Le Gabon offre une illustration frappante d’une mutation conceptuelle de l’interventionnisme français : la fusion de l’ingénierie sécuritaire et de la préservation environnementale. L’architecture d’information de la défense pour la période de mai à juin 2026 met en exergue l’exercice “MBAMBA 2026″ et la 5ème édition d'”EQUATORIAL PATROL”.
Le Nexus Sécurité-Environnement : L’Exercice MBAMBA
Tenu du 5 au 23 avril 2026 dans les camps de Mouila et Mandilou, l’exercice MBAMBA a mobilisé les militaires gabonais de l’École nationale de formation des officiers de Mandilou (ENFOMA) et de l’École nationale des sous-officiers d’active (ENSOA) sous la supervision d’un détachement français TANDEM.
Les documents officiels du Détachement de liaison interarmées au Gabon (DLIA-G) spécifient que la formation était axée sur la lutte contre la criminalité environnementale, avec un point culminant : la simulation du démantèlement de sites d’orpaillage illégal.
Cette militarisation de l’écologie soulève des interrogations fondamentales. Le bassin du Congo est le deuxième plus grand poumon vert de la planète et recèle des réserves minières critiques. En se positionnant comme le formateur exclusif des forces de protection environnementale gabonaises, la France s’assure un accès privilégié à la cartographie des ressources et au contrôle des flux économiques illicites (ou concurrents) dans la jungle gabonaise. L’exercice “EQUATORIAL PATROL 2026”, qui a réuni huit pays pour des manœuvres de combat en jungle, confirme la volonté française de faire du Gabon une plateforme d’entraînement régionale, exportant ainsi son influence sous couvert de sécurité environnementale.
Paramètres Diplomatiques et Pression Sous-Jacente
Parallèlement à cette emprise militaire, le soft power diplomatique s’ajuste. Le Consulat de France au Congo a annoncé sa fermeture le 10 juin 2026 pour commémorer la Conférence nationale souveraine de la République du Congo, montrant une adaptation scrupuleuse aux calendriers politiques locaux d’Afrique centrale pour lisser l’image de la diplomatie française. Par ailleurs, la Marine Nationale gabonaise a reçu une formation de navigation côtière en juin 2026, renforçant la surveillance du golfe de Guinée, une zone vitale pour les intérêts pétroliers français.

