Le Parlement est installé ; le gouvernement, lui, ne l’est pas encore
Deux semaines après les élections législatives du 13 septembre, les 349 membres du nouveau Riksdag se sont réunis le 28 septembre pour l’appel nominal et l’installation des premières instances parlementaires. Andreas Norlén, du Parti modéré, a été réélu président du Riksdag pour la législature 2026-2030.
Cette installation ne signifie pas qu’un nouveau gouvernement a déjà été formé.
Le gouvernement d’Ulf Kristersson exerce depuis le 17 septembre en qualité de gouvernement intérimaire. Magdalena Andersson avait été chargée d’examiner la possibilité de former un gouvernement susceptible d’être toléré par le Parlement, mais elle a mis fin à cette mission le 28 septembre. Andreas Norlén poursuit donc les consultations.
Au matin du 30 septembre, le président devait rencontrer individuellement les représentants des sept autres partis avant de consulter les vice-présidents et d’informer le roi. Les sources officielles consultées au moment de cette rédaction ne publient pas encore un nouveau candidat chargé de former le gouvernement. Il serait donc prématuré d’en annoncer un.
Le Parlement, en revanche, peut déjà organiser son propre fonctionnement.
Une assemblée issue d’un scrutin très serré
Les résultats définitifs publiés par l’Autorité électorale attribuent 99 sièges aux sociaux-démocrates, 70 aux modérés, 62 aux Démocrates de Suède, 30 au Parti de gauche, 25 au Parti du centre, 22 aux chrétiens-démocrates, 22 aux Verts et 19 aux libéraux.
Le taux de participation a atteint 84,9 %, pour plus de 6,8 millions de votants. Les sociaux-démocrates ont obtenu 28,02 % des suffrages, devant les modérés à 19,85 % et les Démocrates de Suède à 17,48 %.
Ces résultats déterminent les rapports numériques au Riksdag ; ils ne définissent pas automatiquement une coalition gouvernementale.
La procédure suédoise repose sur la tolérance parlementaire : un candidat au poste de Premier ministre n’a pas besoin d’obtenir une majorité absolue de votes favorables, mais il ne doit pas rencontrer une majorité absolue de votes contre lui. La constitution du Parlement et celle du gouvernement sont donc deux processus liés mais distincts.
Le 17 septembre, après la demande d’Ulf Kristersson d’être relevé de ses fonctions, le président avait commencé les consultations de formation gouvernementale. L’administration en place demeure chargée des affaires courantes ou urgentes jusqu’à la nomination d’un nouveau gouvernement.
Andreas Norlén réélu après un vote secret
Deux candidats ont été présentés pour la présidence du Riksdag.
Andreas Norlén a recueilli 200 voix, contre 146 pour Johanna Haraldsson, avec un bulletin invalide. Il conserve ainsi la présidence qu’il exerçait déjà.
Le Parlement a ensuite choisi trois vice-présidents : Johanna Haraldsson comme première vice-présidente, Julia Kronlid comme deuxième vice-présidente et Kerstin Lundgren comme troisième vice-présidente. Les deux premières ont été élues par acclamation ; le choix de la troisième vice-présidente a nécessité deux scrutins secrets face à Håkan Svenneling.
Ces fonctions ne déterminent pas le contenu des politiques publiques. Le président organise le travail du Riksdag et joue un rôle central dans le processus de désignation du Premier ministre. Les vice-présidents peuvent le remplacer dans ses fonctions parlementaires.
L’élection d’un président issu d’un parti ne transforme pas la présidence en direction partisane du Parlement : l’exercice de la fonction obéit à des responsabilités institutionnelles distinctes de l’appartenance politique du titulaire.
Les groupes parlementaires et la commission des nominations sont également installés
Les huit partis ont simultanément annoncé leurs nouveaux chefs de groupe.
Lena Hallengren représente le groupe social-démocrate, Mattias Karlsson les modérés, Linda Lindberg les Démocrates de Suède, Samuel Gonzalez Westling le Parti de gauche, Daniel Bäckström le Parti du centre, Camilla Brodin les chrétiens-démocrates, Annika Hirvonen les Verts et Lina Nordquist les libéraux.
Le Riksdag a aussi désigné une commission des nominations chargée de préparer la composition des commissions parlementaires et d’autres organismes.
Cette étape est importante mais provisoire : les membres des commissions doivent être élus par le Parlement au plus tard le 6 octobre. Le 30 septembre, le Riksdag doit d’abord décider du nombre de sièges dans chacune des commissions selon la proposition préparée par la commission des nominations.
Le 6 octobre doivent également être élus les membres de la commission des affaires européennes, du conseil d’administration du Riksdag et du Conseil consultatif des affaires étrangères. D’autres instances parlementaires seront complétées lors des semaines suivantes.
L’expression « installe ses instances » décrit donc un processus qui commence le 28 septembre et ne s’achève pas ce jour-là.
L’ouverture solennelle ne produit pas elle-même de majorité
Le 29 septembre, le roi a déclaré ouverte la session parlementaire 2026-2027 à la demande du président du Riksdag. Cette cérémonie marque le début du nouvel exercice parlementaire ; elle n’est pas un vote de confiance et ne crée pas un gouvernement.
Le 28 septembre avait également commencé la période générale de dépôt des motions individuelles. Les députés peuvent pendant cette période déposer des propositions portant sur les matières relevant du Parlement.
Le Riksdag dispose donc déjà de ses élus, de sa présidence et de sa capacité à commencer le travail parlementaire, alors que les négociations gouvernementales continuent.
Cette dissociation protège une continuité institutionnelle : l’absence temporaire d’un nouvel exécutif ne signifie pas l’absence d’un Parlement légalement constitué.
Elle permet aussi d’éviter une lecture personnalisée de la politique suédoise. Les pouvoirs ne se concentrent pas dans une seule fonction : présidence du Riksdag, commissions, groupes parlementaires et gouvernement disposent de responsabilités différentes.
Pour les Afro-Suédois, citoyenneté et résidence déterminent les droits électoraux
Une lecture afrocentrique doit distinguer origine et statut civique.
Un citoyen suédois afrodescendant remplissant les conditions générales dispose du même droit de vote au Riksdag que les autres citoyens. En revanche, un résident africain qui ne possède pas la citoyenneté suédoise ne peut pas voter aux élections législatives nationales, même s’il peut, sous certaines conditions, participer aux élections municipales et régionales.
Pour les ressortissants de pays extérieurs à l’Union européenne, à la Norvège et à l’Islande, le vote municipal et régional suppose notamment trois années consécutives d’inscription au registre de population avant le scrutin.
Cette architecture crée différentes formes de capacité politique au sein d’une même population résidente.
Un étudiant africain récemment arrivé peut être directement concerné par les lois votées au Riksdag sans disposer du droit de choisir ses membres. Un citoyen suédois d’ascendance africaine peut voter et être candidat dans les mêmes conditions civiques que tout autre citoyen répondant aux règles.
Il serait donc erroné de parler d’un « vote africain » homogène ou de supposer des préférences politiques communes selon l’origine.
La représentation ne peut pas être déduite des noms ou des apparences
Le nouveau Riksdag comprend 162 femmes et 187 hommes. Près d’une centaine de députés y siègent pour la première fois. Ces caractéristiques sont publiées par le Parlement.
En revanche, aucune statistique institutionnelle consultée ne fournit une classification des 349 députés en « Afro-Suédois ».
Il serait méthodologiquement incorrect de construire une telle liste à partir des noms, photographies ou origines supposées. Une identité ou une ascendance africaine ne doit pas être attribuée sur la seule apparence.
La représentation politique des populations afrodescendantes nécessiterait donc soit des données d’auto-identification, soit une recherche biographique documentée conduite personne par personne avec un objectif analytique clairement défini.
L’absence de statistique ainsi construite ne prouve pas une absence de députés ayant une ascendance africaine. Elle signifie simplement que le présent dossier ne dispose pas d’un instrument suffisamment fiable pour la quantifier.
Cette limite elle-même importe dans l’analyse de la représentation : la mesure statistique des appartenances ethniques ne fonctionne pas de la même manière dans tous les systèmes nationaux.
La prochaine étape institutionnelle est déjà fixée, pas son résultat politique
Le calendrier parlementaire est précis.
Le 30 septembre, le Riksdag doit statuer sur l’organisation numérique des commissions. Le 6 octobre, il élira leurs membres et ceux de plusieurs autres instances. Le 13 octobre puis le 20 octobre, de nouvelles nominations parlementaires doivent suivre.
Le calendrier de formation du gouvernement est, lui, dépendant des consultations du président et des positions exprimées par les partis.
Il serait contraire à l’état des sources d’annoncer quel bloc formera finalement le gouvernement ou quel candidat obtiendra la fonction de Premier ministre.
La seule conclusion disponible au 30 septembre est institutionnelle : le nouveau Riksdag fonctionne déjà, tandis que la formation du gouvernement reste séparément en cours.
Cette distinction sera importante pour les décisions budgétaires : lors d’une année électorale, le projet de budget doit être transmis après le vote concernant le Premier ministre ou le changement de gouvernement, avec une date limite fixée cette année au 12 novembre.
Les sources qui permettent de reconstruire l’installation
L’Autorité électorale fournit les résultats définitifs, le nombre de sièges et la participation.
Le Riksdag documente séparément l’élection d’Andreas Norlén, celle des trois vice-présidents, les chefs de groupes et la commission des nominations. Cette séparation des sources est utile, car chacune correspond à un acte institutionnel différent.
Les communications du président et du gouvernement établissent que la formation du nouvel exécutif reste ouverte et que l’équipe sortante exerce actuellement à titre intérimaire.

