L’État bahaméen se trouve dans une phase de consolidation macroéconomique accélérée, imposée par les spectres croisés du surendettement hérité des crises passées et de l’approche imminente de la saison cyclonique.
« Un budget qui bâtit sur le progrès » : la stratégie de réduction de la dette
La politique bahaméenne a été dominée fin mai et début juin par la présentation et les débats entourant le budget 2025/2026 et les projections pour 2026/2027, qualifié de « budget de l’expansion des opportunités île par île ». Lors de sa communication à la Chambre, le Premier ministre et ministre des Finances, Philip Davis, a exposé la trajectoire vertueuse des finances publiques.
L’objectif central de l’administration était d’enrayer une spirale mortifère : il a été rappelé que lors des crises passées, la dette publique avait atteint le seuil critique de 100,4 % du PIB. M. Davis a averti qu’à un tel niveau, « une cascade de conséquences négatives peut prendre de l’ampleur, menant à des résultats très sombres ». Les politiques d’austérité et de croissance mises en œuvre ont permis de ramener la dette de l’administration centrale à 72,7 % du PIB à la fin juin 2024, un redressement significatif. La Stratégie fiscale 2025 fixe désormais un objectif de droit international des meilleures pratiques : réduire ce ratio à 50 % d’ici l’exercice 2030/2031.
Toutefois, une croissance du PIB nominal plus forte que prévu a généré un défi statistique : les ratios recettes/PIB préalablement fixés sont devenus obsolètes. Refusant de céder aux pressions qui exigeaient des hausses d’impôts artificielles ou des coupes drastiques dans les services publics uniquement pour satisfaire ces anciens ratios mathématiques, le Premier ministre a défendu une gouvernance responsable. Il a choisi d’ajuster les cibles pour qu’elles reflètent la taille réelle de l’économie, évitant ainsi d’étouffer l’élan économique en cours.
En matière de régulation financière, le procureur général a souligné lors du conclave des PDG du BFSB l’implémentation réussie de la nouvelle législation CRS (Common Reporting Standard). Cette loi oblige toutes les institutions financières opérant aux Bahamas à s’enregistrer de manière centralisée d’ici juin 2026, renforçant la réputation de l’archipel en tant que juridiction de services financiers transparente, innovante et conforme aux normes fiscales mondiales.
Préparation à la saison des ouragans 2026
Au‑delà de l’économie, la réalité insulaire rattrape la gouvernance. Le 1er juin marquant le début officiel de la saison des ouragans de l’Atlantique, le Comité consultatif sur les risques de catastrophe de Grand Bahama a tenu une conférence de presse d’urgence pour ordonner aux résidents de se préparer. Seize abris anticycloniques ont été rigoureusement inspectés et validés par les autorités. Plus révélateur encore du stress post‑traumatique lié aux dévastations de l’ouragan Dorian, le gouvernement maintient un ordre d’évacuation obligatoire permanent pour les résidents de l’est de Grand Bahama dès qu’une tempête menaçante est annoncée, désignant l’école primaire Maurice Moore comme point de ralliement.

