L’actualité institutionnelle en République dominicaine pour le début du mois de juin 2026 expose une contradiction frappante entre les efforts réussis de stabilisation économique et les failles béantes du système de protection de l’enfance.
Stabilité cambiste et programmes d’amortissement social
Sur le plan macroéconomique, la République dominicaine projette une image de stabilité rassurante pour les investisseurs et la diaspora. Pour la période du week‑end des 6 et 7 juin 2026, la Banque centrale de la République dominicaine (BCRD) a maintenu le taux de référence du dollar américain à 58,05 RD aˋl’achat et 58,84 RD à la vente. Cette maîtrise de la devise est fondamentale pour éviter la fuite des capitaux et protéger le pouvoir d’achat interne.
Consciente des disparités sociales, l’administration présidentielle a intensifié le déploiement de son programme phare de protection sociale, « Supérate ». Durant cette période, des annonces ont officialisé le soutien direct à plus de 38 000 familles vulnérables dans la région nord‑ouest du pays, englobant les provinces de Valverde et de Santiago Rodríguez. En parallèle, des initiatives de formation pour les aidants de personnes âgées ont été inaugurées à Azua. Ces transferts sociaux massifs agissent comme un amortisseur essentiel face aux inégalités territoriales persistantes.
L’épidémie silencieuse : violences sexuelles sur mineurs
Cependant, ces avancées socio‑économiques ont été violemment ternies par la diffusion d’un rapport alarmant portant sur la vulnérabilité de l’enfance. Les données divulguées exposent une réalité cauchemardesque, qualifiée de « défi social de premier ordre » : entre l’année 2019 et 2025, les institutions judiciaires de la République dominicaine ont enregistré plus de 16 600 plaintes formelles pour abus sexuels perpétrés contre des mineurs.
Ce volume terrifiant — représentant une moyenne de plus de six plaintes par jour sur six ans — indique que les violences sexuelles contre les enfants ne sont pas des faits divers isolés, mais relèvent d’un fléau structurel et endémique au sein de la société dominicaine. Le gouvernement a réagi par la mise en place de structures institutionnelles spécifiques, notamment un pôle dédié à la lutte contre les « abus sexuels infantiles en ligne », impliquant plusieurs ministères (MINPRE, MAP, OGTIC). Néanmoins, l’incapacité historique de l’État à prévenir ces atrocités jette une ombre sévère sur le bilan des droits humains du pays et exige une refonte systémique de ses services de protection de l’enfance, au‑delà de la simple assistance monétaire.

