Sous l’égide de Javier Milei, l’Argentine mène un assaut frontal contre les infrastructures de protection sociale et les droits syndicaux, ciblant insidieusement les couches les plus vulnérables de la population, parmi lesquelles les migrants sud-américains (afro-descendants, Boliviens, Paraguayens) et les populations autochtones invisibilisées.

Le 7 juin 2026, le gouvernement argentin a enclenché une offensive majeure contre le monde du travail en convoquant les syndicats et les entreprises pour la renégociation immédiate de plus de 100 conventions collectives échues. S’appuyant sur des décrets d’urgence récemment réglementés, cette manœuvre est saluée par le patronat comme une opportunité historique pour imposer des négociations « à la baisse » concernant les salaires et les conditions de travail. Cette destruction méthodique du droit du travail équivaut à un transfert massif de richesses de la base prolétarienne vers le grand capital, augmentant l’exploitation des corps laborieux racisés qui composent la majorité du prolétariat précaire.

Malgré cette thérapie de choc, l’édifice gouvernemental (« La Libertad Avanza ») présente des signes évidents de scission. À l’occasion de la Journée du Journaliste le 7 juin, la vice-présidente Victoria Villarruel s’est démarquée ouvertement du chef de l’État. Tandis que Milei multipliait les affrontements verbaux avec la presse, Villarruel a fait l’éloge de la liberté d’expression et de l’accès à l’information. Cette posture n’est pas fortuite. Les observateurs politiques notent que Villarruel construit un leadership autonome fondé sur un agenda sécuritaire, militaire et le révisionnisme historique concernant les crimes de la dictature militaire. En se distançant du chaos économique généré par Milei, elle prépare le terrain pour une offre politique autoritaire plus structurée, susceptible de consolider le racisme d’État sous l’égide de « l’ordre ».

Sur le plan de l’opinion publique, Milei bénéficie paradoxalement d’un répit éphémère. Une enquête publiée début juin le classe toujours 13e sur 18 présidents latino-américains, mais souligne une réduction de son déficit d’image de 6 points par rapport à mai 2026. Cette légère stabilisation (37,9 % d’opinions favorables) s’explique par ce que les sondeurs appellent « le vide de l’opposition ». L’incapacité de la gauche et du péronisme à articuler une contre-hégémonie protectrice laisse le champ libre à l’effondrement social.

L’abandon de l’État-providence est quantifié de manière glaçante par un rapport publié le 7 juin : plus de 12 millions d’Argentins demeurent privés d’accès à une Defensoría del Pueblo (Défenseur du Peuple). Ce déficit institutionnel prive les citoyens marginalisés de tout recours juridique face aux abus du marché et aux violences policières, institutionnalisant leur vulnérabilité.

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