Le Franchissement du Rubicon
Au petit matin du janvier 2026, l’histoire des relations interaméricaines a basculé dans une nouvelle ère de confrontation directe et brutale. L’opération « Résolution Absolue », menée par les forces spéciales américaines de la Delta Force et appuyée par la CIA, n’a pas seulement abouti au kidnapping et à la déportation du président vénézuélien Nicolás Maduro et de son épouse Cilia Flores vers une prison fédérale de Brooklyn. Elle a également déclenché, sur le sol américain, une crise de légitimité sans précédent, révélant les fractures béantes d’une démocratie sous tension. Alors que l’administration Trump célébrait une opération « brillante » et sans pertes américaines, une vague de contestation s’est levée dans plus de cent villes à travers les États-Unis, dénonçant ce que beaucoup considèrent comme un acte de guerre illégal et une violation flagrante de la souveraineté nationale d’un État étranger.
Cet article d’investigation se penche sur la réaction de l’appareil d’État américain face à cette dissidence intérieure. Loin d’être une simple gestion de l’ordre public, la réponse des autorités fédérales et locales dessine les contours d’une nouvelle doctrine de sécurité intérieure où l’activisme anti-guerre est systématiquement criminalisé, la presse entravée, et l’opposition politique assimilée à une trahison ou à une influence étrangère malveillante. À travers l’analyse de milliers de documents, de témoignages de terrain et d’actes juridiques, nous mettons en lumière une stratégie coordonnée visant à étouffer la contestation par une combinaison de rhétorique incendiaire, de procédures judiciaires d’exception et de force policière militarisée.
Anatomie d’une Intervention et Genèse de la Colère
Pour comprendre la violence de la réaction étatique face aux manifestants, il est impératif de disséquer la nature de l’événement déclencheur. L’intervention au Venezuela ne fut pas une opération de police classique, mais une projection de puissance impériale assumée, justifiée par des impératifs économiques explicites.
La Logique de l’Extraction : « Nous allons reprendre le pétrole »
La justification officielle de l’administration Trump reposait sur des accusations de « narco-terrorisme », formalisées par un acte d’accusation dévoilé par la procureure générale Pam Bondi. Cependant, la rhétorique présidentielle a rapidement délaissé les arguments juridiques pour embrasser une logique de prédation économique. Lors d’une conférence de presse tenue peu après l’opération, le président Trump a déclaré sans ambages : « Les compagnies pétrolières vont entrer. … Nous allons reprendre le pétrole que, franchement, nous aurions dû reprendre il y a longtemps ».
Cette déclaration a agi comme un catalyseur pour les mouvements anti-guerre. Elle a confirmé, aux yeux des critiques, que l’opération n’était pas une mission humanitaire ou judiciaire, mais une guerre de ressources classique, un retour à la doctrine du « Gros Bâton » (Big Stick) en Amérique Latine. Le déploiement d’une armada navale massive dans les Caraïbes, le blocus pétrolier, et les frappes aériennes sur des infrastructures civiles et militaires à Caracas ont été perçus comme des actes d’agression illégaux au regard de l’article 2(4) de la Charte des Nations Unies.
La Mobilisation Immédiate : Une Convergence des Luttes
La nouvelle de l’enlèvement du président Maduro a provoqué une mobilisation quasi-instantanée. Des groupes comme la coalition ANSWER (Act Now to Stop War and End Racism), le Parti pour le Socialisme et la Libération (PSL), CodePink, et le mouvement « No Kings » ont organisé des manifestations d’urgence.
À Washington D.C., des rassemblements massifs ont eu lieu devant la Maison Blanche, organisés par ANSWER, le PSL et CodePink, avec des chants comme « No Blood for Oil ».
À New York, devant le Metropolitan Detention Center de Brooklyn, des actions de soutien à Nicolás Maduro et Cilia Flores ont conduit à des blocages de trottoirs, sous l’impulsion d’ANSWER et du PSL.
À Chicago, autour de Trump Tower et de Federal Plaza, le Chicago Teachers Union et le PSL ont mené des marches appelant à la fin de l’agression.
À San Francisco, une marche de plusieurs centaines de personnes a convergé depuis Powell et Market Streets vers la statue de Simón Bolívar, portée notamment par ANSWER et le PSL.
À Grand Rapids (Michigan), des manifestations locales ont été organisées par Grand Rapids Opponents of War, avec des arrestations ciblant des organisateurs.
Cette mobilisation hétéroclite, mêlant socialistes, syndicalistes, militants des droits civiques et membres de la diaspora vénézuélienne, a présenté un front uni contre l’interventionnisme. Cependant, cette unité a immédiatement été ciblée par l’appareil d’État comme une menace à la sécurité nationale, justifiant une réponse policière et judiciaire d’une sévérité croissante.
La Criminalisation de la Dissidence
L’aspect le plus alarmant de la gestion de cette crise par les autorités américaines réside dans le glissement sémantique et juridique opéré pour traiter les opposants politiques. L’administration ne s’est pas contentée de disperser des foules ; elle a cherché à redéfinir le statut même du manifestant.
La Fabrique de l’Ennemi Intérieur : Le Spectre du « Terrorisme Domestique »
Sous la direction du président Trump et de l’Attorney General Pam Bondi, le Département de la Justice (DOJ) et le Département de la Sécurité Intérieure (DHS) ont instrumentalisé la lutte contre le terrorisme pour cibler l’opposition politique.
Le Mémorandum NSPM-7
Le Mémorandum Présidentiel de Sécurité Nationale n°7 (NSPM-7), intitulé « Contre le terrorisme domestique et la violence politique organisée », constitue la pierre angulaire de cette stratégie. Ce document classifie explicitement les opinions “anti-capitalistes” et “anti-américaines” comme des indicateurs potentiels de terrorisme domestique. En pratique, cela permet aux Joint Terrorism Task Forces (JTTF) d’ouvrir des enquêtes sur des groupes pacifistes ou socialistes sous prétexte de prévenir la violence politique.
Le mémorandum instruit le Trésor et l’IRS d’enquêter sur les donateurs et les financeurs des groupes militants, cherchant à assécher les ressources des organisations de la société civile en les liant à des activités subversives. Pam Bondi a renforcé cette directive en ordonnant aux forces de l’ordre de « trouver et inculper » ceux qui financent ce qu’elle qualifie de chaos, visant explicitement les réseaux antifascistes (Antifa) et, par extension, toute contestation radicale.
L’Amalgame Antifa-Socialisme
L’administration a systématiquement amalgamé les manifestations contre la guerre au Venezuela avec les actions des groupes Antifa, désignés comme organisation terroriste domestique par décret présidentiel. Cette confusion délibérée permet d’appliquer des mesures de surveillance et de répression exceptionnelles à des manifestants pacifiques. Lors des manifestations de janvier 2026, des responsables du DHS ont qualifié les manifestants violents de « terroristes domestiques », une étiquette lourde de conséquences juridiques.
L’Accusation de « Cellules Socialistes » et d’Influence Étrangère
Une narrative parallèle, relayée par des médias conservateurs comme Fox News et soutenue par des enquêtes parlementaires, présente les manifestations non comme une expression démocratique, mais comme le résultat d’une opération d’influence étrangère coordonnée.
La Théorie du « Second Front »
Selon cette théorie, des organisations comme CodePink, le PSL et ANSWER constitueraient un « second front » ouvert par des « cellules socialistes » aux États-Unis pour soutenir Maduro. Cette rhétorique s’appuie sur les liens supposés entre ces groupes et Neville Roy Singham, un philanthrope basé à Shanghai, accusé de servir les intérêts du Parti Communiste Chinois (PCC).
L’Arme du FARA (Foreign Agents Registration Act)
En réponse à ces allégations, le DOJ, sous l’impulsion de sénateurs comme Marco Rubio et Lindsey Graham, a intensifié l’utilisation du Foreign Agents Registration Act (FARA) pour cibler les ONG anti-guerre.
Enquêtes Ciblées : Des enquêtes ont été ouvertes pour déterminer si ces groupes agissent en tant qu’agents non enregistrés de puissances étrangères (Chine, Venezuela, Cuba).
Effet de Frissons (Chilling Effect) : La simple menace d’une enquête FARA, accompagnée de demandes de documents et de communications internes, suffit souvent à paralyser une organisation et à dissuader ses donateurs.
Législation des États : Plusieurs États ont emboîté le pas en proposant des lois exigeant l’enregistrement des organisations recevant des fonds de « pays préoccupants », créant un maillage juridique hostile à la solidarité internationale.
La Rhétorique de la Trahison
Le discours officiel a atteint un sommet de violence verbale avec l’utilisation récurrente du terme « trahison » (treason). Le président Trump a suggéré que l’opposition à ses politiques, ou le soutien à des figures comme Maduro, pourrait constituer une trahison. Bien que la définition constitutionnelle de la trahison soit stricte (faire la guerre aux États-Unis ou adhérer à leurs ennemis), l’utilisation politique de ce terme vise à isoler moralement les dissidents et à préparer l’opinion publique à des mesures punitives extrêmes. Des figures de l’administration précédente et des lanceurs d’alerte ont déjà été menacés de poursuites pour trahison, créant un précédent inquiétant pour les activistes actuels.
Sur le Terrain – Tactiques Policières et Répression Physique
La criminalisation rhétorique s’est traduite sur le terrain par une réponse policière militarisée, caractérisée par une intolérance marquée envers les formes traditionnelles de désobéissance civile.
L’Affaire Jessica Plichta : Ciblage des Organisateurs
L’arrestation de Jessica Plichta à Grand Rapids, Michigan, est emblématique de cette stratégie de ciblage. Le janvier, alors qu’elle venait de terminer une interview télévisée avec la chaîne locale WZZM où elle dénonçait les « crimes de guerre » financés par les contribuables américains, Plichta a été arrêtée par la police de Grand Rapids.
Le Prétexte : Officiellement, elle a été inculpée pour « entrave à la voie publique » et refus d’obtempérer. Cependant, les images montrent qu’elle se trouvait sur le trottoir au moment de l’arrestation ou s’y dirigeait.
La Réalité : Elle fut la seule personne arrêtée parmi environ manifestants. Son statut d’organisatrice et sa visibilité médiatique semblent avoir motivé une action policière visant à « décapiter » le mouvement local. Plichta rapporte avoir été interrogée sur ses liens avec le Venezuela et fouillée de manière humiliante, suggérant une collecte de renseignements politiques sous couvert de maintien de l’ordre.
Los Angeles et le Mouvement « No Kings »
À Los Angeles, les manifestations contre l’intervention au Venezuela ont convergé avec le mouvement « No Kings », né en opposition aux tendances monarchiques perçues de la présidence Trump. La réponse du LAPD (Los Angeles Police Department) a été musclée.
Arrestations et Blessés : Au moins 13 personnes ont été arrêtées lors d’une manifestation le samedi soir. La police a utilisé des projectiles non létaux pour disperser la foule, causant des blessures.
Militarisation : La présence de la Garde Nationale, déployée préventivement pour protéger les bâtiments fédéraux, a contribué à une atmosphère d’état de siège. Les manifestants ont été confrontés à des dispositifs de type militaire, transformant les rues de la ville en zone de conflit.
New York : Le Siège du Metropolitan Detention Center
À Brooklyn, le Metropolitan Detention Center (MDC), où le président Maduro est détenu, est devenu l’épicentre de la contestation.
Confinement : La police a érigé des barricades massives pour empêcher les manifestants d’approcher l’entrée de la prison, forçant les rassemblements sur les trottoirs adjacents.
Tensions Communautaires : La police a dû gérer des confrontations entre les militants anti-guerre (comme Seth Galinsky du journal _The Militant_) et des membres de la diaspora vénézuélienne célébrant l’arrestation de Maduro. Cette gestion a souvent favorisé la dispersion des groupes anti-interventionnistes.
L’Utilisation des Équipes Tactiques Fédérales
L’administration a déployé des équipes tactiques de l’ICE et du DHS dans les grandes villes démocrates (Chicago, New York, Los Angeles). Bien que leur mandat officiel soit l’application des lois sur l’immigration, leur présence lors des manifestations, équipés de matériel anti-émeute et d’armes lourdes, sert d’outil d’intimidation massive. Ces unités, qui opèrent souvent sans identification claire, ont été impliquées dans des arrestations violentes de manifestants et de journalistes.
La Guerre contre l’Information
Le traitement des journalistes couvrant ces événements révèle une dégradation alarmante de la liberté de la presse aux États-Unis. La presse n’est plus considérée comme un témoin neutre, mais comme une cible ou, dans le cas des grands médias, comme un auxiliaire de l’État.
Arrestations et Harcèlement des Journalistes
Selon le U.S. Press Freedom Tracker, l’année 2025 et le début de 2026 ont vu une augmentation spectaculaire des arrestations de journalistes, la majorité se produisant lors de manifestations.
Cincinnati : Deux journalistes de _CityBeat_ ont été arrêtés et inculpés de crime (felony rioting) alors qu’ils couvraient une manifestation liée à l’immigration, illustrant la tendance à criminaliser le reportage.
Le Modèle « Catch and Release » : Une tactique courante consiste à détenir les journalistes pendant la durée de la manifestation pour les empêcher de documenter les actions policières, puis à les relâcher sans charge ou avec des charges mineures qui seront abandonnées plus tard. Cela constitue une forme de censure préventive extrajudiciaire.
Violence Physique : De nombreux journalistes ont rapporté avoir été bousculés, frappés ou aspergés de gaz poivre par les forces de l’ordre, malgré le port de signes distinctifs « PRESS ».
Le Silence Complice des Grands Médias
Un aspect troublant de cette crise est la collaboration de certains grands organes de presse avec l’administration. Des rapports indiquent que _The New York Times_ et _The Washington Post_ étaient informés de l’imminence de l’opération contre Maduro mais ont accepté de ne pas publier l’information à la demande de la Maison Blanche, invoquant la « sécurité opérationnelle ». Cette retenue contraste violemment avec le traitement réservé aux journalistes indépendants et locaux sur le terrain. Elle crée un système médiatique à deux vitesses : une presse d’élite qui coopère avec le pouvoir et bénéficie d’un accès privilégié, et une presse de terrain qui est physiquement et juridiquement réprimée.
La Rhétorique Anti-Média
Le président Trump continue de qualifier la presse d’« ennemi du peuple », une rhétorique qui, selon les experts, donne un « feu vert » implicite aux forces de l’ordre pour maltraiter les journalistes. Cette hostilité est désormais institutionnalisée par des politiques visant à restreindre l’accès à l’information et à surveiller les communications des journalistes soupçonnés de fuites.
L’Écho International et l’Isolement Américain
La répression intérieure aux États-Unis contraste fortement avec la réaction de la communauté internationale, isolant davantage Washington sur la scène mondiale.
Condamnation Globale
L’opération a été largement condamnée comme une violation du droit international.
Amérique Latine : Le président brésilien Lula da Silva a qualifié l’opération de « grave affront à la souveraineté », tandis que le président colombien Gustavo Petro a averti du dangereux précédent ainsi créé.
Puissances Rivales : La Chine et la Russie ont exigé la libération immédiate de Maduro, la Chine dénonçant une « violation flagrante » des normes internationales.
Nations Unies : Le Secrétaire général de l’ONU a remis en question la légalité de l’opération, soulignant l’absence de mandat du Conseil de sécurité.
La Diaspora Divisée
Aux États-Unis, la diaspora vénézuélienne est apparue divisée. À Doral, en Floride, des scènes de liesse ont éclaté, célébrant la fin d’un régime jugé dictatorial. Cependant, même parmi ceux qui s’opposent à Maduro, l’inquiétude grandit quant aux méthodes américaines et à l’avenir du pays sous une administration de facto américaine.
Analyse Juridique et Constitutionnelle
La réponse des autorités américaines soulève des questions fondamentales sur l’état de droit et l’équilibre des pouvoirs.
L’Absence d’Autorisation du Congrès
L’opération militaire a été lancée sans l’autorisation du Congrès, en violation apparente de la Constitution et de la Loi sur les Pouvoirs de Guerre (War Powers Resolution). Des sénateurs comme Tim Kaine ont dénoncé cette action comme une usurpation de pouvoir, soulignant que le président ne peut déclarer la guerre unilatéralement. L’administration invoque une « autorité constitutionnelle inhérente » (Article II), une interprétation expansive qui tend à rendre le pouvoir exécutif omnipotent en matière militaire.
La Dérive Autoritaire du FARA
L’utilisation du FARA pour cibler des groupes politiques domestiques représente un détournement de l’esprit de la loi. Conçue pour contrer la propagande nazie, cette loi devient un outil pour étiqueter l’opposition politique comme une « cinquième colonne ». En exigeant l’enregistrement de groupes militants comme « agents étrangers », le gouvernement les soumet à des contraintes administratives lourdes et à une stigmatisation publique, une tactique qui rappelle les lois sur les « agents étrangers » utilisées en Russie pour étouffer la société civile.
L’Immunité de Chef d’État
L’arrestation d’un chef d’État en exercice, Nicolás Maduro, viole le principe coutumier de l’immunité des chefs d’État, reconnu par le droit international et la jurisprudence américaine. Le professeur de droit David Cole souligne que cette action détruit les fondements de l’ordre international basé sur des règles, donnant un prétexte à d’autres puissances (comme la Russie ou la Chine) pour mener des actions similaires.
Perspectives Stratégiques et Implications
Les événements de janvier 2026 ne sont pas un incident isolé, mais le symptôme d’une transformation profonde de la gouvernance américaine.
Vers une Normalisation de la Répression
La convergence des tactiques policières militarisées, de la surveillance électronique (FISA) et de l’arsenal judiciaire (FARA, lois anti-terroristes) suggère que la répression de la dissidence va s’intensifier. L’administration semble déterminée à traiter l’opposition politique non comme une composante légitime de la démocratie, mais comme une menace sécuritaire à neutraliser.
L’Extension du Domaine de la Lutte
La menace de Trump de « diriger » le Venezuela et de prendre son pétrole indique une politique étrangère néo-coloniale décomplexée. Cela risque de provoquer une résistance accrue, non seulement à l’étranger, mais aussi à l’intérieur des États-Unis, où les mouvements sociaux lient de plus en plus les luttes anti-impérialistes aux combats pour la justice raciale et économique.
La Résilience de la Société Civile
Malgré la pression, la capacité des mouvements comme « No Kings » et des coalitions anti-guerre à mobiliser rapidement des milliers de personnes démontre une résilience significative. Les tentatives de criminalisation, tout en créant un climat de peur, pourraient paradoxalement renforcer la détermination des militants qui voient dans ces actions la confirmation de la dérive autoritaire qu’ils dénoncent.
En définitive, l’agression des États-Unis sur le Venezuela en janvier 2026 a agi comme un révélateur des pathologies de la démocratie américaine contemporaine. En projetant sa force militaire à l’étranger pour capturer un chef d’État et s’emparer de ressources, l’administration Trump a simultanément déclaré la guerre à une partie de sa propre population. Le traitement des manifestants, des activistes et des journalistes — arrêtés, surveillés, diffamés et criminalisés — témoigne d’une volonté de l’exécutif de s’affranchir des contre-pouvoirs constitutionnels et des normes démocratiques.
L’arrestation de Jessica Plichta en direct à la télévision, la transformation de militants pacifistes en « agents étrangers » potentiels, et la militarisation des rues de Washington et de Los Angeles ne sont pas des dérapages, mais les éléments constitutifs d’une nouvelle doctrine de l’ordre. Alors que les États-Unis prétendent exporter la liberté au Venezuela, les libertés fondamentales sur leur propre sol semblent plus précaires que jamais, sacrifiées sur l’autel de la « Résolution Absolue ».

