finances fournit un autre éclairage dans son point du 7 octobre : il annonce un taux global d’exécution de 44,2 %, avec 20,3 % pour les projets d’investissement sur financement extérieur et 63,7 % pour ceux sur financement intérieur. Ces chiffres sont des données administratives déclarées. La page ne détaille pas les catégories du taux global ni tous les dénominateurs nécessaires à une comparaison approfondie. [4]
Le Premier ministre fixe alors l’objectif de parvenir à 100 % des engagements le 2 novembre. L’engagement constitue une étape préalable au paiement ; il ne démontre pas que le paiement a été réalisé ou qu’un ouvrage est terminé. À la date de rédaction, l’échéance n’est pas encore passée et aucun bilan final ne peut être déduit de cette instruction. [4]
Choisir un projet suppose de financer aussi son fonctionnement
Le coût d’un investissement ne se limite pas à sa construction. Un centre de santé demande du personnel et des fournitures ; une route doit être entretenue ; un équipement électrique nécessite une exploitation durable. Ces exemples expliquent pourquoi un arbitrage sérieux doit rapprocher investissement initial, dépenses futures et capacité de gestion.
Un projet très attendu peut rester difficile à engager si les études, les terrains, les marchés ou les modalités de financement ne sont pas prêts. À l’inverse, privilégier uniquement les dossiers immédiatement exécutables risquerait d’écarter des besoins importants mais moins bien préparés. Le choix devrait donc combiner urgence sociale, faisabilité et préparation des opérations à venir.
La loi organique prévoit des annexes détaillant les programmes, les recettes, les dépenses, les effectifs et les investissements. Ces documents sont essentiels pour comprendre ce qui est réellement soumis au contrôle des représentants. Ils permettent de dépasser les annonces sectorielles et de rapprocher un objectif des moyens qui lui sont affectés. [5]
L’accélération de l’exécution ne devrait pas conduire à considérer toute dépense rapide comme une bonne dépense. La qualité des marchés, l’utilité du projet et le contrôle du service rendu demeurent nécessaires. L’enjeu est de réduire les blocages sans rendre les décisions moins traçables.
Les choix nationaux doivent pouvoir être discutés dans les territoires
Le ministère affirme vouloir associer la société civile à la préparation et au suivi du budget. Pour donner une portée vérifiable à cette démarche, il faudrait pouvoir relier les contributions reçues aux arbitrages : propositions retenues, motifs d’exclusion, montants et calendrier. La tenue d’une réunion atteste une consultation ; elle ne démontre pas encore l’influence exercée sur les décisions. [3]
Les collectivités, les professionnels de terrain et les usagers apportent des informations que les agrégats nationaux ne montrent pas. Un même investissement peut avoir des effets très différents selon l’état des infrastructures voisines, la disponibilité d’agents ou la distance aux services. La répartition territoriale doit donc être examinée avec les besoins et les capacités locales.
Le FMI intervient aussi dans ce contexte. Après sa mission du 5 au 9 octobre, il décrit une exécution budgétaire ralentie par des obstacles administratifs et appelle à renforcer la mobilisation des recettes et le suivi des réformes. Cette appréciation est celle des services du Fonds ; elle ne se substitue ni à la décision des autorités malgaches ni au contrôle de leurs institutions. [6]
Le communiqué du FMI du 30 septembre recommande par ailleurs la mise en œuvre du redressement de la JIRAMA et le rétablissement complet du mécanisme automatique des prix des carburants d’ici janvier 2027, avec des mesures ciblées pour les plus vulnérables. Il s’agit d’orientations de programme à suivre, pas de la preuve que tous ces changements sont déjà appliqués. Leur coût social et leur financement devront être rendus explicites. [8]
Les chiffres définitifs et les projets retenus restent à obtenir
Le communiqué du 21 octobre ne fournit pas une liste complète des projets sélectionnés ni leur ventilation par territoire et par source de financement. Il annonce des éléments de cadrage, mais l’article n’a pas obtenu une version finale authentifiée du projet accompagnée de toutes ses annexes. Il ne peut donc confirmer ni le montant définitivement retenu pour chaque secteur ni l’ensemble des autorisations futures.
Les besoins de recrutement évoqués pendant l’arbitrage doivent également être distingués des postes autorisés, des concours organisés et des agents effectivement affectés. Pour évaluer l’effet sur une école ou un service, il faudra suivre toute cette chaîne, ainsi que les dépenses salariales correspondantes. Une priorité de recrutement n’est pas encore une présence supplémentaire sur le terrain.
Les données de recettes appellent la même prudence. La fiabilité d’un budget dépend de la capacité à recouvrer les montants prévus, mais aussi du calendrier des dons et financements. Des écarts peuvent obliger à différer des paiements même lorsque les crédits sont ouverts. Sans tableau complet de financement et d’exécution, il serait hasardeux de calculer un déficit ou une marge de manœuvre à partir de quelques chiffres de communication.
Enfin, les appels à lutter contre la fraude, la corruption ou les responsabilités humaines dans les retards ne constituent pas des conclusions d’audit sur des personnes identifiées. Un retard doit être expliqué et contrôlé ; sa seule existence ne suffit pas à démontrer un détournement.
L’exécution de 2027 départagera les annonces
Une première trajectoire serait une sélection plus resserrée de projets prêts à produire des résultats, accompagnée d’une publication des critères et d’un suivi des dépenses. Elle permettrait de comparer les engagements aux réalisations et de corriger les retards avant qu’ils ne deviennent permanents.
Une deuxième trajectoire serait la dispersion des ressources entre de nombreuses opérations insuffisamment financées. Le risque serait alors de multiplier les démarrages sans assurer l’achèvement ni le fonctionnement. Pour l’éviter, il faudrait connaître le coût restant de chaque opération et les engagements déjà pris sur les exercices suivants.
Une troisième trajectoire serait un choc de recettes, de financement ou de coûts qui impose de nouveaux arbitrages en cours d’année. La préparation de marges d’ajustement et la protection explicite des services essentiels rendraient ces choix plus lisibles. Aucun de ces scénarios n’est acquis. Le budget sera jugé à sa capacité à transformer des ressources publiques en services durables, dans des conditions que les citoyens peuvent vérifier.
Les documents qui séparent cadrage, autorisation et réalisation
[1] Primature, « Projet de loi de finances initiale 2027 : le Gouvernement a procédé aux arbitrages budgétaires », 21 octobre 2026.
[2] Assemblée nationale, « Ouverture de la session budgétaire », 20 octobre 2026 : programme d’examen et moyens électoraux évoqués.
[3] Ministère de l’Économie et des Finances, « Consultations budgétaires 2027 : le dialogue se poursuit avec la société civile », rencontre du 4 septembre 2026.
[4] Ministère de l’Économie et des Finances, « Exécution budgétaire 2026 : le Gouvernement fixe le cap du 2 novembre », séance et données du 7 octobre 2026.
[5] Loi organique no 2004-007 du 26 juillet 2004 sur les lois de finances, notamment articles 2, 44 et 45 ; version publiée par le ministère.
[6] FMI, communiqué no 26/333, fin de mission à Madagascar, 12 octobre 2026.
[7] Haute Cour constitutionnelle, décision no 12-HCC/D3 du 15 juillet 2026 sur la loi de finances rectificative pour 2026.
[8] FMI, communiqué no 26/312 du 30 septembre 2026, conclusion des troisième et quatrième revues des programmes FEC et FRD.
[9] 2424.mg, « Budget 2027 – Les routes, l’eau et l’électricité parmi les priorités du gouvernement », 20 octobre 2026 ; propos attribués au Premier ministre.

